CHAPITRE V LES POÉSIES AMOUREUSES (suite
LEURS SOURCES SCOLASTIQUES ET PHILOSOPHIQUES : SAINT THOMAS ET ARISTOTE
Pages Caractère philosophique et didactique des poésies d’Auzias March.
Mgr J. Torras y Bages....... SCEDE . Ne De en 2) I. — Souvenirs classiques d’Auzias Manche De Galien, Vous Horace, Juvénal, Sénèquele philosophe. — La Bible, l'Evangile, Saint François d'Assise, le Rhythmus de contemptu mundi attribué à saint Bernard. Les procédés d'imitation d’Auzias March............. tre TR IT. — Saint Thomas est son grand inspirateur. Succès de la Somme Théologique à son époque : Ses études et ses lectures scolastiques. En Provence et en Italie les procédés de la scolastique avaient été appliqués par les poètes à la peinture de l’amour. Dante, « Saint Thomas de la poésie ». À saint Thomas Auzias ajoute Aristote lui-même et surtout l’Ethique à Nicomaque. La traduction de Léonard d’Arezzo et léprncedeMianes rm. re LÉ OS m0 en 284 IIT, — Les principes généraux de la oise de Saint Thomas sont exposés par Auzias March. — La nature de l’homme. L’âme et le corps. Le « composé ». L’animisme. L’union de l’âme et du corps. La connaissance ; les espèces sensibles. Les trois facultés intellectuelles : Entendement, Volonté, Mémoire ou Imagination. Nature de la volonté. L’appétit rationnel. L'amour suppose un choix réfléchi et libre DOMOION TER One der eh à à SR TO OR VERS de dust 288 IV. — La théorie des passions suivant saint Thomas et suivant Auzias March. L’appétit concupiscible et l'appétit irascible. Les passions, états affectifs, corporels et spirituels à la fois. Conséquences de leur double nature. — Les passions concupiscibles : l’amour, source de toutes les passions. Le plaisir, le désir, la joie ou délectation auxquelles s’opposent la douleur, l’aversion et la tristesse. Quelques traits empruntés à Aristote. Importance de l’analyse de la douleur ou tristesse. Ses causes. Sens profond de la première chanson Axi com cell qu’en lo somni s delila. Le PE de la douleur, thème principal d’Auzias March .......... en pire ARS RE A ee LS) V. — Les passions irascibles. L' espoir (le désespoir), la crainte ou la peur ; le blâme, ses trois formes. La crainte de la mauvaise renommée. Autres traits pris directement à Aristote. La pâleur, le tremblement et le mutisme en présence de sa dame ; l’audace, la colère et l'amour. Le cynique Cratès. — La terminologie scolastique. — La psychologie thomiste des passions est l’âme des poésies amoureuses d'AUZIAS Marche PE cent: nc de SRE TOUR rool
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CHAPITRE VI L = L'AMITIÉ SUIVANT ARISTOTE ET LA CONCEPTION DE L AMOUR DU XII® SIÈCLE JUSQU'A AUZIAS MARCH
[.— Influence de la théorie d’Aristote sur l'amitié au Moyen âge. [m-
AM. Pacès. — Auzias March. 30
406 TABLE DES MATIÈRES Pages
portance de cette doctrine. Les rapports de l’amitié avec le bonheur. C'est l'attachement de deux personnes fondé sur leurs qualités propres. Trois sortes d’amitiés : l'amitié de vertu, l'amitié de plaisir, l'amitié d'intérêt. L'amitié vertueuse implique les deux autres. C’est une bienveillance réciproque et réciproquement connue, une estime mutuelle. Seule elle est durable et réalise une seule et même âme en deux corps. — Théophraste et Cicéron. Saint Ambroise. Aelred et le DésninudualiammonteRitéisiocle) PE EEESEES EP REECE CE ts arte,
II. — Au xu siècle, semble-t-il, a commencé à se répandre la doctrine d’Aristote. L'amour est confondu avec l’amitié et en prend les caractères. L’émancipation de la femme. On puise dans l'Ethique à Nicomaque non seulement les éléments de l'amitié religieuse et de l’amour divin, mais encore les principes de l'amour courtois.Les mots amtlié ct amour sont pris l’un pour l’autre, L'amour, principe de perfection. La «connaissance » et la « mesure ». La chanson allégorique de Guiraut de Calanso. Les trois étages du Palais de l'Amour sont les trois degrés de l'amitié — Au x siècle, le traité d'André le Chapelain reproduit la même division. L'amour pur, l’amour mixte, l’amour mercenaire. Les poètes chantent d’abord l'amour mixte, puis l’abandonnent pour l’amour pur, sous l'influence de l’Inquisition : Montanhagol, le Moine de Montaudon. — La philosophie et la théologie édifient dé leur côté une doctrine de l’amour en se servant encore d’Aristote. Averroès et Frédéric IT de Sicile, Albert-le-Grand, saint Thomas, Duns Scot. Brunetto Latino ct les deux interprétations, philosophique et poé-
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liquerdAHStOte PE Eee ne CCR PR A M NS ee IIT. — À la fin du x1ni° siècle et au xrv° siècle la poésie en France et en Italie s'inspire d’Aristote. — En France, la deuxième partie du Roman de la Rose. L'amitié et l’amour et leurs degrés. La Raison.— Guiraut Riquier, son commentaire de Guiraut de Calanso. N’At de Mons. Le Breviari d’ Amor. Les trois racines de l’amour. — En Italie, union étroite de la poésie et de la philosophie en Toscane, à Bologne. Le Dolce stil nuovo. Les espèces de l'amour. La femme «angélisée»r. Dante, les trois amours et la Divine Comédie. La Nature, la Philosophie, la Théologie. Boccace : le Filocolo et l'Urbano. Pétrarque, rebelle à la scolastique, subit indirectement l'influence d’Aristote. — Ce que deviendra plus tard la doctrine de l'amour pur constituée par les poètes ét LS philosophes. TS EUR. AMAR PNR EN ARE EE A one
IV.— Auzias March recueille ces diverses interprétations et en tire sa conception de l’amour. L’amour est une science. Il en recherche la nature et les effets. Sa division en trois espèces est l’objet presque constant de ses poésies. L'amour intéressé, L'amour « mixte » ou humain, chanté par les troubadours et décrit par André le Chapelain, résulte de l’union de l’âme et du corps. De là son caractère insatiable et précaire. L'amour honnête ou « amitié pure » présente les mêmes qualités et requiert les mêmes conditions que l'amitié vertueuse d’Aristote. Difficulté de réaliser l'accord parfait qu'il exige, soit par la faute de sa dame, soit par la sienne propre. L’imperfection de la femme. L'amour pur réservé à l'ange. — Aveux d'Auzias March. Le règne de l'amour courtôis touche à satin. RAT ER