‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 74 sur 302 · SES OPINIONS SUR LA RICHESSE · texte numérisé non relu

SES OPINIONS SUR LA RICHESSE

jours avec prudence et la plus stricte économie. C’est le digne continuateur des Pere March qui ont, au siècle précédent, géré avec tant de distinction les finances des rois d'Aragon ou les intérêts du duc de Gandie.

S'il n'est pas encore possible de déterminer d’une manière exacte le chiffre de ses revenus, les indications que nous avons données plus haut démontrent amplement qu'ils étaient importants et qu'il a joui d’une assez grande aisance,

Mais, chose singulière, il semble que sa vie donne ici un nouveau démenti à la doctrine que ses vers nous exposent. De même qu'il prêchait l’amour pur et avait non seulement des enfants légitimes, mais des bâtards, aurait-il enseigné le mépris des richesses tout en possédant d’abondantes ressources ? Mériteraitil vraiment le reproche de contradiction que l’on a fait à Sénèque dont 1l a précisément développé les idées dans quelques poésies ? À cette critique, Auzias March aurait répondu sans doute, avec Aristote dont il se rapproche davantage, que si la richesse n’est pas le vrai bien, elle en est cependant une condition secondaire et que tout dépend de l'importance qu’on y attache et de l’usage que l’on en fait. Il blâme l’avare qui n'aime l'argent que pour lui-même,

Si com l’avar los dinés per ells ama..

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