LA POÉSIE CATALANE DE 1393 À
La littérature française et provençale continua à se propager en Catalogne sous les successeurs de Pierre d'Aragon. Son fils Jean, qui avait épousé Yolande, fille du duc de Bar, avait écrit, avant de monter sur le trône, non pas seulement, comme nous l’avons vu, des poésies provençales, mais encore des chansons en langue française dont il avait composé lui-même la musique (1). Devenu roi, il conserve le goût des choses de France. Il reçoit de Paris, en 1388, un office de la Vierge Marie (2). L'année suivante, Gaston Phœæbus, comte de Foix, lui envoie son livre de la Chace (3). Il réclame à son frère les Chroniques de Bretagne (4), fournit des subsides à Fra Joan Roiç de Corella pour prendre à Paris ses grades de théologie (5), ou demande à son beau-frère, Henri de Bar, l'Ovide moralisé de Chrétien Legouais ou « Li gois » (6). De son côté, en 1389, sa femme se fait prêter par le comte de Foix «le livre très beau et bon » de Guillaume de Machaut (7).
(1) Bernat Metge l’a représenté, dans le Somni, entouré de chiens et portant une rote.
(2) Rusré x Liucn, op. cit., p. 354.
(3) Jbid., p. 356.
(4) Tbid., p. 373.
(5) Tbid., p. 378.
(6) Zbid., p. 381. Rubi6 ÿ Lluch attribue encore, à tort, cet ouvrage à Philippe de Vitry. Voy. G. Paris, Lil. franç. au moyen âge, Paris, 1888, in-80, { 49.
(7) Ibid, p. 360.