‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 248 sur 302 · EN CATALOGNE AU XV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

EN CATALOGNE AU XV® SIÈCLE

Conort (1), que, fatigué d’entendre plusieurs chevaliers célébrer leurs dames, il a quitté le palais du Roi. I s’est endormi dans le plus profond découragement, lorsque plusieurs poètes anciens ou contemporains se présentent à lui et le consolent en disant du mal des femmes. Le Roi le sait, fait emprisonner «€ ces médisants », mais Boccace et Cerveri de Girona interviennent et obtiennent leur grâce. Parmi ces poètes misogynes figure Auzias March, qui vient naturellement réciter la strophe la plus virulente de son maldit contre Na Monbohi :

Quant hoireu, «Alcavota provada ! »...

Pere Torroella, majordome du prince de Viane, puis attaché à la Cour de Jean IT d'Aragon, a été le contemporain de l’auteur du Conort. L'un et l’autre se moquent d'un prêtre apostat qui prétendait faire le galant (2). Mais il est probable que Torroella a survécu à Fr. Ferrer, puisqu'il le cite dans une de ses œuvres (3). C’est une pièce de noves rimades où, suivant le procédé même de Fr. Ferrer, sont transcrites et commentées les strophes de plusieurs troubadours provençaux, de trois poètes français, Alain Chartier, Machaut et Oton de Granson, d’un grand nombre de catalans parmi lesquels Auzias March et Francesch Ferrer, et enfin de quelques castillans. Toutes ces strophes définissent ou décrivent l'amour et ses tourments. Celle d’Auzias March est la première de la chanson :

Alt e amor d’on gran desig s’engendra...

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