‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 36 sur 302 · MORT DE PERE MARCH LE VIEUX · texte numérisé non relu

MORT DE PERE MARCH LE VIEUX

rain et prédécesseur une amnistie en faveur de ses vassaux, tant chrétiens que sarrasins, pour toutes les condamnations civiles et criminelles prononcées jusque-là à son profit (1).

Mais l’idée de sa mort prochaine s'impose encore à lui, et, par un codicille en date du 8 mai 1413, il introduit dans son testament quelques modifications importantes. Estimant que la seigneurie de Beniarj6 et autres lieux est un apanage suffisant pour Auzias, 1l lègue à ses petites-filles Yolanda et Aldonça, une partie de la rente que lui font les communaux de Denia et Xabea. Mais, en revanche, il donne à son fils pour sa maison seigneuriale de Beniarjé qu'il ne convient pas de laisser sans armes, toutes ses cuirasses, ses arcs, flèches, lancés, boucliers, ete. Enfin sachant que son petit-fils, Pere March junior, prétendait abandonner, à sa mort, le nom de March pour celui de Vilarig, 1l déclare qu'un tel projet est absolument contraire à sa volonté. Il demande, en tout cas, qu'il ne puisse changer de nom que s'il lui échoit un héritage au moins égal à la substitution qu'il lui faisait de ses biens, à défaut d’Auzias. Si cette condition ne se réalise pas et que son petit-fils prenne néanmoins un autre nom, il veut que cette substitution soit nulle et qu'elle ait lieu en faveur de son neveu Luis, fils de Jacme, seigneur d'Aramprunyà (2). |

Sous la sécheresse laconique de cette dernière clause on sent la sourde irritation d’un homme fier du nom qu'il porte et qui, après l’avoir rendu plus glorieux encore par toute une vie de probité et d'honneur, voudrait en assurer autant que possible la perpétuité. La fin de sa vie en fut certainement assombrie.

Est-ce à cause de son petit-fils ou pour remplir quelque mission de confiance de son ‘ancien maître qu'il entreprend, aussitôt après et maloré son grand âge, de se rendre au nord-est de l’Espagne, à Balaguer, dans le comté d’Urgel ? Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable. On sait, en effet, que le duc de Gandie était le vassal de Jacme le malheureux, et nombreux devaient être alors les rapports qu'entretenait avec lui l’ancien prétendant à la couronne, qui s’obstinait à ne pas rendre hommage à son nouveau roi, Fernand d’Antequera, et se préparait même à lui résister par les armes.

(1) Rev. de bibliog. cat.T, 146.

(2) A. Paz y Mézra, loc. cit., p. 371.

Page 1