L'EGYPTE
Notice historique. — Mœurs orientales. — Les bazars. — D'Alexandrie au Caire. — Excursion aux Pyramides. — Communautés relif^ieuses.
ARDi, 16 février — Nous sommes vraiment aux vieux pays. Si l'Europe a des traditions anciennes par rapport à la jeune Amérique, elle est moderne si nous la comparons aux pays qu'arrosent le Nil, le Tigre et l'Euphrate. C'est là que s'est concentrée la vie de l'humanité pendant des siècles ; on y retrouve des traditions et des monuments qui remontent aux premiers âges du monde. Tous les peuples célèbres de l'antiquité s'y sont rencontrés dans les douces relations de la paix ou dans les sanglants combats de la guerre ; et le souvenir des événements qui intéressent davantage les enfants d'Adam planent sur ces lieux mystérieux.
La terre que nous foulons présentement, est une terre privilégiée ; le père des croyants l'habita ; Joseph, fils du patriarche Jacob, la gouverna ; pendant trois cents ans elle fut la patrie providentielle du peuple de Dieu, elle a été le témoin étonné des miracles de Moïse ; elle a eu l'honneur suprême d'offrir l'hospitalité à la sainte Famille fuyant la persécution du cruel Hérode. Dès les temps apostoliques il se forma à Alexandrie une église qui devint la première après Rome ; fondée par saint Marc, disciple de l'apôtre Pierre, elle devint le siège de l'orthodoxie combattive sous les Athanase et les Cyrille. Malheureusement, elle passa sous le joug du Croissant ;
^JOTHECA
au contact de la morale énervante du Coran, le peuple d'Egypte, renommé par sa sagesse, subit la fatale influence. Aujourd'hui, après des siècles d'abrutissement, il tend à se relever de ses ruines morales en se tournant de nouveau vers le christianisme.
Alexandrie doit son nom au grand conquérant macédonien qui la fonda pour être le centre de son empire. Napoléon lui fit l'honneur d'une descente sur ses côtes, et d'une victoire mémorable sur ses habitants ; le nouveau géant militaire de son regard d'aigle embrassait déjà l'univers dans ses visées ambitieuses, mais il voulut d'abord prendre sa mesure à l'ombre projetée par les Pyramides, et s'entourer d'une auréole mystérieuse au pays du Levant, avant de prendre sa large place sur le continent européen. Du coup il attira sur cette contrée les regards du monde civilisé ; l'Angleterre accourut la première. Le lion britannique posa sa griffe sur sa proie et ne la retira plus. Aujourd'hui, la fière Albion, sous prétexte de protectorat, s'empare paisiblement, mais sûrement du sol, et ne s'arrêtera pas avant qu'une voie ferrée ne longe toute la côte orientale de l'Afrique et ne fasse rentrer ce vaste territoire dans ses possessions mondiales. Les Français sont venus ; ils ont accompli une œuvre internationale en perçant l'isthme de Suez ; mais c'est surtout pour permettre aux Anglais de faire le commerce des Indes. Il est rare que la diplomatie anglaise ne fasse pas son profit des marrons que d'autres tirent du feu.
Nous logeons à l'hôtel Bonnard, sur les bords de la Méditerranée. Ce matin, j'étais joyeusement éveillé par le bruit de la mer venant mourir en se déroulant sur les sables du rivage, ou déferlant sur les brisants qui le bordent ; c'est une musique que je connais ; je me crus sur les bords du Saint-Laurent.
Nous avons été faire une promenade à travers la ville. L'étranger est frappé par la variété des costumes et des figures. On en rencontre de toutes les nuances et de tous les types, surtout dans les quartiers réservés aux Juifs. Les bazars frappent surtout les nouveaux arri-
vés. Ce sont des expositions de marchandises de toutes sortes qui s'étalent le long des chemins et gagnent jusqu'aux rues d'ailleurs étroites et tortueuses. De ce bric à brac émergent les barbes blanches des vendeurs qui semblent en faire partie. Le Juif est étendu négligemment et tire nonchalament des touches de sa narguilée — pipe à long tube plongeant dans un flacon d'eau parfumée que doit traverser la fumée capiteuse avant d'arriver au fumeur. Tout est confondu dans un désordre et une malpropreté typiques.
Il y a là tout un monde pour qui le travail ne pèse guère. Mais lorsqu'un acheteur fait sortir de sa somnolence le marchand, son œil cupide se réveille plein de convoitise et la vie revient sur son visage mat et efféminé.
