GHAP. III. — ORIGINES PATERNELLES DA. MARCH (SUITE
témoigner publiquement toute sa gratitude pour tous « les bons, loyaux et mémorables services » qu'il a rendus à son père et à lui-même, et il lui octroie la juridiction civile et criminelle sur le lieu de Beniarj6 et les alqueries, c'est-à-dire les fermes, de Pardines et Verniça. Ce privilège avait appartenu, depuis 1356, à Ramon Castellà, descendant, comme notre Pere March, d'un des premiers colons de Gandie après la conquête (1). Il consistait dans le droit de connaître de toute accusation ceriminelle et de tous les procès civils contre toutes personnes, excepté les vassaux du duc, et d'infliger toute peine afflictive. aux Sarrasins qui habitaient le territoire de sa justice. Le duc ne se réservait que la rançon et la composition pécuniaire de la peine de mort (2).
En acquérant ainsi la plus haute justice qui, d’après les Furs de Valence, pouvait appartenir à un seigneur, Pere March obtient pour lui et pour ses successeurs la propriété pleine et entière de son fief.
Mais la satisfaction que lui a causée la faveur du due ne tarde pas à être grandement atiténuée par un deuil qui l’atteint dans ses sentiments les plus profonds. Sa petite-fille, par alliance, meurt, à Gandie, le 20 septembre 1412, à peine âgée de vingt ans, pendant l'absence probable de son mari Pere March junior, récemment armé chevalier, Petri March junioris, mulitis, habitatoris ville Gandie quondam. Un inventaire des biens de la jeune femme, de ses robes et de ses bijoux, dressé le 9 novembre suivant, nous donne, en même temps que la date de son testament et de sa mort, des renseignements précis et curieux sur la toilette et les goûts d’une patricienne de Gandie, au début du xv€ siècle (3).
Le 5 janvier 1413, le duc confirme le privilège et la juridiction qu'il lui a concédés quelques mois auparavant, Le nouveau seigneur Justicier, qui désire marquer son entrée en charge par un acte de haute bienveillance, obtient, en outre, de son suze-
(1) Le nom de R. Castellanus figure plusieurs fois dans la Répartition de Valence (Doc. inéd. del arch. de Aragén, XI, 349, 366, 383, 415). C’est précisément à lui que le roi Jacme donna, en 1248, l’alqueria de Beniarj6.
(2) Rev. de bibliog. cat., 1, 139-147.
(3) Madrid, Archivo Histérico nacional, n° 222, Jerénimos de Cotalba. Par-chemin du 9 novembre 1412.