SÛRYA
— Soleil —
Le bienheureux Buddha (1) résidait à Kapilavastu, dans le jardin du Nyagrodha.
Or il J avait à Kapilavastu un Çàlcya riche (9)... Homme riche... 11 épousa (G)... Mariage fécond.
11 lui naquit un fils beau, admirable, charmant, d’un air imposant, à la tête duquel était fixé un joyau de pierrerie*. De ce joyau jaillissaient dans toutes les directions des rayons semblables à ceux du soleil ; et sa clarté, pénétrant tout Kapilavastu, le faisait briller pendant la nuit comme le soleil. Le père et la mère, tous les habitants de la maison, serviteurs et parents, les Çàkyas qui demeuraient à Kapilavastu furent étonnés à la vue de ce prodige et vivement réjouis.
A la naissance de cet enfant on fît une fête, et on lui donna un nom. Les parents dirent : « Puisque sur la tête de cet enfant a apparu un joyau de pierre précieuse dont l’éclat, comme celui du soleil, a éclairé toute la maison que son nom soit donc Sîirya (soleil). »
L’enfant Sùrya fut confié à huit nourrices (î)... Education brillante... 11 était croyant (8)... Description d'un homme vertueux... Plus tard Sùrya alla au jardin du Nyagrodha. 11 y vit le bienheureux Buddha (16)... Description physique du Buddha... A l’instant même où il le vit, son
» Voir Foê-kouë-ki, p. 242 et suivantes. — Samuel Beal, Travels of Fa-hian, etc. p. 9j et suivantes, — Sp. Hardy, A manual of Budhism, p. 235, note 2.
* Comparer avec Padmâxa (66).
3 Le Kandjour dit : « Puisque, aussitôt que cet enfant fut né, toute la ville de Kapilavastu a resplendi comme le soleil ».
AV ADAnA- ÇATAKA VII, 9, (69)
esprit fut incliné à de bonnes dispositions, et faisant choix du joyau de pierre précieuse qui était sur sa tête, il l’ofliit à Bhagavat en s’inclinant. Puis, comme il était plein de bonnes dispositions, il salua les pieds de Bhagavat et s’assit devant lui pour entendre la loi. Bhagavat, pour témoigner sa compassion envers Sûrya, accepta ce joyau de pierre précieuse et connaissant ses dispositions, ses pensées, ses inclinations et ses sentiments intimes, il lui fit un exposé de la loi démonstratif des quatre vérités tel que... (22)... arrivée à Vêiat de Srota-ajT'Uli...
Quand il eut vu les vérités, il fit des dons et des largesses, rassasia les Çramanas, les Brahmanes, [les malheureux], les mendiants et tous ceux qui souffrent ; puis ayant obtenu la permission de ses père et mère, il fut initié à l’enseignement de Bhagavat... (23) Arrivée à Vétat d’ Arhat.
Les Bhixus ayant conçu un doute, questionnèrent Bhagavat, celui qui ôte tous les doutes : « Vénérable, quels actes l’enfant Sûrya avait-il faits pour qu’un joyau de pierre précieuse soit né sur sa tête, qu’il ait un air si imposant et ait obtenu l’état d’ Arhat ? »
Bhagavat répondit: « Bhixus, Sûrya, autrefois, dans d’autres existences... (12) Le fruit des œuvres et la transmigration.
Autrefois, Bhixus,... (15). Apparition de l'ancien Buddha Vipaçiji, sa fin, son monument.
Là, il y avait une fête du stupa. Des Brahmanes et des maîtres de maison croyants rendaient hommage (à ce monument) avec divers parfums, guirlandes, onguents, parasols, étendards, drapeaux. Or, un homme, ayant joué aux dés avec le roi, avait gagné un joyau de pierrerie brillant comme le soleil ; étant plein de bonnes dispositions, il le fixa à la gouttière du stûpa. Après quoi, étant tombé sur ses deux genoux il fit un pranidhâna : « Par cette vertu, par cette production d’intelligence, par cet abandon conforme à la loi du sacrifice, puissé-je recevoir de telles qualités, (puissé-je aussi) me concilier un tel maître et ne pas me l’aliéner, et que ce soit avec un joyau de pierre précieuse pareil à celui-ci, fixé sur le sommet de ma tête, que je sorte du sein de ma mère ! »
Bhagavat ajouta : « Que pensez-vous, Bhixus ? Celui qui, en ce temps-là.
1 Padayo : « sur (ou à) ses deux pieds ». Quels pieds? ceux du Slûpa?
ANNALES DU MUSEE GUIMET
à cette époque-là, fut le joueur aux dés \ c’était ce Sùrja. C’est parce qu’il avait attaché un joyau au stupa de Vipaçyi qu’un joyau do pierre précieuse a apparu sur sa tête. C’est par cette même cause qu’il est beau, admirable, charmant, et que l’état d’Arhat s’est manifesté pour lui.
C’est que, Bhixus, les actes entièrement noirs (5)... Actes blancs et noirs.
Ainsi parla Bhagavat (2).