‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 26 sur 167 · MANIÈRE d’obtenir DES ENFANTS · texte numérisé non relu

MANIÈRE d’obtenir DES ENFANTS

Il ne naissait à N... 'ni fils, ni filles ; la joue appuyée sur sa main, il était plongé dans ses réflexions : Ma maison, pensait- il, se distingue par l’abondance de biens, et je n’ai ni fils ni filles. A ma mort, on dira : 11 n’y a point d’héritier pour tous ces biens, et ils seront mis à la disposition du roi. Les Çramanas, les Brahmanes, les devins, ses amis, ses parents, ses proches, lui dirent : Fais des invocations aux dieux, car c’est un bruit répandu dans le monde que par la prière on obtient qu’il naisse des fils et des filles. Mais il n’en est point ainsi; car, s’il en était ainsi, chacun aurait un millier de fils comme un roi Gakavartin.

C’est par le concours de trois conditions qu’il naît des fils et des filles ; quelles sont ces trois (conditions) ? Le père et la mère sont sous l’empire de la passion, et se rencontrent ; la mère, ayant ses mois, est prête à concevoir; un Gandharva se présente : voilà les trois circonstances par le concours desquelles il naît des fils et des filles.

* Ce développement revient huit fois avec quelques variantes qui seront indiquées. (Récits 3, 21, 24, 36, 49, 73, 83, 98.)

AV ADÀN A-ÇATAKA

Lui donc, se fiant à la parole des Gramanas, des Brahmanes, des devins, de ses amis, de ses parents, de ses proches, n’ayant pas de fils et désireux d’en avoir, invoqua Giva, Varuna, Kuvera, Gakra, Brahma et toutes les autres divinités supérieures; il invoqua aussi des divinités comme celles des jardins, des bois, les divinités des carrefours, celles des grandes places, les divinités qui ont droit au bali, les divinités nées avec lui, soumises à la même condition, liées à lui constamment. G’est ainsi qu’il était tout entier aux invocations.

Un être détaché de la collection des êtres entra dans le sein de la dame. Ginq conditions indépendantes existent en chaque individu féminin dont la nature est celle des savants ; il connaît l’homme passionné, il connaît l’homme exempt de passion, il connaît le temps, il connaît les menstrues, il connaît la descente du fœtus. Du moment où il connaît l’entrée du fœtus, il sait si ce sera un fils ou une fille; si c’est un fils, il repose sur le côté droit, si c’est une fille, il repose sur le côté gauche.

Transportée, ravie, elle en informe son seigneur : Bonheur! fils d’Arya, lui dit -elle, prospérité! je me trouve enceinte; comme le fœtus, en entrant dans mon sein, repose sur le côté droit, ce sera certainement un fils.

Lui, également ravi et transporté, redresse sa poitrine, étend le bras droit, et exprime son allégresse : Ce visage d’un fils, désiré depuis si longtemps, je le verrai donc; que ce soit un fils digne de moi, non un enfant dégénéré; qu’il remplisse ses devoirs envers moi, qu’il me rende par ses gains ce qu’il a reçu de moi, que ma famille se maintienne longtemps, et que, après notre mort, qu’il se soit écoulé peu de temps ou qu’il s’en soit écoulé beaucoup, ayant fait des dons et accompli des actions pures, il paye en notre nom les honoraires du sacrifice et s’applique à poursuivre ce double but partout où l’occasion se présentera.

Sachant donc qu’elle était enceinte, il la porte sur la terrasse de sa demeure, l’y surveille et la garde avec soin. Dans la saison froide, il lui donne des préservatifs contre le froid, dans la saison chaude des préservatifs contre le chaud; (il lui applique) des médicaments préparés, (lui fait servir) des aliments qui ne soient ni trop piquants, ni trop acides, ni trop salés, ni trop doux, ni d’une saveur trop forte, ni trop astringents. Ainsi nourrie avec des aliments sans saveur piquante, acide, salée, douce, forte, astringente, semblable à une Apsara qui, couverte d’ornements sur l’épaule et sur le corps, se promène

ANNALES DU MUSEE GÜIMET

clans le bois de Nandana, elle passait d’un lit sur un autre sans descendre à terre et l’on avait soin qu’aucun son désagréable n’arrivàt à ses oreilles.

Enfin son fœtus étant venu à maturité parfaite, après huit ou neuf mois, elle accoucha. Un fils naquit...

Page 1