SUR NET A
A. Pacès. — Auzias March.
Dieu qui est notre fin suprême, en vue de laquelle la vie terrestre n'est qu'un moyen :
Lo qual es fi e lo present es via.
Pour atteindre cette fin surnaturelle nous avons besoin &e vertus surnaturelles, appelées aussi théologales, parce qu'elles descendent de Dieu par l'intermédiaire de la grâce. Elles seules continuent pour ainsi dire l’œuvre des vertus naturelles et nous préparent à la vue directe et à la jouissance intime de Dieu (1).
Ces vertus sont la Foi, l'Espérance, et, au-dessus d'elles, la Charité, l'amour de Dieu, source profonde de la perfection surnaturelle de l'âme et qui subsistera seule dans le ciel (alli) :
Fé, Caritat y Esperança ns hi porten (2), mas Fé roman y Esperancç'’a la porta, car la rah6 alli no les comporta.
Creure no cal ço que Is ulls se deporten, menys esperar ço que present se mostra.
Mas fruyrem Deu qui tant esperavem ; per caritat amarem qui amavem.
Aço serà tota gloria nostra Ella’s la fi e les altres son via ; sens ella’s foll qui'n Deu espera y fa...
Pour être vraiment courageux en face de la mort, nous savons qu'il ne faut pas seulement la vertu morale, comme le croyaient les Anciens, mais encore la vertu théologale :
Per esser l’hom contra mort animés, l'es obs virtut teulogal e moral...
(CVIL, 65-66).
(1) Saint Thomas : « Virtutes theologicæ sufficienter nos ordinant in finem supernaturalem, secundum quamdam inchoationem, quantum scilicet ad ipsum Deum immediate ; sed oportet quod per alias virtutes infusas perticiatur anima circa alias res, in ordine tamen ad Deum » (S. Th., I-II, 68, 8).
(2) Notons les «rimes dérivatives » des quatre premiers vers-de:cette strophe.