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LES PASSIONS SUIVANT SAINT THOMAS

La volonté est donc subordonnée à la raison (1). C’est pourquoi Auzias March, après maints troubadours, associe l'Amour. et la Connaissance (VII, 22), et croit incapables d'aimer ceux qui sont dénués d'intelligence.

Quelque déterminée qu’elle soit en apparence par ces sollicitations,la Volonté,que saint Thomas et Auzias March (2) appellent aussi l'appétit rationnel, demeure libre, suivant le poète aussi bien que suivant l’auteur de la Somme, chaque fois que l'homme se décide avec pleine connaissance entre deux ou plusieurs partis. La liberté ne disparaît que dans l'appétit sensitif, quand la raison, loin de les dominer, est asservie aux passions (3).

La théorie de la volonté et de l'appétit nous introduit au cœur même de la conception thomiste des passions dont les

rapprochés de cet autre du Breviari d'amor :

Per qu'ieu dic tot premieiramen A la demanda responden Dels davan digz enamoratz, Qu’amors es bona voluntatz...

(Rayn., Lex., I, 516).

Amor, quo yeu ay dit desus, Es bona voluntat, ces plus, Plazers, affectio de bes..

(Brev. d’amor, I, 25; v. 579-581).

Tous ont pour origine cette définition de l’amour par Aristote et saint Thomas : Amare est velle alicui bonum (S. Th., I-IT, 26, 4).

(1) « Si ergo intellectus et voluntas considerentur secundum se, sic intellectus eminentior invenitur.. » (S. Th., I, 82, 3). — « Intellectus est prior voluntate ». (Tbid., art. 2). Duns Scot soutenait la thèse contraire : Voluntas est superior intellectu.

(2) « Appetitus sensitivus et appetitus rationalis, id est voluntas, sunt duæ potentiæ (S. Th., I, 80, 2). —

Si l’apctit rahonable s'agreuja del cobejés seguir no’s maravella...

(3) « In quantum ratio manet libera, et passioni non subjecta, in tantum voluntatis motus, qui manet, non ex necessitate tendit ad hoc ad quod passio inclinat ; et sic aut motus voluntatis non est in homine, sed sola passio dominatur; aut si motus voluntatis sit, non ex necessitate sequitur passionem » (S,

Th. 1-11: 10,43).

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