LA GRANDE PLAIE DU MISS1SSIPI
Nous en avons plein les oreilles.
Plein les narines et les yeux :
Les ruches n'ont pas plus d'abeille Et pas plus d'étoiles les cieux.
Nos gens, avec de la ramée, En jurant comme des démons.
Font une infernale fumée Qui m'aide à faire mes sermon
Car. seuls, des nuages opaques A rendre jaloux les volcans, Peuvent nous soustraire aux attaques De ces vampires voltigeants.
Oh! l'affreux remède! je doute Qu'il vaille un peu mieux que le mal . Et qu'on puisse, en telle redoute.
Oublier qu'on est animal.
Vienne la paix du crépuscule.
Les maringouins se font brouillards Belle nuit dont le vestibule Se remplit d'invisibles dards'
On se croit seul sous sa couverte , Déjà les bois sont endormis ; Ferme-t-on l'œil : zin, zin! Alerte!
On couche avec des ennemis.
Il en suffit de trois ou quatre Qui vous dévorent à huis-clos, Pour vous obliger à combattre.
Et mêler la guerre au repos.
C'est en riant que je m'irrite.
Car je ne souhaite rien moins Que d'être privé de mérite Par le démon des maringouins
Ce Château Ramezav