IX. — ^UN DOCUMENT IMPOBTANT
Ne pouvant convenablement négliger dans lears récits cette marqae de loyauté des métis français à un moment critique de l'histoire du Manitoba, la plupart des écrivains angolais se sont attachés à en amoindrir la portée, sinon à en nuUifier complètement l'importanee. Autant par ignorance du véritable état des choses que par suite de préjugés dont ils ne se rendent pas compte, certains historiens voudraient représenter leur intervention comme inutile, taudis que d'autres vont jusqu'à soutenir que dans cette circonstance mémorable Biel n'était pas sincëre.
Le moins partial, Alexandre Begg, ne peut s'empêcher de remarquer que « les Français se tinrent d'abord à l'écart, et ce ne fut pas avant le 8 octobre que le gouverneur Archibald fut informé qu'environ deux cents métis s'étaient assemblés à Saint- Boniface pour lui offrir leurs services » \ Venant de cet auteur, pareille remarque prouve simplement qu'il n'était point au courant des dessous de la politique métisse, si je puis m'exprimer ainsi.
D'un autre côté, Bobert-B. Hill, qui s'efforce généralement de faire ressortir dans son histoire les faits et gestes des Anglais du Portage-la-Prairie, passe subitement des préparatifs de résistance, qu'ils faisaient à la revue des troupes métisses à Saint- Boniface, sans dire un mot des pourparlers et mesures préparatoires prises par Biel afin de seconder les vues du gouverneur.
Encore une fois l'ignorance peut jusqu'à un certain point excuser le silence de ces écrivains. Estil permis d'étendre cette charitable interprétation à des assertions comme celles-ci du même historien ? <r II est digne de remarque que ces hommes n'offrirent leurs services qu'après qu'on eut appris la capture des féniens par l'infanterie américaine stationnée à Pembina. ... On savait bien que ces hommes n'attendaient que le succès des féniens pour se joindre à eux » \
Charles-B. Tuttle, le continuateur de Gunn, partage cette opinion dans son histoire du Manitoba. « Il ne semble pas y avoir
1 — History of the North- West, vol. II, p. 71.
2 — Manitoba^ p. 847.
le moindre doute »j nous assure-t-il, <c que Biel était d'abord en faveur du mouvement [annexionniste] , et que ce ne fut qu'après l'iastie du raid. . .qu'il se rappela soudain sa loyauté et offrit ses services et ceux de ses deux cents métis » K
On conçoit qu'après l'ostracisme des chefs métis, après les vexations sans fin dont leurs compatriotes étaient les victimes, et en face du mépris non déguisé dont on voulait accabler tous ceux qui avaient, de près ou de loin, pris part aux récents troubles, ceux-ci ne pouvaient décemment courir se joindre à leurs ennemis d'hier dans la défense du pays sans savoir si on daignerait accepter leurs services \ Et puis, pour eux Riel était l'homme de la situation. Ils ne voulaient pas se lancer dans une si grave entreprise sans avoir le bénéfice de ses conseils et le voir à leur tête. Or Riel était proscrit. Bien que revenu au pays, on savait que les orangistes trépignaient d'impatience devant les refus implicites des autorités provinciales de l'appréhender. Dans ces conditions était-il prudent pour lui de se mettre trop en avant ?
M. Archibald lui ayant fait déclarer que, non seulement son concours serait accepté, mais qu'il était même vivement désiré, et que par ailleurs il ne courrait lui-même aucun danger, celui-ci ne perdit pas une minute pour faire droit à sa requête.
Cette déclaration ne cadre guère avec les assertions des auteurs anglais. Mais le plus opportun des hasards a tout récemment mis entre mes mains un document inédit de la plus haute importance, dont la production dans les pages qui suivent réduira à néant les insinuations des malveillants et forcera les écrivains de bonne foi à modifier leurs jugements sur l'action , de l'élément
1 — History oj Manitoha^ p. 47 L.
