I.N TRODUCTION
Mahcl-vaslii. — L’important recueil iatilulé : Mahâ-vadu-avaddna , dont M. Seuart a déjà fort avancé la publication, peut, sans doute, comme bien d’autres être rangé parmi les Avadânas. Il est fort mélangé; il s’y trouve des ouvrages complets (comme les « Dix terres » en dix chapitres). Des 67 sections dans lesquelles il est partagé, les unes sont qualifiées Vastu « histoire », les autres Jâtaka, Vyâkarana, Sùtra ou Sûtraka; beaucoup n’ont pas de qualification particulière. Pas une seule ne porte cette qualification de Avadâna ajoutée au titre de la compilation. Il n’est pas douteux que le mot Avadâna, pris dans son sens le plus large, s’applique à la plus grande partie des textes de ce recueil; mais peut-être était-il inutile de l’ajouter au titre; Mahewastu suffisait.
Bhadra-Kalpa. — H y a grande apparence qu’on a quelque peu abusé de ce terme Avadâna, et sa présence ne s’explique guère dans le titre du Bhadra-kalpa-avadâna qui est, sous la forme d’un dialogue versifié entre Upagupta et Açoka, une version à certains égards originale du Mahâvagga du Vinaya-pâli. C’est proprement un texte de Vinaya ; ce qui vient à l’appui de l’opinion de Burnouf. Mais, s’il est juste de le ranger dans la classe Vinaya, il est difficile de le ranger, malgré son titre, dans la classe Avadâna.
Recueils tibétains. — Sage et fou. — Je citerai tout d'abord le Dsangsblun^ en sankrit Damamuko, « Sage et fou », qui occupe 268 folios dans le volume XXVIII du Mdo., — parce que J. -J. Schmidt en a publié le texte avec une traduction allemande intitulée : Der Weise iind der Thor. Ce recueil se compose de 51 récits inégalement répartis dans 12 chapitres; il est très populaire chez les Mongols qui l’appellent : Uliger-ün talai, « Océan de comparaisons», c’est-à-dire « d’ Avadânas » ; car le terme mongol Uliger doit être calqué sur le chinois
Karma -Çaialia. — Je pense néanmoins qu’il faut -accorder une plus grande importance au Karma- Çataka qui remplit le volume XXVII (482 fol.) et déborde dans les 196 premiers folios du volume XXVIII du Mdo. Il est divisé en décades; mais le total des récits est de 123, chaque décade comprenant 12 récits en moyenne : ce qui n’a rien d’étonnant et est habituel dans les compilations méridionales, où le système décadaire est adopté, mais où bien dos chapitres renferment un, deux, trois ou même quatre textes de Ann. g. — XIX
ANNALES DU MUSEE GUIMET
plus que la dizaine. Le Karma-çataka a beaucoup de ressemblance avec l’Avadàua-Çataka. Les matières y sont classées moins méthodiquement : mais les analogies sont nombreuses ; le plus grand nombre des héros des récits devien- ^ lient Araats. La VIIL décade répond à la F® de l’Avadâna-Çataka ; la Bodhi
y est prédite à 1 1 personnages dont 4 sont communs aux deux recueils ; mais la
rédaction des récits qui les concernent est autre : la IL décade ressemble, par cinq de ses récits, à la IIP de l’Avadana-Çataka caractérisée parla prédiction de la Pratyekabodhi. II y a, sans doute, d’autres rapprochements à faire : le premier récit de la IIP décade est une autre version du récit 78 (VIII, 8) du même recueil, tandis que le suivant, le 2'’ de cette décade IIP, doit traiter le même sujet que le texte BS” du Ratna-avadàna-màlà; car l’intitulé qui leur Cct commun, Kaineya, n’est pas un titre banal qui puisse s’appliquer à des textes essentiellement différents L
Saddharmasmrti . — Mais qu’est-ce que les 078 folios, dans lesquels tiennent les 123 récits du Karma-Çataka, auprès des 1592 folios qu’occupe, à la fin du XXIP volume, dans les volumes XXIII et XXIV, et au commencement du XXV® volume du Mdo, le ^addharmasmrlyujycislhànam (« Aide au souvenir delà Bonne loi ») ? Je n’ai pas abordé l’étude de ce volumineux ouvrage ei je ne le connais que par la description de Csoma. Le terme Avadàna ne fait pas partie du titre; et il entre dans le recueil des éléments très divers : cependant il n’est pas douteux que l’élément Avadàna est un des principaux, qu’il s’y trouve un fort grand nombre de récits de cette classe, dont plus d’un doit avoir son équivalent dans d’autres recueils.
Recueils chinois. — Stanislas Julien, en tête des contes chinois qu’il a traduits et publiés sous le titre de « Avadànas », donne la liste suivante des ouvrages bouddhiques d’où provient une partie de ces récits ;
1. Fun-mo~yü liiii Comparaisons relatives aux Brahmanes et aux démons.