‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 249 sur 302 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

Ces maux de l’amour ont nécessairement amené Pere Torroella à attaquer les femmes dans sa fameuse poésie castillane, Quien bien amando persigue, ume de celles qui ont eu, à cette époque, le plus de succès.

L'influence avouée pour la première fois des poètes français et castillans ne change rien aux thèmes qui restent encore ceux

(1) T. Amar, op. cit., p. 229.

(2) Canc. de Zar., fol. 118.

(3) Ibid, fol. 191 vo.

3906 CHAP. IX = INFLUENCES DEA UZIAS MNTAR CIM

des troubadours et d'Auzias March. Mais l'expression de certains d’entre eux se rapproche trop de celle que lui avait donnée le poète valencien pour qu'on ne le considère pas comme une des sources d'inspiration de Pere Torroella. C’est ainsi qu'il reproduit, par exemple, l'idée du plaisir de la souffrance

presque dans les mêmes termes :

Dins ma dolor delit se companyava, yo no sé com qu’Amor sap aquest’ art.

(Canz. de Zar. fol. 177).

La citation d'une strophe d’Auzias March et ces ressemblances de fond et de forme sont-elles les seules preuves qu’on puisse invoquer en faveur de la parenté spirituelle des deux poètes ? Ici se pose un curieux problème d'histoire littéraire. Torres Amat, sur les indications de Tastu, avait attribué à Pere Torroella deux pièces du Cançoner de Paris anonymes, mais placées entre deux de ses œuvres authentiques. Or Milà y Fontanals (1) a remarqué qu'une de ces pièces intitulée Complanta de la Mort, est composée de morceaux d’Auzias March (jet de trossos de Ausias March). Ce jugement, formulé en ces quelques mots et sans autres précisions, n’a rien d’exagéré. On pourra s’en convaincre par la confrontation des deux textes qui n’a jamais été faite, à notre connaissance :

AuziaAs Marc

E, si totstemps en continuu no plor, de mon recort aquella no m partesch,

ans vull que 1 dol me leixque, si 1 jaquese 76 mon sentiment vull que muyra, si mor.

Puix que delit a ma dolor segueix, ingrat seré, si ella no m’acost.

Tal sentiment de mal e bé compost, 80 temps minva 1 mal e lo bé tots jorns creix.

(1) Resenya, p. 166 ; Obras, III, 201.

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