2 — Ces doutes étaient si bien fondés que, lorqu'après la revue des troupes métisses, le gouverneur voulut les caserner au fort Garry, un certain lieutenant Hay refusa net de leur faire préparer le logement, déclarant à Son Honneur qu'il jetterait plutôt ses armes que de le faire, et un autre officier également au service de la Reine le soutint dans son refus. Le gouverneur dut céder devant cette sotte insubordination, et ce ne fut qu'avec peine qu'il obtint d'y stationner Pascal Breland avec sa compagnie d'éclaireurs, bien que ce métis se fût toujours fait remarquer par la modération de sa conduite.
français, et en particulier de Louis Riel, à ce moment décisif dans les destinées de l'ouest canadien. *
Ce document n'est rien moins que le compte rendu original, avec dates et détails authentiques, des assemblées tenues par les métis français en vue de s'organiser pour la défense du pays. Le tout est de la main de Biel et prouve à mon humble avis que ses compatriotes étaient fort capables de se gouverner et avaient dans la personne de leur chef-secrétaire un homme parfaitement au courant des us et coutumes parlementaires. Certains petits détails de cette pièce pourraient aussi dtre cités comme étant de nature à le disculper, au moins en ce qui regarde cette période de sa vie, de cet égoïsme vaniteux que lui ont prdté tant d'auteurs, même parmi les moins hostiles. En outre, comme ces pages déjà jaunies par l'âge confirment pleinement les avancés de mes correspondants sur lesquels j'ai basé une partie de mon dernier article, elles sont un garant de leur bonne foi sur d'autres points, puisqu'elles n'ont été trouvées qu'après la préparation de mon huitième essai.
Résumons d'abord les auteurs anglais, et cotifrontons-les avec les assertions de cette pièce dont personne ne récusera l'autorité. Begg donne clairement à entendre que les métis ne firent rien dans l'intérêt de leur pays en danger avant le 8 octobre 1871. Hill nous assure qu'ils n'attendaient que le succès des féniens pour se ranger sous leur drapeau, et Tuttle affirme qu'ils furent assez peu francs et montrèrent assez peu de respect pour le représentant de la Reine au milieu d'eux pour lui offrir leurs services alors seulement qu'ils savaient qu'on, n'en avait plus besoin.
Quelques dates deviennent nécessaires pour comprendre la situation. Il est vrai que O'Donoghue et ses confédérés s'emparèrent du fort; Pembina et furent eux-mdmes arrêtés dès le jeudi, 6 octobre 1871. Mais, ainsi que le gouverneur Archibald le déclara plus tard sous la foi du serment, 1^ personne ne connaissait encore l'issue des projets féniens quand Riel off'rit à l'autorité suprême du Manitoba le concours de ses compatriotes ; et 2® on s'attendait même alors à une attaque plus sérieuse du côté de Saint-Joseph, ce qui « causait une excitation intense dans toute la colonie. »
En essayant d'amoindrir l'importance de ces deux déclarations du gouverneur, l'historien Hill oublie que, en ce qui regarde la
seconde, il avait lui-même écrit dix pages auparavant qu'on « craignait que, avec les chefs [féniens] mis eu liberté par les autorités des États-Unis ^, et le nombre de leurs gens dans le voieinaffe de Pembina, une autre attaque ne tût organisée avec de meilleures chances de succès du côté de Saint-Joe » \
Ensuite, quand, pour infirmer la première assertion du gouverneur, à savoir qu'on ne connaissait pas alors l'insuccès du mouvement, il prend sur lui d'affirmer que « Riel était en état d'avoir des espions tout aussi habiles que ceux du gouvernement et qu'il était parfaitement renseigné sur la situation » ^ Hill avance ce que non seulement il ne peut prouver, mais ce que le document susmentionné va réduire à sa juste valeur.
Nous avons vu qu'André Nault avait, sur invitation formelle, fait un voyajre secret pour assister au conciliabule des principaux féniens des Etats-Unis. Il ne dut en revenir que le 6 octobre, car sou nom, qui se trouve partout après cette date, manque à la liste des cLefs métis assemblés la veille. Je reproduis maintenant mot pour mot le compte rendu des séances. Le lecteur voudra bien remarquer que tous les noms qu'il mentionne sont devenus historiques K
Le 5 octobre, jeudi, l'assemblent ohez Riel, & onze heures du matin :
Ambroise Lépine, Bapt. Beauohemin,
Pierre Parenieau, Elzéar de la Gimodière,
Joseph Delorme, Maxime LApine,
J.-B. Kitohoty JoMeph St-Getinain,
Bapt. Touron, Pierre Lé veillé,
Louis Riei, Ani^us McKay, Ai. P. P.
