‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 17 sur 167 · X. — Plan et caractère de la présente traduction · texte numérisé non relu

X. — Plan et caractère de la présente traduction

Le manuscrit de V Avadâna-Çataha. — Elle a été faite sur le Ms. sanskrit, D. 122, de la Bibliothèque nationale, un des 64 Mss. sanskrits copiés au Népal par les soins de M. Brian Houghton Hodgson et envoyés par lui à la Société asiatique de Paris en 1837. Il existe deux autres Mss. du même ouvrage, également dus à M. Hodgson, l’un à Calcutta, dans la Bibliothèque de la Société asiatique du Bengale, l’autre à Londres, dans la Bibliothèque de rindia Office. Depuis, il en est arrivé en Europe deux autres, qui ont enrichi la Bibliothèque de l’Université de Cambridge, par les soins de M. Daniel Wright en 1873 et 1876 h L’un deux, le n“ 1386, copié pour le collectionneur, est récent, l’autre n“ 161 1, datant de 1645, peut être considéré comme ancien.

‘ Ils font pai-tie d’u.ie collection considérable de Mss. du Népal dont les premiers sont entrés à ladite Bibliolhé'jue, en février 18*3, les derniers en mai 1870.

INTRODUCTION

Le Ms. que j’ai eu à ma disposition est d’uiie bonne, je puis même dire, belle écriture Devanàgari, par conséquent, très facile à lire; mais il est très incorrect. Les snbsfitutions de lettres, les lacunes de lettres, de mots, et quelquefois de phrases, sont nombreuses. 11 y a même tout un récit qui a disparu. Ces fautes ne sont pas toutes imputables au copiste du Ms. ; la plupart se trouvaient déjà dans la copie sur laquelle il a fait la sienne. Pour apprécier la nature de ces fautes, il aurait fallu comparer notre Ms. avec les autres : ce que je n’ai pu faire. Le Ms. de Calcutta ne m’était pas accessible ; et j’ai connu trop tard l’existence de celui de Londres. J’ai bien vu à Cambridge, en 1879, les deux Mss. de M. D. Wright, ce qui m’a permis de faire quelques constatations; mais le temps m’a manqué pour faire une collation exacte et complète. Je puis donc dire que j’ai été réduit à l’emploi d’un seul Ms., celui de notre Bibliothèque nationale.

La traduction tibétaine. — Heureusement, j’ai trouvé, dans la traduction tibétaine du Kandjour qui est à la même Bibliothèque, un secours précieux. J’ai pu, g'râce à elle, soit combler des lacunes, soit résoudre des difficultés, soit obtenir un peu de lumière sur des passages obscurs, soit constater l’impossibilité d’arriver à un résultat satisfaisant. J’ai en même temps noté les différences peu nombreuses, du reste, et peu imporlantes, qui existent entre le texte du Ms. et celui du Kandjour et, par conséquent, celui sur lequel la traduction tibétaine a été faite.

Les redites du texte. — J’ai naturellement cherché à rendre le texte sanskrit avec la plus grande fidélité possible, sans rien omettre ni rien ajouter. Toutefois, pour éviter des répétitions fastidieuses, j’ai traduit à part et mis en tête du recueil la traduction d’un certain nombre de développements qui reviennent souvent dans des termes identiques, en leur donnant un numéro et un intitulé répétés, chaque fois que ces développements se présentent dans les récits, à la place où ils se trouvent. Malgré cela, il reste encore beaucoup de répétitions. Il n’était guère possible de traduire une fois pour ioniQS, chacune des phrases que le texte répète; et j’ai oublié quelques-unes de celles qui auraient pu figurer parmi les traductions séparées. En général, je me suis résigné à les répéter; quelquefois cependant je les ai abrégées par un etc., qui, je l’espère, ne gênera pas le lecteur ou par un renvoi aux pages où elles ont été reproduites dans leur entier.

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Chaque décade est précédée, dans le texte sanscrit et la traduction tibétaine, d’un « Uddâna » — qui, dans les textes méridionaux, vient à la fin au lieu de venir en tête du chapitre, — sim[)le liste de titres des récits composant la décade, augmentée quelquefois d’un intitulé général. Je ne donne pas la traductien de ces Uddânas ; mais je signale les particularités qu’ils peuvent présenter et les variantes de titres qui s’y rencontrent ; car les récits de tous ces recueils ont souvent plusieurs titres, et il n’est pas rare de voir celui qui est donné à tel ou tel récit remplacé par un autre dans l’ Uddâna final ou initial.

Je pense que cette lacune n’est pas grave et qu’elle est remplie avantageusement parles « Préambules ».

Prêarnhides el Résupiés. — J’ai mis, en tête de chaque décade, un petit préambule dans lequel j’ai résumé les données principales des récits qu’elle contient et cherché à en déterminer le caractère; j’ai de plus ajouté, à la suite, une liste alphabétique des héros des récits avec la mention des principaux traits qui les distinguent. Les récits portent tous deux numéros : celui qu’ils ont dans leurs décades respectives (de 1 à 10) et celui qu’ils ont dans l’ensemble de la collection (de 1 à 100).

