‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 146 sur 167 · Les quatre distinctions, etc · texte numérisé non relu

Les quatre distinctions, etc

Un commentaire de ce texte serait bien utile. Nous avons déjà dit que ce commentaire nous manque ; mais nous en trouvons ailleurs une portion. Le commentaire du Ratthapâla-suttantam, dont il est question plus haut, voulant expliquer l’origine du nom de Ratthapâla, raconte une histoire visiblement empruntée au commentaire en question. L’explication du nom du héros, qui est l’objet même du commentateur, ne sort pas lumineuse de ce récit. Mais nous y recueillons des détails intéressants sur la manière d’expliquer l’élévation du héros au rang des dieux. Si l’on trouve que ce commentaire ne cadre pas avec le texte de l’Apadâna autant qu’on s’y serait attendu, il ne faut pas oublier que les traditions varient et que, en pareille matière surtout, l’imagination peut se donner libre carrière.

Voici comment s’exprime le commentaire du Ratthapâla-suttanta :

Lorsque parut Padumuttara, il y avait àHamsavatî deux propriétaires croyants, rassérénés, généreux envers les misérables, les passants, les mendiants, etc. Alors cinq cents ascètes habitant la montagne arrivèrent à llamsavati ; les deux (propriétaires) partagèrent la troupe en deux pour lui donner leurs soins. Après un séjour de quelque temps, les ascètes s’en allèrent. Deux des plus vieux de la Confrérie restèrent; et, tant qu’ils vécurent, les propriétaires en prirent soin. Quand les ascètes avaient mangé et manifestaient leur gra titude, l’un exaltait la demeure de Çakra, l’autre celle du roi des Nâgas qui possède la terre. L’un des propriétaires, ayant porté ses aspirations vers la demeure de Çakra, devint Çakra en naissant, l’autre eut, dans la demeure des Nâgas, le nom de Pàlitanâgaràja. Çakra, voyant celui-ci venu pour le servir, lui dit : Te plais-tu dans la matrice des Nâgas ? — Je ne m’y plais pas répondit l'autre. — Eh bien ! fais des dons au bienheureux Padumuttara et, dans cet instant même, adresse-lui une demande : nous habiterons heureux ensemble.

Le roi des Nâgas invita le maître et, pendant sept ou huit jours, fit de grandes largesses à Bhagavat entouré de la troupe de cent mille Bhixus. Voyant un Çramanera, le fils de Padumuttara aux dix forces appelé Uparevana, le septième jour, après avoir donné des vêtements divins à la Confrérie des Bhixus qui avait le Buddha à sa tête, il demanda la condition ultérieure du Çramanera. Bhagavat envisageant l’avenir, dit : Il sera le jeune Râhula, fils du parfait Buddha nommé Gautaraa. C’est ainsi que se réalisera ce que tu as demandé.

Le roi des Nâgas rapporta le fait à Çakra. Çakra, ayant entendu ses paroles, fit à son tour des dons pendant sept jours, reprit d’une main ferme le royaume divisé, et, voyant le fils de famille appelé Ratthapâla initié à cause de sa foi, fit ce vœu :

Puissé-je dans le monde à venir, un bon Buddha tel que toi étant apparu, être capable de reprendre d’une main ferme, de protéger le royaume divisé, étant (moi-même) né dans une grande famille, comme ce fils de famille initié à cause de sa foi, qui s’appelle Ratthapâla.

Le maître, sachant que ce souhait serait réalisé, prononça cette stance :

Lorsqu’il rejettera les quatre castes avec la royauté et y renoncera complètement, — alors celui-ci naîtra dans une (grande) famille sous le nom de Ratthapâla.

AVADÂNA- GATAKA IX, 10, (90)

III. L’histoire de Râstrapâla, racontée en tibétain dans le Kandjour (Dul-va II, f° 214 et suivants), correspond au récit de l’Avadâna-çataka, mais sans coïncider. Elle se rapproche davantage du Suttanta pâli et nous donne le moyen de faire quelques rectifications. Le pays du héros y est appelé Baii-mdzod-stug -po~can , ce qui est la traduction exacte de Sthûlakoxthaka-, il est dit de plus que le Buddha, en arrivant dans ce pays, venait de celui de Sgra-han, a voix mauvaise. » Sgra~iian est visiblement un synonyme de Sgra-mi-snan, « voix non agréable, » que les Dictionnaires tibétains signalent, en effet, comme nom de pays, mais qui, dans l’Avadâna-eat. est le nom du roi de Sthûlakosthaka. Le compilateur de notre recueil aurait donc pris un nom de lieu pour un nom d'homme? La méprise, après tout, ne serait pas étonnante. Kuru (dont Koravya et Kauravya ne sont que des dérivés) étant, comme bien d’autres vocables, nom d’homme et nom de lieu en même temps. Quant au roi de Stûlakosthaka, que notre texte sanskrit appelle Koravya, le Dul-va en parle aussi bien que le Suttanta pâli ; il transcrit ce nom sous la îovme Ko -U- rab -b y a. Toutefois ni le Dulva, ni le Suttanta pâli n’attribue une naissance royale à Râstrapâla que le Dulva qualifie « fils de maître de maison » et le Pâli « fils de famille ». Il faut cependant reconnaître que l’Apadâna pâli semble favorable à la donnée de cette naissance royale qui est, du reste, comme indiquée par le nom même du héros. On dirait que la tradition a varié sur ce point, et que les textes du Nord et ceux du Sud ne s’accordent pas respectivement entre eux.

NOMS

Bhadrika (9) Çobhita (7)

Hiranyapàni (^) Kapphina (S)

Ràslrapàla (10)

Samudra (I) Sum.aQà (5) Tripita (4)

Upapâduka (7) Yaçomitia (.7',

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