IMITATION DE LA PIECE DE MARMETTE
Je n'ai plus rien dans l'âme, espérance ni rêve, Ayant tout vu déjà jusqu'à satiété, Et je ressiemble au yacht échoué sur la grève Que ses gais matelots le soir ont déserté.
J'entends sur mon chemin les jeunes femmes dire : " D'où vient que son regard 'si triste, trouble tant ? " Pour le prêtre je suis un impie en délire ; Pour d'autres, le lépreux au front inquiétant.
Je suis Taigle mourant dont les soleils de flamme Ont, dans l'abîme d'air, enfin brûlé les yeux, L'aile folle, éperdu, je chancelle et je clame, Mais je pousse mon cri vainement vers les cieux.
S'il est un Dieu vivant, car c'est lui que j'appelle. Pourquoi donc est-il sourd au cri désespéré ? Le noir néant fait peur ! . . . Si Tâme est immortelle, Verse en la mienne, ô Foi, ton grand jour azuré !
Devant une grarare représentant une Vénitienne et ses amoureux ou une Promenade en gondole.
DEVANT TJNE GRAVURE. 197
Devant une gravure représentant une Vénitienne et se» amoureux ou une Promenade en gondole
— L'heure est fraîche comme les roseô De ta Joue, ô belle Ninon ; Puis vois quels tristes virtuoses Viennent chanter sous ton balcon.
Vite, chiffonne cette gaze Sur ton front !
— Vite, envolons-nous !
— As-tu ta gondole Pégase, Comte Apollon ?
— Oui, venez tous. . .
Est-ce pas charmant? la lagune Semble au loin d'or, ici lilas . . .
— Deux barques qui passent ! . . .
— Dans Tune
un rit . . .
— Dans l'autre on parle bas.
— Ah ! je me sens l'âme ravie Par l'heure mourante des jours.
La douce chose que la vie !
— Sans amours, Nina ? sans amours ?