‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 16 sur 167 · IX. — Les Avadânas du Sud · texte numérisé non relu

IX. — Les Avadânas du Sud

Apadâna. — Le terme Avadàna n’existe pas en pâli ; il est remplacé par ApadànaqyàïCesX, en réalité, qu’une autre forme du même mot. Or, il y a un ouvrage en vers, et un gros ouvrage, qui porte précisément ce titre. Il constitue, dans la division Sùtra, la XIIL section du Khuddhaka-nikâya, et se dédouble en deux parties égales, une de 55 chapitres, pour les hommes, comprenant environ 550 textes relatifs à autant de personnages masculins, l’autre de 4 chapitres pour les femmes, comprenant 40 textes relatifs à autant de personnages féminins. Ces 600 textes, les uns très courts, les autres assez longs, sont tous faits sur le même plan. C’est le personnage lui-même qui raconte sa propre histoire dans l’ordre suivant : 1° l’hommage rendu par lui

IN J RODUCTION

à un ancien Bnddha ; 2° la prédiclion qui lui a été faite par ce Buddiia ; 3° les grands avantages qu’il a obtenus et l’accoinplissement de la prédiction depuis ce moment jusqu’au temps actuel. — La stance finale est la même pour tous ces textes ; car la conclusion ne varie pas, les héros étant tous des Arhats arrivés à la perfection. C’est sans doute à cause de cela que l’on a traduit B par «action héroïque, action glorieuse » et Bohtlingk,dans

son Dictionnaire sanskrit, donne ce même sens au mot Avadâna. Mais il s’en faut que les actes racontés dans les Avadânas sanskrits soient tous des actions héroïques; ces récits nous montrent à la fois le bien et le mal, la récompense de la vertu et la punition du vice. N’en est-il donc pas de même dans le Bouddhisme du Sud, et n’a-t-il que des actes méritoires à nous raconter ?

Peta et Vimâna. — Le Bouddhisme du Sud a aussi ses Avadânas du vice et du démérite ; seulement, il ne leur a pas donné ce nom d’Apadàna qu’il semble en effet réserver aux actions méritoires. Le Pela-vatthu, septième section du Khuddaka-nikâja, et qui compte 51 textes répartis dans cinq chapitres, est bien certainement un recueil d’ Avadânas dont les héros sont des héros du mal. Par contre, le Vimâna-vatthu qui le précède, étant la sixième section du Khuddaka-nikâya, est, en réalité, un autre recueil d’ Avadânas qui montre les bonnes actions récompensées par l’élévation au rang des dieux.

Avadânas épars. — Mais les trois ouvrages que nous venons de citer ne sont pas les seuls qui représentent la classe Avadâna. Dans les commentaires de tous les textes du Tipitaka, on trouve mêlés à des explications dogmatiques etgrammaticales un nombre plus ou moins grand de récits qui sont de véritables Avadânas. C’est par des extraits du commentaire du Tipitaka qu’on formera le recueil des Avadânas du Sud.

Forme des Avadânas du Sud. — Du reste, pour les ouvrages dont nous avons parlé précédemment, tels que le Peta-vatthu et le Jâtaka lui-même, c’est dans le commentaire qu’on trouve l’ Avadâna. Le Texte consiste en stances détachées qui, en général, ne se comprennent que si elles sont replacées dans le récit d’où elles ont été extraites; c’est le Commentaire qui nous fournit ce récit indispensable. Toutefois l’Apadâna fait exception; on a pu voir, par la description sommaire que nous en avons donnée, que les textes de ce recueil sont des récits suivis. Sans doute ils réclament souvent les éclaircissements d’un commentaire; cependant, ils se comprennent par'

ANNALES DU MUSEE GU IM ET

eux- mômes. Ou aura remarqué en même temps que leur ordoimaiice n’est pas du tout celle de nos Avadànas sanskrits; et il y a lieu de croire que le commentaire (qui nous manque et que nous ne connaissons pas) ne les en rapproche guère. Mallieureusement ils s'en éloignent encore par le fond autant que par la forme. Plusieurs textes de l’Apadâna ont même titre que certains de nos Avadànas et se rapportent visiblement aux mêmes personnages; or, les détails qui permettent d’établir ridentification sont rares, peu précis, peu concordants, quand ils ne font pas absolument défaut. Il en est autrement du Peta-vatthu. Ce n’est pas que l’accord des détails soit toujours frappant et que l’identité des personnages saute aux yeux ; la rédaction présente, en général, d’assez grandes divergences ; mais au moins le plan du récit est le même ; nous avons devant nous de véritables Avadànas. C’est, ce que le lecteur pourra constater d-’après les spécimens de l’Apadâna et les analyses du Peta-vatthu qu’il trouvera dans ce volume. Je regrette seulement de n’avoir pas donné la traduction intégrale d’un au moins des récits de ce dernier recueil.

Il me reste à fournir quelques explications sur la manière dont j’ai conçu et exécuté la présente traduction.

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