Les indigènes proprement dits portent presque tous un costume plutôt ample et féminin. Une tunique partant du cou et s'étendant jusqu'aux genoux en forme de jupe est le vêtement de rigueur. On s'enveloppe quelquefois dans une couverte qui s'enroule autour de la taille. Par dessus on ajoute les parures, suivant le goût et les moyens de chacun. ^Maintenant mettez dans ces accoutrements des visages de toutes les couleurs depuis le teint châtain jusqu'au noir capable de faire pàhr une plaque de poêle du plus pur ébène. Il y a cependant un article de toilette commun à tous, que portent les petits comme les grands, le pauvre comme le riche, dont se coiffe le fellah et se pare le Khédive, c'est le fez, calotte sphérique de laine rouge ou blanche, sans bord, plus étroit du haut, avec un ruban rouge qui sort du centre et descend quelque peu. Un autre article de rigueur pour les femmes, d'un effet étrange et pénible, c'est le voile facial qui est attaché aux oreilles, retenue sur le nez par une espèce de tube en bobine, et tombe jusque sur la poitrine. C'est une marque de la déchéance de la femme chez ces peuples qui ne connaissent pas le christianisme. La femme n'a pas le droit de paraître en public, la figure découverte ; et encore doit-elle se tenir hors des boutiques et des magasins. Dans la maison elle ne doit pas se mêler à la race supérieure ; elle n'a pas droit d'aller prier dans les mosquées. Elle est soumise à l'homme qui la
méprise et la met au rebut suivant son caprice. C'est à douze ans que les petites filles, jusque là couvertes d'une espèce de tunique plus ou moins sale, commencent à se voiler, si elles veulent être respectées. Et, toute leur vie, elles sont condamnées à vivre dans l'oisiveté, l'ignorance et la sujétion.
Seuls, les chrétiens savent donner à la compagne de l'homme, son semblable, sinon son égale, le rang qui lui convient, et lui prodiguer les marques de respect et d'estime qu'elle mérite. C'est Notre-Seigneur qui a donné à la femme sa place dans le monde, et, en choisissant l'une d'elles pour être sa mère, il l'a élevée au dessus des anges et des hommes.
Alexandrie est une ville cosmopohte. Les mœurs orientales et européennes s'y donnent rendez-vous. Les étrangers y vivent dans des quartiers séparés. On y rencontre des maisons privées et des grands magasins comme nous sommes accoutumés d'en voir. Les Italiens y sont les plus nombreux. Viennent ensuite les Grecs, les Français et les Anglais. On entend parler le dialecte de tous ces peuples, mais l'arabe est la langue du pays.
Nous avons visité la ville et tous ses monuments, en particuher la Colonne célèbre de Pompée.
A bord du Rhamanieh, 19 février. — Nous voguons sur la Méditerranée, en route pour la Terre Sainte. Nous avons des heures libres, j'en profite pour prendre des notes sur le voyage du Caire et les Pyramides.
C'est mardi que nous avons fait cette excursion. Nous revenions le lendemain, veille de notre départ.
Les chars des chemins de fer ressemblent à ceux d'Amérique : ils ne sont pas à compartiments. Le trajet d'Alexandrie au Caire dura quatre heures. Il ne ressemble pas à ceux que nous avons fait jusqu'ici. Nous traversons une vaste solitude, et de chaque côté des plaines immenses s'étendent à perte de vue. Pas le moindre coteau, pas la moindre vallée. C'est monotone et fatiguant pour la vue qui n'a rien pour la borner et la reposer. Cependant ce n'est pas le désert avec ses sables arides et
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brûlants. N'oublions pas que nous sommes dans la contrée que fertilise le Nil. Les inondations du fleuve ne durent qu'une couple de mois et ne s'étendent guère, mais l'industrie des hommes supplée à la nature. Des canaux vont chercher l'eau du Xil pour la distribuer en tous sens et répandre la fécondité.
Vous voyez dans les champs des chameaux et des ânes, quelquefois des bœufs attelés à une roue munie de godets qui se remplissent aux grands canaux et se déversent dans des ruisselets, et ces animaux, d'un pas docile et lent, sans que personne les conduise, tout le jour exécutent ce mouvement de rotation et font tourner la roue de la fécondité. Ailleurs deux personnes plongent dans les ruisselets des espèces de cuvettes et par un mouvement de bascule et comme automatiquement, les versent dans des sillons tracés dans la plaine, afm que chaque pouce de terrain ait sa part de l'élément fertihsant. Et ainsi, grâce à l'humus du Xil et à la chaleur du soleil qui ne manque pas, des terres naturellement arides se couvrent de moissons abondantes.
Le progrès moderne semble avoir envahi ce désert, puisque nous le traversons emportés par la vapeur ; nous y voyons plutôt les deux civilisations. Le long de la voie ferrée que nous suivons est la voie de terre où les voyageurs s'avancent à l'antique mode. Le chemin est étroit et pas praticable pour des voitures. C'est donc une procession de personnes à pied: hommes, femmes, enfants, conduisant devant eux des animaux divers : chameaux, ânes et quelquefois chèvres. On remarque surtout les caravanes de bédouins ; leur rehgion ne leur permet même pas de se fixer quelque part ou d'habiter des maisons avec plafonds ; ils vivent sous des tentes comme les anciens patriarches. Il est étrange à des yeux pas accoutumés à pareil spectacle de voir ces familles affublées de costumes divers, traverser errantes et solitaires la vaste plaine.