L'honorable F.*X. Dauphinais.
Aucun détail sur le compte d'O'Donoghue. Après délibérations sur Top*
1 .. Lesquels chefs, ( après avoir subi un semblant d'exam<^n (afareeof an txamiiiation),., furent libérés aussi vite que posnible» (Kill,oj?. eit^ pp. 847-48), ce qui montre encore une fois de plus les véritables sentiments des autorités an.éricaines Aur cette question.
2— Maiiitoha^ p. 338.
4 — Leurs faits et gestes se trouvc^ront mentionnés dans mon Dictionnaire historique den Canadiens et des Métis français de l^Ouest^ à côté de ceux de centaines d'autres pernonnages, traiteurs, voyageurs, ezplorateurS| mission* nftires, hommes d'Eglise ou d'£tat| etc.
Eortunité de se déclarer neutre ou en faveur [du] ^ gouvernementi Amb. épine, secondé par [Elzéar] de la Gimodière, fait motion que ceux qui veulent être en faveur du gouvernement se lèvent. Douze se lèvent. Un seul, Bapt. Tourou; préfère la neutralité.
J'ouvre ici ane parenthèse pour faire remarquer que le jour même do la déconfiture des féniens à la frontière, ni Biel ni aucun des autres chefs métis ne savaient encore rien des résultats de l'aventure O'Donoghue, et que pourtant douze sur treize, y compris Riel lui-même, décidèrent d'offrir leur concours actif au gouvernement. Avis à l'historien Hill et C'\
M. Nault, arrivé très fatigué le soir de ce jour-là, ne put assister à la séance du soir. Aussi le compte rendu se contente-t-il de remarquer : « Huit heures du soir. L'assemblée s'ajourne pour le lendemain matin à neuf heures. » Il continue :
Le 6 octobre à 9 heures A. M.; chez Riel; à Saint- Vitale s'assemblent :
Ancïré Neault, L. Riel. Jos. Saint-Germain,
Bapt. Lépine, Pierre Lé veillé,
Ambroise Lépine, Elzéar de la Gimodière,
Bapt. Touron, J.-B. Ritchot,
Pierre Parenteau, Bapt. Beauohemin,
L'Hon. X. Dauphinais, Angus MoKay.
Pierre Parenteau, président, demande à André Keault et Bapt. Lépine le récit de leur voyage. Ils disent que le Fort Pembina devait être pris de mercredi matin ^ j qu'O'Donoghue leur avait dit cela mardi dans la nuit. Qu'il paraissait tenir à Talliance des métis ; que cependant il disait avoir amené assez de force. Qu'il avait besoin des métis pour le succès de la déclaration de l'indépendance du pays. Qu'il avait de l'argent ; et que par la suite il pourrait faire entrer cinq hommes dans le pays contre le Canada un.
Le président ayant demandé ce que l'assemblée se décidait de faire par rapport au peuple,
Ambroise Lépine, Pierre Lé veillé, Elzéar de laGimodière, l'honorable Dauphinais, Angus McKay opinent qu'il faut persuader les gens en faveur du gouvernement. Les autres restent indécis, à l'exception de Riel qui, la veille s'étant prononcé en faveur du gouvernement, demande à ne pas voter ce jour-là. Les membres conviennent de [former] des assemblées dans leurs paroisses respectives. Ambroise Lépine, Léveillé, de la Gimodière, Dauphi-
1 — Les souris n'ayant pas respecté le papier métis, un trou se trouve au millieu de chaque feuille qui a fait disparaître les mots entre crochets.
