JACME MARCH II POÈTE
sier d'armes (1). En juillet 1365, il assistait au siège de Murvedre occupé par le roi de Castille. Il a rappelé, dans un de ses plus beaux poèmes, le Debat entre Honor y Delit, les souvenirs du temps où il campait devant cette place-forte,
Que lo molt alt Rey d’Arago Tenia Murvedr’ asetgats…
En 1371, il compose, sur la demande du roi Pierre IV, très épris de poésie et poète lui-même, un dictionnaire de rimes sous le titre de Libre de Concordances. Plus tard, en 1378, il se rend à Majorque pour y négocier certaines affaires royales (2). En 1381, on le retrouve encore auprès du Cérémonieux (3).
Le 17 septembre 1385, l'infant Jean d'Aragon, qui se piquait, comme son père, d'écrire en vers et recherchait aussi les livres, lui fait réclamer par son chambellan Janer « certaines choses » que son frère, Pere March, devait lui avoir rapportées d'Angleterre, et le début de la lettre de l’infant à son chambellan autorise à penser que ces « choses » n'étaient autres que des manuscrits (4).
Une fois monté sur le trône, Jean ne tarda pas à favoriser le développement de la poésie, et, le 20 février 1393, 1l charge, sur leur demande, le chevalier Jacme March et le citoyen Lluis d’Aversé, l’un et l’autre très habiles dans la gaie science { peritos admodum in hac sciencia) et qui ont cueilh dans son Jardin, non pas des rejetons, mais des rameaux très abondamment pourvus de fleurs et de fruits {nedum surculos, sed ramos etiam in ejus ortulo collegistis, flores et fructus uberrime afferentes), d'organiser à Barcelone, sur le modèle du Consistoire de Toulouse, des concours et des fêtes poétiques. Le Roi va même jusqu’à les nommer « maîtres et défenseurs de cette science (5) ». Jacme March a done été un des fondateurs du Consistoire barcelonais de la Gaie Science.
D'autres documents nous révèlent, vers la fin de la vie de
(5) Torres Amar, Diccionario, p. 60. La correction Marci pour Marti est nécessaire, comme l'avait pressenti Milà.