Cependant on rencontre de temps en temps des villages à l'aspect triste et misérable ; c'est un amas de huttes en terre ou tannières entourées d'immondices de toutes sortes. Dans ces réduits obscurs et malsains,
avec cheminée en terre et porte basse, vivent pêle-mêle des êtres humains et des animaux domestiques ; autour, dans un petit enclos, sont les bêtes de somme.
On remarque la même insouciance à l'égard de la demeure des morts. Il paraît que quelques heures seulement après le décès d'une personne, son corps est enveloppé dans une couverture et enfoui dans une fosse, ayant soin seulement de poser quelques pierres qui retiennent le sable. On ajoute quelquefois un petit monu-
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Le Caire. Mosquée de Mohammed-Ali, à la Citadelle.
ment surmonté d'une colonnette ; qu'on entoure d'un turban, si c'est un homme. Je n'ai remarqué aucun signe de religion.
Nous arrivons dans la grande ville du Caire, la somptueuse capitale, à midi et demi, et notre guide nous conduit au fashionable hôtel Oriental. Il y va largement, et ne marchande pas ; car il a dans son idée de nous accompagner en Terre Sainte à titre de drogman.
Le Caire est la ville des mosquées ; une forêt de mina-
rets peuplent les airs. Nous avons visité celle de la citadelle. 5soiis gardons notre chapeau su rla tête, mais nous ne pouvons de nos chaussures profanes fouler le tapis de Turquie qui recouvre le parquet dans toute son étendue et assourdit vos pas ; il nous faut accepter les babouches ou sandales que des prêteurs intéressés passent à nos pieds.
Il n'y a ni autel, ni bancs, ni chaises ; mais, en revanche, suspendues à la voûte une multitude de lampes où l'or et les pierres précieuses brillent à profusion. Pendant que nous visitons le temple mahométan un Arabe s'avance pour faire sa prière. Comme cérémonie préparatoire il a dû se purifier dans la fontaine de la cour d'entrée en se lavant les pieds. On se rend mieux compte de l'à-propos de cette ablution lorsqu'on songe que les pieds ne sont nullement protégés contre la poussière et la boue des chemins. Il lui est permis alors de pénétrer dans l'enceinte sacrée. Il fait quelques pas, et s'arrête ; il enlève ses sandales, se dépouille de quelques vêtements et parures qu'il entasse auprès de lui, et commence alors la prière que tous font de la même manière, avec les mêmes génuflexions et prostrations, avec les mêmes gesticulations. Il se met d'abord à genoux, se prosterne, se relève, s'abaisse de nouveau pour toucher de son front le pavé du temple, se relève encore, étend les bras vers le ciel, se jette de nouveau la face contre. terre. La cérémonie a duré un quart d'heure et pendant tout ce temps ses lèvres ont murmuré des prières à Allah, et dit les louanges de Mahomet, son prophète. Lorsque tout est fini le mahométan s'assied sans façon, et, s'il lui prend fantaisie, se repose en s'étendant ; et sur le point de partir, il ramasse ses vêtements et refait sa toilette.
On ne peut ne pas éprouver une certaine émotion en entrant dans un temple qui représente la foi d'une grande nation, une foi encore vive après tant de siècles d'existence. C'est que le chef arabe connaissait son peuple et qu'il lui a donné la religion qui lui convient. Il lui fallait une rehgion simple avec des démonstrations extérieures dont l'effet fut infaillible afin d'obéir à un fond de fatalisme qui distingue l'habitant du désert ; il ne devait pas le gêner dans ses mœurs et il devait lui accorder des
plaisirs sensuels dans l'autre vie : et c'est toute la religion de Mahomet. Ses disciples s'en trouvent bien, et ne veulent pas échanger leur rehgion avec aucune autre, parce qu'elle est la plus commode, et la plus adaptée à leurs mœurs. Même les femmes par suite de l'abâtardissement de la race, et du fanatisme reUgieux, sont attachées à une rehgion qui les tient dans l'abjection et sous l'asservissement brutal de l'homme.
Ce matin, sur les quatre heures, nous partions pour les Pyramides. Sur le haut du jour le soleil est brûlant, et d'ailleurs il nous faut revenir avant onze heures, pour ne pas trouver ouvert le pont construit sur le Nil.
A cette heure matinale, l'air est frais, presque froid. Deux voitures à deux chevaux portent toute la caravane. Deux cochers, noirs de figure mais blancs par le vêtement, tiennent les guides.
