‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 32 sur 167 · RIRE ET PRÉDICTION DU BUDDHA · texte numérisé non relu

RIRE ET PRÉDICTION DU BUDDHA

C’est une loi que, à l’instant où les bienheureux Buddhas font voir le sourire, des rayons bleus, jaunes, rouges, orangés, jaillissent de la bouche de Bhagavat. Les uns vont en bas, les autres en haut.

Les rayons qui vont en bas pénètrent dans les Narakas Sanjîva, Kâlasûtra, Sanghâta, Raurava, Mahâraurava, Tapana, Pratâpana, Avîci, Arbuda, Nirarbuda, Sa^ta, Hahava, Huhuva, Utpala, Padma, Mahâpadma. Alors dans les Narakas qui sont chauds, ils arrivent froids ; dans les Narakas qui sont froids, ils arrivent chauds. De cette manière, les êtres qui y sont (renfermés) éprouvent un changement dans leurs souffrances, et il leur vient une pensée qu’ils se communiquent en ces termes : Messieurs, serions- nous déchus d’ici, ou serions-nous nés ailleurs ?Mais pour produire en eux la foi, Bhagavat fait un signe. Ils voient ce signe et reprennent: Non, Messieurs, nous ne sommes pas déchus d’ici, nous ne sommes pas nés ailleurs. Seulement il y a un être tel, qu’on n’en avait pas encore vuj c’est par sa puissance que cette souffrance qui caractérisait notre (condition) est interrompue. Ceux-là donc, après avoir incliné leur esprit à croire à l’occasion de ce signe, et

après avoir épuiséjusqu’au bout les souffrances qui mettent fin à leur Karma, reprennent attache parmi les dieux ou les hommes (pour y renaître) et devenir des vases de vérité.

Les rayons qui vont en haut pénètrent jusque chez les dieux des Quatre grands rois, les dieux Trayastrimçat, Yâma, Tusita, Nirmânarati,Parinirmi-

1 Ce dévtloppemenl se trouve dans vingt récits, tous ceux de la première décade, deux de la deuxième et huit de la troisième.

A VADANA-GAÏAKA

tavaçavarti, Brahmakâyika, Bralimapurohita, Mahâbrahmâ, Parittûblia, Apramânâbba, Abhâsvara, Parittaçublià, Apramâiiaçubhâ, Çubbakritsiui, Anabhrakà, Piinyaprasavà, Vrbatphalâ, Avrlià, Atapa, Sudi'ça, Suclarçana, Akanistha, qui s’écrient : « La douleur n’est pas permanente; le moi, c’est le vide. » Et l’on prononce cette double gàthà :

Allons ! sortez ! Appliquez-vous à renseignement du Buddlia !

Anéantissez l’armée de la mort comme l’éléphant fait une cabane de roseaux !

Celui qui marchera sans négligence dans cette discipline de la loi,

se débarrassera du Samsara de la naissance et mettra fin à la douleur.

Après avoir parcouru ce grand millier de trois mille mondes les rayons reviennent à Bhagavat par derrière, toujours par derrière.

Si Bhagavat a le désir de révéler les actions passées, c’est par le dos de Bhagavat qu'ils disparaissent; si c’est sur l’avenir qu’il veut faire des révélations, c’est par devant qu'ils dispai'aissent ; s’il veut révéler une naissance dans leNaraka, c’est parla plante des pieds qu’ils rentrent ; s’il veut révéler une naissance parmi les animaux, ils rentrent par le talon ; s’il veut révéler une naissance parmi les Prêtas ils rentrent par le gros orteil; s’il veut révéler une naissance parmi les hommes, ils rentrent par le genju; s’il veut révéler la royauté d’un Bala-cakravartin, ils rentrent par la paume de la main gauche ; s’il veut révéler la royauté d’un Gakravartin, ils rentrent par la paume de la main droite ; s’il veut révéler une naissance parmi les dieux, ils disparaissent dans son nombril ; s’il veut annoncer la bodhi des Grâvakas, ils disparaissent dans sa bouche; si c’est celle des Pratyêkabuddhas qu’il veut annoncer, ils disparaissent dans son urnâ ; si c’est la Bodhi parfaite au-dessus de laquelle il n’y en a pas, ils disparaissent dans son usnisa (excroissance au sommet de la tête) L

Dans le cas dont il s’agit, les rayons rentrèrent par l’e.xcroissance du sommet de la tête^.

