‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 132 sur 302 · LES POÉSIES AMOUREUSES. AUZIAS MARCH ET LES TROUBADOURS · texte numérisé non relu

LES POÉSIES AMOUREUSES. AUZIAS MARCH ET LES TROUBADOURS

Auzias March se proposait de faire œuvre d’art plus encore que d'enregistrer les battements de son cœur. Comment en aurait-il été autrement à l'époque et dans le milieu où 1l était né ? Nous avons vu que son oncle Jaeme avait été un des fondateurs de l’Académie de Barcelone et avait, par goût autant que pour donner l’exemple, composé des poésies à la manière des Français et des Provençaux. Avec son père, Pere March le vieux, et son cousin Arnau, l'influence du Consistoire Barcelonais s'était étendue jusque dans le royaume de Valence où ils avaient contribué à introduire les procédés de l'Ecole Toulousaine, Tous les écrivains du temps se livraient d’ailleurs à des exercices poétiques, fabriquaient des chansons d'amour en ouvriers Consciencieux et habiles, plus préoccupés d'appliquer les recettes des Leys d’amors que d'interpréter leurs propres sentiments. Les formes provençales ou limousines, comme on disait à Valence, moins nombreuses cependant qu’au moment où écrivaient Cerveri de Girona et même Ramon Lull, abondaient encore dans leur langue poétique, toujours différente de celle de la conversation ou de la prose. En un mot, il s’agissait pour tout poète de rivaliser avec les troubadours en les imitant.

Cette tradition s'imposait à Auzias March. Il s’y est conformé dès ses premières œuvres en demandant aux poètes de l'amour, Français et Provençaux, les secrets de leur talent. Il serait superflu de démontrer cette parenté, si elle n'avait été

Page 1