Quelle route superbe, je dirais unique, nous suivons jusqu'aux pyramides, sur une distance de deux lieues ! Très large, élevée au-dessus des prairies du Nil au moyen de terrasses en pierre, elle s'allonge devant nous indéfiniment. Avec ses deux rangées de grands arbres dont les branches tendent à se rejoindre par le haut, elle ressemble à un tube qui va en se rétrécissant à perte de vue et laisse apercevoir tout au bout, comme un point noir qui grossit à mesure que nous avançons: ce sont les Pyramides.
Nous tenons le miheu de la route, et allons à l'encontre de presque tous les voyageurs qui se rendent au' marché. A droite et à gauche s'avancent dans une procession sans fm des ânes et des chameaux et leurs conducteurs ; ils suivent d'un pas automatique cette route qu'ils parcourent depuis tant d'années. Ils viennent de la plaine du Nil où on les a chargés de fourrage ; ils ont monté péniblement la côte du chemin, puis, arrivés au sommet, ils se sont redressés, ont pris leur place dans les rangs, et sont partis pour la ville. Les chameaux sont souvent rehés les uns aux autres par une simple corde, et ils paraissent se succéder sans interruption. Et c'est un spectacle étrange de voir se balancer dans l'espace, sortant
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de leurs longs cous, toutes ces têtes. Elles s'avancent horizontalement au chemin et semblent examiner de tous les côtés. Encore au dessus s'élèvent les bosses monumentales avec leurs charges. Au dessous des chameaux trottinent au ras de terre les petits ânes, sans bosse et presque sans cou, mais aux longues oreilles qui semblent accorder avec les pieds agiles. Eux aussi ont sur le dos une charge sous laquelle ils disparaissent presque, mais qu'ils portent allègrement. Au contraire des chameaux leurs têtes s'abaissent vers la terre ; ils ne regardent que la route qu'ils parcourent en se hâtant. Leurs petits pieds battent dru, tandis que leurs compagnons de voyage plus haut montés avancent lentement leurs longues jambes que terminent de larges pieds en forme de pattes d'oie et qui sont particulièrement adaptés aux sables du désert. Il y a aussi, mais en bien moindre nombre, des espèces de buffles. A travers toutes ces bêtes de somme se meuvent quantité d'hommes, de femmes et d'enfants. Et tout ce monde et toute cette ménagerie se dirigent d'un corps vers le Caire pour le marché.
Dans la plaine du Nil on voit les hoinmes occupés à couper la moisson et charger les bêtes. C'est vraiment le terrain que couvre le Nil en le rendant d'une fécondité inépuisable. On n'y voit pas de clôture^, mais chacun connaît son champ ; il en fauche une partie tous les matins, et lorsqu'il a fmi, le premier morceau fauché est prêt pour une nouvelle récolte.
Nous voilà sur la limite qui sépare la vallée fertile du Nil du désert aride. On ne voit plus que du sable et il s'étend jusqu'en Algérie.
Les Pyramides commencent à se détacher dans le lointain et à monter dans l'espace ; elles apparaissent si petites d'abord; on s'aperçoit bientôt que ce n'est pas une œuvre ordinaire. Et maintenant que nous sommes à leurs pieds, elles apparaissent d'une majesté qui nous étonne. Ce n'est, il est vrai, qu'un amas de blocs de pierres superposées, entassées les unes sur les autres, sans même de ciment pour les retenir. Mais c'est justement cette simplicité sublime qui en fait le prix et la grandeur. Dans une contrée où les carrières n'existent pas, on a
trouvé moyen de transporter des quartiers de rochers et d'aller les poser à des hauteurs où l'on ne sait si les instruments modernes perfectionnés pourraient aller les porter. A l'entrée du désert où rien ne change, où rien ne fait saillie, ces colosses de pierre s'élèvent sans art ni architecture à la manière des montagnes qui ne sont pas l'œuvre de l'homme. Et c'est pour proclamer le néant des grandeurs humaines, puisqu'elles recouvrent les cendres des rois Pharaons, que ce monument funèbre s'élève, toujours immobile comme l'immobilité qui pèse sur ces
Le Caire. Les Py^ramides {vue d'ensemble)
lieux, toujours solennel dans l'éternel silence qui les entoure, toujours debout là où rien ne s'élève.
Ces montagnes artificielles à triangle isocèle de cinq cents pieds d'arête, protègent contre les ardeurs du soleil une dizaine d'arabes ou bédouins qui attendent pour se mettre au service des voyageurs, et leur offrir des objets insignifiants qu'ils prétendent avoir été trouvés au pied des pyramides. L'un d'eux est algérien ; sa figure, douce et franche, attire la sympathie. Nous le chargons