XXXIX
Il dit de ce plaisir qu'il est l'achèvement de la vie,
Ell es aquell qui nostra vid’ acaba, (LXXX VIII, 2).
traduisant ainsi la fameuse pensée d’Aristote (2) suivant laquelle le plaisir achève l’acte et en est comme la fleur.
À ces trois passions s'opposent, quand sa dame ne répond pas à son amour ou qu il ne trouve chez d’autres qu'amour vénal ou toute autre forme du péché, la haine, oy, l’aversion ou la fuite, avorriment (avorrint, XL, 18, 20), et la tristesse, tristor (XXXIX, 23, LXXXVIIL, 3,etc.), ou la douleur, dolor.
La haine et l'aversion sont l’objet d'une analyse complète dans la chanson Cell qui d'altruy reb enuig e plaer. Le poète commence à éprouver pour sa dame une passion contraire à la raison (v. 43). Voilà pourquoi il sent son amour se transformer en haine, sa bienveillance en malveillance (v. 8, 16). Il songe à fuir sa présence (3), afin de la détester plus sûrement :
E tot primer que s lun; de sa presença.…..
(1) C’est le bonheur, ed3atuovia, summum bonum. Cf. XX XII, 40. (2) Eth. Nic., X, 4, 1174 b, 93.
(3) L'idée de la fuite est déjà exprimée dans la pièce XXIX, 5. — Elle est