2 — Il ne le fut que le jeudi. O'Donoghue voulut peut-être donner le temps aux métis de s'organiser en sa faveur. Cette remarque d'André Nault est une autre preuve que, même le 6, on n'avait pas encore entendu parler de l'échec des féniens à Pembina.
nais, McKay, affirment qu'ils plaideront dans leurs assemblées en faveur du gouvernement. Les autres conviennent qu'il est bon de le faire, seulement un tant soit peu. Et que, tout en étant eux-mêmes en faveur du gouvernement, ils ne Fe prononceront pour lui qu'avec beaucoup de précautions.
L'assemblée s'arrange pour avoir des courriers dans toutes les directions, afin que ces assemblées aient lieu partout dans les paroisses françaises dans une vingtaine d'heures, et qu'un rapport do ces assemblées soit fait par chacun des membres de l'association chez André Neault, à Saint- Vital.
Ajournement jusqu'au lendemain, à 2 heures P. M.
Deux observations se placent naturellement ici. D'abord en ce qui concerne les manœuvres de O'Donoghue. Cet aventurier voulait évidemment en imposer aux métis du Manitoba quand il déclarait que, bien qu'il eût besoin d'eux pour le succës de sa déclaration de l'indépendance du pays, il croyait <r avoir amené une force f> suffisante pour la réussite de ses desseins. Il comptait si bien sur le concours des natifs manitobains et avait si ^rand besoin de leur coopération que ses gens « avaient avec eux trois charrettes pleines d'armes et de munitions » K C'est Hill luimême qui nous l'apprend.
Cet auteur ajoute que le plan de O'Donoghue était de franchir la frontière avec un corps d'hommes armés, forçant tout homme qu'il rencontrerait en chemin à l'accompagner comme prisonnier ou partisan actif, et de grossir ainsi ses rangs jusqu'à ce qu'il eût atteint la paroisse en dessus du fort qui contenait la plus grande partie de la population française. Celle-ci, croyait-il, se joindrait immédiatement à lui et l'aiderait à prendre et à piller le fort Garry. Ses troupes seraient alors augmentées d'un nombre suffisant d'hommes des Etats-Unis pour lui permettre de garder le pays ^.
En second lieu, le lecteur remarquera qu'au moment même où les métis apprennent la prise du fort Pembina par les féniens^ c'est-à-dire leur succès au moins passager, et alors qu'on leur assure que les étrangers ont de l'or et des hommes en abondance, c'est-à-dire tous les éléments voulus d'un succès permanent, aucun de leurs chefs ne se prononce eu leur faveur. Tous se rangent, au contraire, du côté du gouvernement manitobaia, et six le font en termes aussi peu équivoques que possible. Avis, encore une fois, aux historiens anglais et à ceux qui pensent avec eux que les métis « n'ofirirent leurs services qu'après qu'on eut
1 — Op. eitf p. 336.
2^ Op. cit., pp. 337-38.
apprifi la capture de» féniens par l'infanterie américaine ». C'est précisément à la nouvelle de leur triomphe qu'ils se tournent contre eux.
Ce qui précède dans le compte rendu a trait aux réunions des chefs seulement. Voici maintenant le rapport officiel sur l'assemblée populaire tenue à Saint-Viral, paroisse de Biel, en conformité avec la décision prise le matin même.
Le 6, à huit heures du soiri chez Biel, des citoyens de Saint- Vital s'assemblent.
André Beauchemin M. P. P. président ; Ch. Nolin, de la Pointe-de-Chênés, secrétaire. Le président expose à l'assemblée qu'elle a à se déclarer ou en faveur d'O'Donoghue, ou de la neutralité, ou au gouvernement.
On veut s'en rapporter à ce que dira Uiel. Celui-ci dit que les circonstances et ses propres vues sont peut-être mal appréciées par un certain nombre de métis. Qu'à cause de cela il craint autant que jamais une division parmi ses compatriotes, et surtout parmi les métis français, t Je vous prie donc de vous unir, > ajoute-t-il ; i et puisque vous me marquez une si grande confiance, croyez- moi, [je] ne suis pas changé. Ne nous met[tons] pas pour l'injuMtice, mais appuyons [tous] ensemble la motion suivante :
Qu'il est juste de faire connaître à Son Excellence le lieutenant-gouverneur du Manitoba que la présente assemblée saisit la conjoncture où se trouve le pays pour affirmer son attachement à la constitution qui nous régit.
