Aux temps héroïques; poèmes
Du saut au Récollet la rumeur solennelle Semble échapper au temps qui ne la peut lasser; Son onde sans repos se cabre, s'échevèle; Mais, dans l'ombre, on n'en voit que récume passer.
Sous les astres le vent pousse de noirs nur; Dont vaguement la lune éclaire les ajours; Et son souffle nocturne, agitant les feuillages, N'en tire que des sons monotones cl sourds.
t) AUX TEMPS HÉROÏQUES
St l'heure où le sommeil ouvre la porte aux songes. Où passent dans les airs les canots d'hivernants1; L'heure des feux follets, aériens mensonges,
récils où l'aïeul parle de revenants.
Le ;;,.' :<<•!( » >urnois comme aux temps des sauvages.
St ici que l'un d'eux noya le reeollet. Quel appel au secours attrista ce rivage! Hélas! l'écho moqueur à son tour appelait.
l'n canotier huron descend, avec le père, L'endroit ou le rapide est le plus orageux; Soudain il le saisit et, SOUrd à sa prière, Brutalement le jette aux courants furieux.
l'n jeune baptisé monte aussi la nacelle. Et le même païen lui fait le même sort. prêtre le guidait vers la vie éternelle;
L'n infernal courroux les unit dans la mort.
1 Ni in grand tonnaient encore au milieu du siècle der-
nier le n< >m d'héoernants à cens qui allaienl passer l'hiver ou même leurs années au service «le la compagnie de la Baie-d'Hudson le 'die du \ord-< Miest. On l< tit de faire avec- les sau-
vai;. : l'on croyail r, le soir, en
canot, dan . avec leurs chiens hurlants. Des aérolithes
durent tomber nombreux il y a quelque cent ans et donner lieu épandue, car on en a vu récemment dont le tournoiement produisait dans les airs des bruits assez semblables au clabaudage d'une meute.