HAMSA
— Les Oies —
Le bienheureux Buddha(l)... résidait à Çrâvasti, à Jetavana, dans le jardin d’Anâthapinçlada.
0.', à Çrâvasti, le roi Prasenajit de Koçala exerçait la royauté (I)... ‘puissan t et juste.
‘ Voir IV, 5.
* Palaganda, « iinçoii, plâtrier », le tibétain traduit par ; qi,\-nihhan, « vei sé dans le bois, charpentier ».
3 Sthala (tib. thaù « plaine »). Image qui désigne soit un homme qui est parvenu au sommet d'une montagne, soit un homme qui, étant sur mer, a débarqué sur la terre ferme.
Voir ci-dessus pages 200, note 2, et 225, note 3.
ANNALES DU MUSEE OUIMET
Or, par ]a suite, le roi Prasenajit de Koçala se rendit à Jêtavana ' pour voir Bhagavat et lui rendre hoininag'e, et le roi de Pancâla envoya cinq cents oies en présentai! roi Prasenajit de Koçala. C'est au moment où le roi entrait tà Jêtavana que les oies lui furent offertes. Alors le roi Prasenajit leur donna la sécurité, et là même, à Jêtavana, il les lâcha.
Quand Bhagavat, le Jina, entouré de ses grands auditeurs, était assis pour le repas ces oies s’approchaient de lui, et Bhagavat leur offrait une bouchée, les grands auditeurs aussi ; après avoir mangé, elles se tenaient là, rassasiées, les sens en bon état. Lorsque Bhagavat, s’étant relevé de sa profonde absorption, enseignait la loi aux quatre assemblées, alors ces oies venaient en présence de Bhagavat et écoutaient la loi. Elles moururent peu avancées en âge et renaquirent chez les dieux purs, (les dieux) Trayastriniçat.
Or, c’est la règle (13)... Renaissance citez les dieux et visite au Buddha.
Les Bhixus s’étant appliqués à la méditation... Question des Bhixus à p7'opos de cette visite et réponse du Buddha.
« Vous avez vu, Bhixus, ces cinq cents oies que le roi Prasenajit de Koçala a relâchées ici ?» — « Oui, vénérable. » — « Eh bien ! comme elles avaient éprouvé de bonnes dispositions envers moi, après leur mort, elles ont repris naissance chez les dieux purs, (les dieux) Trayastriniçat, puis sont venues en ma présence se faire reconnaître de moi Je leur ai enseigné la loi et elles sont retournées dans leur demeure après avoir vu les vérités.
Les Bhixus, ayant conçu un doute, questionnèrent Bhagavat, celui qui ôte tous les doutes : « Vénérable, quels actes ces fils de dieux, qui jadis étaient des oies, ont-ils faits pour naître parmi les oies ? Quels actes ont-ils faits pour renaîU’e parmi les dieux ?
Bhagavat dit : « Bhixus, ils ont fait des actes (12)... Le fruit des œuvres et la transmigration.
Autrefois, Bhixus, dans ce même Bhadrakalpa (où nous sommes), quand les créatures vivaient vingt mille ans, le Buddha nommé Kâcyapa (14)... Appai'ition d’un Buddha ancien... parut dans le monde.
* Ici et dans la phrase suivante, le sanskrit dit « sortir » (Jetavanânnirgata :) au lieu de « se rendre, aller à ».
2 Jina, n'est pas représenté dans le tibétain; par contre, « pour le repas » n’est pas dans le sanskrit, à moins que upanisidati n'emporte le sens de « s'assoir pour le rejias ».
2 Le manuscrit porte i^pasarij nâtâ)ii, mais le tibétain dit tout simplement, I/mps-nai « étant venus. »
AYADÀNA- ÇATAKA A’ I , 10, (60)
Etant entré à Bénarès, il y résidait à Rsipatana, dans le Mrgadàva. Là, ceux-ci, s’étant fait initier, mirent de la mollesse dans l’étude. C’est pour cela qu'ils renaquirent parmi les oies. Mais, parce qu’ils ont ressenti de bonnes dispositions envers moi, ils ont, à cause de cela, repris naissance chez les dieu.v, et parce qu’ils ont appris complètement les bases renseignement, ils ont obtenu de voiries vérités.
C’est que, Bliixus, les actes blancs (5)... Les actes blancs et les actes noirs.
Ainsi parla Bliagavat (2)...
Rapprochements et remarques
Il peut paraître oiseux et même ridicule de chercher à établir un lien historique ou chronologique entre ces contes. Cependant il est constaté qu’un tel lien existe entre le troisième récit de cette décade (Çrimati) et le cinquième de la deuxième décade (Prâtih.ârja). On peut aussi en supposer un entre le récit qu’on vient de lire (l’histoire des oies) et le récit huitième de la première décade. Les oies offertes à Prasenajit seraient un témoignage de reconnaissance du roi de Pancâla envers le roi de Koçala, pour le service que ce roi lui avait rendu en faisant intervenir le Buddha pour la cessation de la guerre dont il souffrait. (Voir ci-dessus : pages 4.3-44.)