‘ J’ai déjà donué ce développement dans le tome V des Annales du Musée Guimet (p. 300-301); mais il élait impossible de ne pas le redonner ici. Ce qui suit est nouveau.

* Phrase qui se trouve aux récits 1 à 10 et 20 où il est prédit que le héros du récit sera un Buddha. — Dans les récits 17 et 22-30 où il est prédit que le héros sera un Pratyêkabuddha, le texte se traduit ainsi : dans le cas dont il s’agit les rayons rentrèrent dans l'Urna.

ANNALES DU MUSEE OUIMET

, Alors ràyusmat Ananda faisant l’anjali questionna Bhagavat ; Un faisceau de rayons de qualités variées, diversifié par mille nuances est sorti de la bouche (de Bhagavat) ; le inonde en a été éclairé dans toutes ses parties comme par le soleil levant. Et il prononça ces stances :

(Les Biulclhas) qui ont écarté la naissance, rejeté bien loin la tristesse et l’orgueil, ces Buddhas sont les premiers (êtres) du monde ;

Ce n’est pas sans cause que le sourire brillant comme les pétales d’un çaultba apparaît sur les lèvres des Jinas vainqueurs de l’ennemi.

Va donc par ton intelligence de Iktos au devant des ces auditeui’s qui désirent (entendre) le Çramana le prince des Jinas.

Dissipe le doute né dans leurs esprits par les paroles fermes, supérieures, vertueuses du premier des Munis.

Ce n’est pas par un caprice soudain que les parfaits Buddhas, les protecteurs fermes comme l’Océan ou le roi des monts, font voir le sourire :

Pourquoi font-ils voir le sourire eux si fermes?

Voilà ce que ces foules d’êtres désirent entendre.

Bhagavat répondit : Il en est ainsi, Ananda, il en est ainsi; ce n’est pas sans cause, ce n’est pas sans motif, Ananda, que les Tathâgatas, Achats, parfaits Buddhas font voir le sourire. Tu vois, Ananda :ce(ot( celto) N... j>ar cette racine de vertu, par la production de cette (bonne) pensée, par cet abandon conforme à la loi du sacrifice, après trois Asankhyeya-kalpas révolus, ayant conduit à sa perfection la Bodhi véritablement conduite à sa perfection, ayant accompli dans leur entier les six pàramitâs.dont une grande compassion fait acquérir la connaissance, sera le parfait Buddha N... h C’est par les dix forces, par les quatre habiletés, par les trois conditions indépendantes de la mémoire, par la grande compassion que s’est manifestée cette application delà loi au sacrifice qu’il (ou elle) vient de faire, et qui n’(est) (autre chose qu’) un mouvement de bonne pensée envers moi*.

‘ Les parties laissées en blanc varient suivant chaque ricil; ce sont [précisément ces parties qui seront reproduites dans les récits, le dévtloppement que u'.us mettons ici étant au contraire omis et représenté par quelques points.

* Dans les récits 17 et 22-30 où le Buddha prédit la Prat^êkabodhi, la formule est: parcelle racine de vertu, par cette production d'intelligence conforme à la loi du sacrifice, il {ou elle) n’ira pas pendant quinze kalpas dans la mauvaise voie. Après avoir goûté le bonheur des dieux et des hommes, il {ou elle) sera le Pratyêkabuddha N... Telle est la condition du sacrifice qu'il {ou elle) a fait, tel est le résultat de celte manifestation d'une bonne pensée envers moi.

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