Charles Kolin seconde. Toute l'assemblée appuie.
Ajournement.
Le rôle de Riel dans cette circonstance se passe de tout commentaire.
Enfin, nous avons dans ce qui suit les résultats pratiques des assemblées tenues dans les localités qu'on eut le temps de consulter dans l'aprës-midi du 6 et l'avant-midi du 7 octobre.
Samedi, 7 octobre, à St- Vital, chez André Neault, à 3 heures après-midi,
André Neault, Ambroise Lépine.
J.-B. Eitchot, B. Beauchemin.
Bapt. ïouron, Pierre Parenteau.
Elzéar de la Gimodière, Jos. St-Germain.
Charles Nolin, Louis Kiel, [etc., s'assemblent] K
1 — Quelques lignes paraissent manquer ici dans le manuscrit.
La Prairie du Cbeval [Saint-Françoii-Xavier], favorable au gooTeme* ment*
Paecal Breland, capitaine* Saint'BoDifaee, favorable au gouvernement,
Ambroiie Lépine, capitaine,
Elz. de la Gimodière, second* Fointe^le-ObAnef , favorable au gouvernement,
Charles Kolin, capitaine,
Thos, Harrissoni second, Sainte-Agathe, favorable au gouvernement.
Louis Morin, capitaine.
Pointe-Coupée, favorable au gouvernement.
Pierre de Lorme, capitaine,
Bapt. Touron, Second, Baint-Norbert, favorable au gouvernement.
P. Parenteau, Capitaine.
Jos. Saint-Germam, Second.
Saint- Vital, favorable au gouvernement,
Biel, Capitaine,
André K^eault, Second.
Louis Sansregret, Trobième.
Jj» résultat des assemblées dans les paroisses étant ainsi certifié, Riel est prié de ne mettre aucun délai à faire connaître ce résultat à lions. Arcbibald, Ce qui est fait le soir même.
On remarquera par cette liste finale que même ceax dee cheb métie qui avaient à l'origine montré le moins d'enthousiasme poar la caase du gouvernement finirent par Tëponser avec tant d'ardeur qu'ils furent nommés officiers des troupes en formation.
Voici maintenant la lettre par laquelle les métis offraient leurs services au gonvemeur :
Saint-Vital, 7 octobre 1871.
Plaise à Votre Excellence,
Nous avons l'honneur de vous dire que nous apprécions grandement ce que Votre Eicellence a bien voulu communiquer au Bév. M. Bitchot, pour que nous puissions mieux aider le peuple, dans la position exceptionnelle qui lui est faite, à répondre i votre appel. Comme plusieurs personnes s&res ont été priées de vous l'apprendre, ta réponse des métis a été celle de sufets fidèles.
Plusieurs compagnies sont déji organisées et d'autres se forment. Votre Excellence peut se convaincre que, sans avoir été enthousiastes, nous avons été dévoués. Tant que nos services continueront d'être requis, vous pouvez compter sur nous.
Le lendemain, le gouverneur faisait remercier les chefs métis dans les termes suivants :
Hôtel du Qouvemeuri Fort Garry,
8 octobre 1871, Messieurs,
J'ai ordre de Son Excellence le Lieutenant Gouverneur d'accuser réception de votre lettre de ce matin, assurant Son Excellence de la cordiale
réponse des métU à l'appel qui leur est fait dans la proclamation de Son Excellence. Vous pouvez dire au peuple au nom duquel vous écrivez que Son Excellence reçoit avec grand plaisir les assurances sur lesquelles elle avait compté dans ses communications avec le Rév. Père Ritchot et dont votre lettre lui fait part, et qu'elle profitera de Poccasion la plus prochaine pour transmettre à Son Excellence le Gouverneur Général cette preuve de fa loyauté et de la bonne foi des métis du Manitoba.
Son Excellence serait bien aise de recevoir le plus tôt possible une liste des noms des personnes de chaque paroisse qui désirent s'enrôler pour le service actif dans cette circonstance.
Son Excellence comptera sur leur promptitude à se présenter au moment voulu.
J'ai l'honneur d'être,
Messieurs, Votre obéissant serviteur,