‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 240 sur 302 · SUR NET A · texte numérisé non relu

SUR NET A

A. Pacès. — Auzias March.

Dieu qui est notre fin suprême, en vue de laquelle la vie terrestre n'est qu'un moyen :

Lo qual es fi e lo present es via.

Pour atteindre cette fin surnaturelle nous avons besoin &e vertus surnaturelles, appelées aussi théologales, parce qu'elles descendent de Dieu par l'intermédiaire de la grâce. Elles seules continuent pour ainsi dire l’œuvre des vertus naturelles et nous préparent à la vue directe et à la jouissance intime de Dieu (1).

Ces vertus sont la Foi, l'Espérance, et, au-dessus d'elles, la Charité, l'amour de Dieu, source profonde de la perfection surnaturelle de l'âme et qui subsistera seule dans le ciel (alli) :

Fé, Caritat y Esperança ns hi porten (2), mas Fé roman y Esperancç'’a la porta, car la rah6 alli no les comporta.

Creure no cal ço que Is ulls se deporten, menys esperar ço que present se mostra.

Mas fruyrem Deu qui tant esperavem ; per caritat amarem qui amavem.

Aço serà tota gloria nostra Ella’s la fi e les altres son via ; sens ella’s foll qui'n Deu espera y fa...

Pour être vraiment courageux en face de la mort, nous savons qu'il ne faut pas seulement la vertu morale, comme le croyaient les Anciens, mais encore la vertu théologale :

Per esser l’hom contra mort animés, l'es obs virtut teulogal e moral...

(CVIL, 65-66).

(1) Saint Thomas : « Virtutes theologicæ sufficienter nos ordinant in finem supernaturalem, secundum quamdam inchoationem, quantum scilicet ad ipsum Deum immediate ; sed oportet quod per alias virtutes infusas perticiatur anima circa alias res, in ordine tamen ad Deum » (S. Th., I-II, 68, 8).

(2) Notons les «rimes dérivatives » des quatre premiers vers-de:cette strophe.

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