DOCUMENTS PUBLIÉS
De 1778 à 1873, aucune indication nouvelle ou, tout au moins, vraiment digne d'intérêt, ne se rencontre dans les études qui paraissent sur Auzias March, même dans celles de J. Maria Quadrado et de M. Milà y Fontanals, si remarquables à d’autres égards. Ils se contentent de répéter ce que l’on sait depuis près d’un siècle (1). Que de points obseurs et douteux il reste pourtant à élucider ! Hormis quelques faits révélés dans les siècles précédents, tout ou presque tout est à connaître dans l'histoire de notre poète. Les trois provinces de l’ancien royaume d'Aragon continuent à se disputer l'honneur d’avoir été le berceau de ses ancêtres. On ne sait rien ou presque rien de ses parents ni de ses alliés, et, si la date de sa mort est approximativement fixée, celle de sa naissance est complètement ignorée.
La découverte que fit Miguel Velasco, dans les Archives générales du Royaume de Valence dont 1l était le directeur, du testament d'Auzias March et de l'inventaire de ses biens, vint, vers 1873, jeter un jour tout nouveau sur la vie privée du poète. Signalés et brièvement cités par Rafael Ferrer y Bigné (2), ces documents de la plus haute importance ont été entièrement publiés par nous (3), en 1888, avec deux lettres extraites des Archives de Barcelone. Entre temps, J. Torres y Reyeté (4) écrivait l’histoire du château d’Aramprunyà, une des possessions de la famille des Marchs, et J. Rubi6 y Ors faisait couronner par les Jochs Florals de Barcelone sa monographie Ausias March y su época (5), où sont exhumées, en appendice, un petit nombre de pièces intéressantes.
L'année 1901 a été particulièrement fertile en publications relatives à Auzias March et à sa famulle. Dans le numéro de juin de la Revista de Archivos paraissaient d’abord, sous la si-
(1) Les notices de Torres Amat (Diccionario critico de los Escritores catalanes) ont un caractère surtout bibliographique. Ce n'est guère qu'à l’article Jaime March que nous lisons un document inconnu jusque-là.
(2) Estudio histérico crilico sobre los poetas valencianos de los siglos XTIT, XIV, y XV, pp. 34-35, et 93.
(3) Am. Pacs, Documents inédits relatifs à la vie d'Auzias March dans la Romania, XVII, 186.
(4) Memorias de la Associaciô Catalanista d'excursiôns cientificas, LIT (1879), p. 33-64.
(5) Couronnée en 1879 et publiée seulement en 1882.
onature de D. Antonio Paz y Mélia, l'éminent bibliothécaire de Madrid, des Noticias para la vida de Ausias March, recueillies, vers le milieu du x1x® siècle, par un fureteur inconnu (1). Nous avons déjà apprécié ailleurs (2) l'importance des ces notes pour la biographie des ascendants du poète, et, notamment, de son père. Mais, en ce qui concerne Auzias March, elles offrent une simple analyse des documents que la Romania avait fait connaître treize années auparavant.
L'origine de ces notes est encore mystérieuse. Si nous avons, pour la dernière partie, les textes authentiques d’où elles ont été extraites, soit directement, soit indirectement, 1l n’en est pas de même pour la première, et, malgré nos recherches dans les archives publiques ou privées, nous n'avons pas pu savoir où leur auteur anonyme a consulté les pièces relatives aux ancêtres d’Auzias March, et, entre autres, le testament de Pere March. Leur existence ne saurait cependant être mise en doute, d’autres pièces qui nous restent y faisant de fréquentes allusions. Mais il s’est peut-être glissé dans le résumé qui en a été publié, à côté de faits certains et exactement transcrits, quelques conjectures propres au compilateur ou à l'éditeur. Ces «notices » ne peuvent donc être acceptées qu'avec de grandes précautions, chaque fois qu'elles ne sont pas confirmées par d’autres documents.
Plus indiscutables sont à tous égards les trois diplômes royaux découverts dans les Archives de Valence et copiés par le Dr J. Rodrigo Pertegäs. Nous les avons fait précéder d’un
(1) Voici ce que m'écrivait sur ce sujet D. A. Paz y Mélia, le 23 août 4901 : « Mucho me alegraria poder contribuir al resultado con los documentos que V. me cita ; pero V. comprender à que de haber4 los tenido, hubiera publicado alguno en el articulo de la Revista de Archivos , donde sélo me limito 4 ligeros extractos é indicaciones. Estos fueron sacados de un fârrago de notas que mi buen amigo, D. Bonifacio Martinez, me entregé hace años, y que habia recibido de un Valenciano, pariente 6 amigo suyo, que recogia noticias de censales, acequias, derechos de aguas, ete., sin duda después de recorrer los protocolos de varios archivos de Valencia. Yo tuve que recortar con tijeras todo Jo referente à Ausias March, para ahorrarme la copia (porque la letra era de mediados del siglo x1x) y pegar los recortes sobre las cuartillas, entregando los otros papeles de censales de la familia March y sus parientes al citado Sr Martinez. Nada hubiera V. sacado de ellos, porque los estudié bien, y acordaändome de V., del Sr. Rubié6 y Ors, ete., tuve buen cuidado de entresacar los nombres de los escribanos, por si les era dable algün dia buscar los protocolos.. »
(2) Revista de Bibliografia Catalana, 1, 129-132.