LVI. MA voLUNTAT AMANT-VOS SE CONTENTA
Le va 17;
Lo meu delit no cap en nulla testa «rappelle de près », suivant Amador, cet autre du sonnet 261 :
Mio ben non cape in intelletto umano.
(Levommi il mio..).
La ressemblance est réelle. Mais 1l faut remarquer que Pétrarque dit de son bonheur qu'il ne saurait être compris de l'intelligence humaine, tandis qu'Auzias, parlant de son plaisir, prétend qu'il est seul à l’éprouver et que nul autre homme, «nulle autre tête » n’en est capable.
LXV, — No so GOsAT EN DEMANAR MERCÈ.
Les vers 1-4 offrent, d’après Amador, des traits connus d'imitation pétrarquiste, mais nous ne voyons pas en quoi ils évoquent plus que les autres le souvenir du Canzoniere.
Il rapproche ensuite les v, 25-28:
No sé remey potent mi consolar,
si altr’ amor nova no conseguesch.
O tu, Amor, colp vell guareix ab fresch o de aquell me vulles bandonar…
de ce passage de Pétrarque :
Dall’un si scioglie e lega all’ altro nodo :
Cotale ha questa malizia rimedio, Come d’asse si trae chiodo con chiodo.
(Trionf. d’Am., II, 64-66).
L'idée est banale, et il serait étrange qu'Auzias March ait eu besoin de l’emprunter à Pétrarque. Quant à l'expression, elle est très différente dans les deux poètes.