‹ Auzias March et ses prédécesseursChapitre 8 sur 302 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La vie d’Auzias March est restée longtemps presque inconnue. Deux ou trois notices, indéfiniment reproduites, avaient constitué, jusqu'à la fin du siècle dernier, tout le bagage des références biographiques. La première est l’œuvre d’'Hierony Figueres qui a composé, à Valence, en 1546, un recueil manuscrit des œuvres de notre auteur (1). Dans sa préface {prolech) il mentionne avant tout autre, mais quatre-vingt sept

(1) C’est le manuscrit n° 3695 de la Biblioteca Nacional de Madrid, désigné et décrit sous la lettre Æ dans l’Introduction à notre édition critique. Nous avons publié (Romania, XVII, 205) une partie du Prolech. D. J. Masso Tor- RENTS (Manuscrits catalans de la Bibl. Nac. de Madrid, p. 48), l’a reproduit en entier. Il a été exécuté sur l’ordre de D. Luis Carroc de Vilaragut, bailli général du royaume de Valence, et à la demande de la «noble» Dona Angela Borja y de Carroc de Vilaragut. On lit, d’après Rusr6 y Ors (Ausias March y su época, p. 34), sur un exemplaire des œuvres d’Auzias March de 1555 ayant

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ans après la mort du poète, quelques renseignements sur sa vie, Les uns, exacts et puisés à des sources dignes de foi, les autres purement imaginaires, tous sont recueillis indistinctement par Juan de Resa en tête de son édition de 1555 et passent, de là, dans les études biographiques ou bibliographiques postérieures. La Vida del Poeta que Diego de Fuentes a écrite en 1562 pour la traduction de Montemayor n’en est qu'un développement prétentieux.

Gaspar Escolano (1), et, beaucoup plus tard, Rodrigo Ribera (2) sont à peu près les seuls, avec Fr. Cerdà y Rico (3), qui aient enrichi de quelques nouvelles contributions cette tradition ininterrompue. Le dernier surtout, utilisant pour ses Notas al Canto de Turia, où Gil Polo célèbre les hommes illustres de Valence, les recherches de trois érudits valenciens du xvrrre siècle, J. Antonio Mayans y Siscar (4), José Mariano Ortiz (5), et Fr. Xavier Borrull (6), a été le plus complet des anciens biographes d'Auzias March.

appartenu à D. Manuel de Bofarull, la note suivante : « Francesch Jharoni Ramo à demanda de serta senyora noble valenciana escrigué mol difusament la vida del magnifich y strenuo caballer Mossen Ausias March ». Cette biographie, qui n’a pas été retrouvée, ne serait-elle pas celle d'Hierony Figueres ?

(1) Historia de la insigne ciudad de Valencia (Valencia, 1610-11, pet. in-fol.), t. II, Liv. X, ch. xx1x, col. 1698, n° 5. Escolano semble avoir mis à profit le Libre de Memories de la ciutat e regne de Valencia dont un répertoire manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris (Esp. 147).

(2) Sa Milicia Mercenaria présente sur quelques membres de la famille March des faits précis, puisés aux archives d'Aragon. On ne peut pas accorder la même confiance à son prédécesseur Samper, qui parle toujours par ouï-dire et raconte par exemple que le château d’Aramprunyà est situé dans la viguerie du Vallespir, en face de Céret ! (Montesa ilustrada, IT, p. 485, n° 806).

(3) La Diana Enamorada por GaspAr Gi Pozo, con notas al Canto de Turia (Madrid, 1802, in-80). Le prologue de l'éditeur Fr. Cerdà y Rico et la première édition sont de 1778.

(4) Voir plus bas, p. 11, l'indication du manuscrit communiqué à Cerdà par J.-A. Mayans.

(5) Les renseignements dont Cerdà est redevable à J.-M. Ortiz sont suivis. de la mention Ort. qui en désigne l’origine. Un peu plus tard, le même Orrrz est revenu sur certains détails de la vie de Jacme Roig et d’Auzias March dans son Jnforme histérico, cronolégico, palatino legal (Madrid, Andrés de Sotos, 1789, in-fol.), p. 38. CF. Revista de Archivos, 1906, p. 214.

(6) On trouve aussi du même auteur, quelques lignes relatives à Auzias March dans son Exposiciôn à la Real Academia de S. Carlos, Valencia, 1821, in-40, p. 6-7.

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