UPOSADHA
Le bienheureux Buddlia (1)... résidait à Çràvaslî, cà Jètavaiia, dans le jardin d’Anâthapindada.
Or, dans ce teinps-là, un fils de dieu, de la région des dieux Trayastriniçat, nommé Uposadha, vint bien des fois en présence de B’.iagavat pour entendre la loi.
Plus tard donc, il arriva que le fils de dieu nommé Uposadha se dirigea avec un entourage de cinq cents (personnes) vers le lieu où était Bhagavat. Quand il y fut arrivé, il salua avec la tète les pieds de Bhagavat, et s’assit à peu de distance de lui pour entendre la loi. Alor^ Bhagavat voyant les bonnes dispositions du fils de dieu Uposadha (22)... (Arrivée à Vélat de Srotaûpatti).
Ayant vules vérité', il prononça trois fois l’Udàna (20).. . Ensuite, s’étant incliné, avec son collier pendant sur ses épaules, il salua les deux pieds (de Bhagavat) et, ravi, fit le pradaxina autour du vainqueur de reniiemi (Jitâri) : puis, se dirigeant vers le monde des dieux, il retourna dans le ciel...
Alors les Bhixus qui avaient veillé... (Question des Bhixiis au sujet de cette visite et réponse du Buddha Q...
C’est le fils de dieu de la région des dieux Trayastriniçat, nommé Uposadha, qui, avec une suite de cinq cents personnes, est venu pour me voir cette nuit. Je lui ai enseigné la loi, et il s’en est retourné dans sa demeure après avoir vu les vérités.
Les Bhixus ayant conçu un doute questionnèrent Bhagavat, celui qui ôte tous les doutes: a Vénérable, quelle est l'origine du fils de dieu Uposadha et d’où vient son nom ? »
Bhagavat répondit : « Vous désirez l’entendre, voU', Bhixus ?» — « Oui » vénérable. — Hé bien ! Bhixus, écoutez et fixez bien et dûment dans votre esprit (ce que vous aurez entendu); je vais parler.
Autrefois, Bhixus, dans la voie du passé, dans ce même Bhadrakalpa où nous sommes, quand les créatures vivaient vingt mille ans, un parfait et
* Voir pages 186, note 6, et pages JOl, 208, 212, 215, 220.
ANNALES nu MUSEE ÜUIMET
accompli Bluldlia nommé Kâçjapa (14)... parut dans le monde. Étant entré à Bénarès, à Rsipatana, il résidait à Ilsipatana dans le Mrgadâva.
Il arriva que, plus lard, le roi Krkî vint pour voir Bhagavat, et lui rendre hommage. Sur ces entrefaites, deu.v Brahmanes arrivèrent à Jelavana pour une affaire quelconque; ils virent le roi avec le prestige de sa royauté, avec sa grande puissance royale, et le désir de la royauté naquit en eux. Ils questionnèrent donc un des Upasakas : « O Upasaka du Buddha, dirent-ils, que faut il faire pour que tout ce que l’on pense, tout ce que l’on se propose, tout cela réussisse ?» — L’Upâsaka répondit : « Celui qui observe dans toute sa pureté le jeûne aux huit membres, celui-là, tout ce qu’il pense, tout ce qu’il se propose, tout cela lui réussit ». Alors, ces deux Brahmanes observèrent^ ce jeûne sous la direction du maître de maison Asâdha. Un seul (d’entre eux) l’observa dans toute sa pureté ; il mourut, obtint de devenir le fils du roi Krki et reçut le nom de Sujàta. A la mort de son père, il fut établi dans la royauté. L’autre rompit le jeûne et, après sa mort, renaquit parmi les Nàgas ; sept fois^ par jour (une pluie de) sable brûlant tombe sur lui, en sorte qu'il n’est bientôt i)lus qu’un squelette. Il se dit en lui-même : « Ue quelle (ouvre ceci est il le fruit ? Quel est l'acte dont le fruit a mûri de telle sorte que j’endure une telle douleur? » — Il examine (et reprend) : « J’ai entrepris le jeûne à huit membres et j’ai mis de la mollesse dans l’observation delà discipline; voilà pourquoi je suis en proie à une si grande douleur : au contraire celui qui, l’ayant entrepris (comme moi), l’a rigoureusement observé, celui-là a obtenu la royauté. » Il fit encore cette réflexion : « Si maintenant j’entreprenais le jeûne à huit membres, je serais sans doute délivré de cette matrice de Nâga. »
Alors, dépouillant sa forme de Nàga et prenant la forme empruntée d’un Brahmane, il vint en la présence du roi. Quand il y fut arrivé, il lui souhaita tout d’abord victoire et longue vie ; j)uis lui dit : « Grand roi, il me fout un jeûne à huit membres; ta majesté doit 1113 le trouver ; si tu no me le trouves pas, inévitablement la tète do Sa Majesté se fendra en sept morceaux. » A ces mots il disparut.
* Le verbe de la phrase saiiskrile est re|irésenté par uposUud, qui doit être une leçon corrompue, (probablement pour upo.ptdo vpositau). Le tibétain a vlans-te (ayant reçu) vsrUi\:,-so (ils gardèrent); le mot vla,\s-te etsi construit avec l’ablatif tas correspondant au sanskrit sa/i içdf.
* « Sejit fois » n’est i)as dans le texte sanskrit, sans doute par la faute du copiste.
AVADÀNA- ÇATAKA VI, 10, (60)
Alors le roi effrayé, tremblant, bouleversé, en proie à riiorri})ilation, attacha un vase d’or en haut d’une bannière^ et fit publier, à son de cloche, dans toute l’étendue de ses Etats, l’avis suivant : « Celui qui me fera voir un jeûne à huit membres, celui-là, je lui donnerai un vase d’or et je le comblerai d’honneurs. »
Sur ces entrefaites, une vieille femme, fille d’un maçon*, montra au roi une colonne : « Ici, lui dit -elle, sur cette colonne mon père a plus d’une fois rendu un culte avec des parfums, de l’encens, des fleurs. Enlève-la et vois. » — Alors le roi donna à ses gens cet ordre : « Qu’on enlève cette colonne ! » — Aussitôt les gens du roi enlevèrent la colonne ; et au dessous on trouva gravé sur une tablette d’or le jeûne à huit membres avec les cinq bases de l’enseignement des Upàsakas et les trente-sept lois relatives à la Bodhi.
Alors le roi donna au Nàga une copie du jeûne à huit membres. Les douze mille Rsisqui habitaient Rsipatana eurent devant les yeux les trente-sept lois relatives à la Bodhi. Quant au Nàga, il observa inviolablement le jeûne à huit membres, atteignit le terrain solide^ et rejeta son corps (de Nàga). Ayant réussi à se priver de nourriture^, il mourut et, avec une suite de cinq cents personnes, renaquit parmi les dieux purs, (les dieux) Trayastriihçat.
Telle est l’origine, Bhixus, de là vient le nom de Uposadha.
Ainsi parla Bhagavat (2)...