‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 148 sur 302 · EXT · texte numérisé non relu

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et 1l s’est livré en lui de véritables batailles que le corps a gagnées (XLV, 66). Il souffre si l'esprit l'emporte sur les sens ; il souffre encore si les sens triomphent de l'esprit. Que faire ?

Lir entre carts, ma voluntat se gira tant que yo us vull honesta y deshonesta.

(LITI, 41-42).

C’est le duel de l’amour physique et de l'amour spirituel dont il sera le vaineu, quel que soit le vainqueur.

Cruel dilemme, dont il ne pourrait sortir que si sa dame consentait à l’aimer du même amour que lui, et s'ils réalisaient, malgré leurs corps, la fusion intime de leurs âmes (XLV, 93-94)!

Mais sa dame est comme l’Eve de la Bible (1). Quelles que soient ses qualités natives et sa noblesse, malheureusement amoindries dans le monde où elle vit (2), elle refuse de suivre le poète dans les régions éthérées de l’amour pur.

De là ses malédictions, ses plaintes continuelles, où nous retrouvons les idées favorites de Marcabrun et de Peire Cardenal :

19 Contre Amour, à qui il reproche, dans toutes les pièces dont la tornada commence par Amor Amor, ou par O Foll Amor, tantôt la faiblesse, tantôt la déloyauté, le plus souvent, avec les troubadours qu'il a soin d'invoquer, l’inconsistance :

Amor, Amor, vostre poder es manch

o de sensgrat esser podeu reptat..

— O Foll’Amor, consciencia m remou que diga ls mals de vos e lo fals bé...

(1) Voy. ci-dessus, p. 217.

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