Notes.. — Les notes mises au bas des pages ont généralement trait aux difficultés d’interprétation. En revoyant mon travail, au cours de l’impression, j’en ai supprimé quelques-unes, mais j’ai cru ne pouvoir me dispenser d’en ajouter quelques autres. J’ai fait mon possible pour n’en mettre ni trop ni trop pou ; je ne sais si j’ai réussi.

Rapprochements el remarques. — Los remarques et les rapprochements auxquels les récits peuvent donner lieu ont été placés à la suite de chacun d’eux sous ce titre : Rapprochements et remarques . — J’ai dii nécessairement restreindre cette partie qui aurait pu grossir démesurément le volume. La partie principale de ces « Rapprochements et remarques » est l’analyse assez étendue, je n’ose dire complète, des récits correspondants des recueils congénères. Pour ceux du Kalpa-dr.-av., du Ratna-av. et du Dvâviinçati-av., j’ai fait mes analyses sur les Mss. de la Bibliothèque (Sk. D. 12A, 104, 1 18) qui sont aussi d’une très bonne main et que j’ai copiés pour mou usage aussi bien quGl’Avadâna -Çataka. Pour l’Acoka-avadana-malâ, n’ayant malheureusement pas profité du Ms. qui était à ma portée, j’ai simplement recueilli les indica-

INTRODUCTION

tiens données par M. Bendall ; et encore, faute d’avoir noté à temps ces rapprochements, j’ai dû les rejeter à la fin de la traduction dans im Appendice

Aces rapprochements, qui s’imposaient, j’en ai ajouté d’autres, moins ndispensahles, et auxquels je n’avais pas pensé tout d’abord, puisés dans le Tipitaka pâli. J’ai donné l’analyse ou la traduction de plusieurs textes empruntés tant à l’Apadâna qu’au Petavatthu et au Dhammapada. Regrettant de n’avoir pas donné plus d’ampleur à ces Rapprochements qui, cependant, doivent avoir une limite, j’ai ajouté, dans l’Appendice dont je parlais tout à l’heure, la traduction d’un texte du Divya-Avadâna et d’un récit du Karma-çataka, pour que ces importantes compilations soient représentées au moins par un spécimen dans le présent recueil d’Avadânas.

En dehors de ces deux éléments, les « Rapprochements et remarques » contiennent peu de chose. Ce n’est pas qu’il n’eût été possible d’y mettre en abondance des observations et des discussions de toute nature ; mais cela eût été en dehors du plan que je m’étais tracé, €t, d’ailleurs, il fallait se borner.

Trois index — Pour compléter ce volume par des Tables qui rendent la lecture plus agréable ou les recherches plus faciles, j’ai ajouté : 1“ un Index des Noms propres, dans lequel chaque nom est accompagné d’une notice qui résume ou doit résumer tout ce qui se rapporte à ce nom; — 2“ un Index des Mots sanskrits, oû j’ai tâché de compléter quelquefois les renseignements fournis parla traduction; 3“ un Index français, un peu sommaire, mais qui a seulement pour objet de mettre en lumière les points les plus dignes d’attirer l’attention.

Esprit du livre. NeiUrcdité. — Je finirai cette introduction par une remarque sur les signes des temps. Ce volume paraît dans un moment oû règne une sorte de propagande bouddhique, oû le Bouddhisme jouit d’une espèce de faveur. Je crois devoir déclarer que je ne suis point Bouddhiste; je ne le suis à aucun degré, ni Bhixu, ni Upasâka ; je ne le suis d’aucune manière, ni à l’asiatique ni à l’européenne; et mes regrets du retard que l’apparition de ce volume à subi seraient augmentés si l’on pouvait croire qu’il est destiné à servir la propagande bouddhique. Ce que j’ai dit dans la Préface suffit à démontrer qu’il n’en est rien, puisque mon travail est fait depuis plus de dix ans ; et je n’entends nullement lui donneiTe caractère qu’on pourrait supposer. D’ailleurs on me permettra de dire que je ne prends pas le Bouddhisme européen et

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surtout le Bouddhisme parisien au sérieux. Je suis donc absolument étranger aumouvement bouddhiste, si « mouvement bouddhiste » il y a. Je ne fais pas ici autre chose que de livrer au public des documents, et mon unique souci est de les lui communiquer avec la plus grande fidélité et la plus grande sincérité possible. Car, si je ne seconde pas le « mouvement bouddhiste », je ne le combats pas non plus; je suis à coté, et en dehors. J’ai pu commettre des erreurs, je n’ai fias, en plus d’une circonstance, dissimulé mes incertitudes; mais je ne crains pas d’affirmer qu’on no trouvera point, dans ce volume, un seul mot qui puisse être considéré comme appartenant à un plaidoyer pour ou contre le Bouddhisme, et qui aille à l’encontre de l’impartialité recommandée par le précepte inscrit au frontispice de ce volume :

Examiner toutes choses, retenir ce qui est bon.

AVADÀNA-GATAKA

LES GENÏ LÉGENDES

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