IV. — ANIMAL
chef de troupeau fait passer le troupeau sur son corps dans un
])ressant danger.
se jette dans le feu pour nourrir son compagnon de solitude.
Lièvre
ermite,
CINQUIEME DECADE
PRÉAMBULE
La cinquième décade est relative aux Prêtas et à la punition de l’avarice, de l’égoïsme, de la jalousie. C’est véritablement un Prêta-vastu, un recueil d’histoires de Prêtas; et quelques-uns de ces récits, trois, à notre connaissance, peut-être davantage, se retrouvent, sous une forme un peu différente, dans le recueil pâli, beaucoup plus considérable, qui porte ce même titre (Péta-vatthu).
Les Prêtas sont mâles et femelles (Prêta-Prêti) ; quelquefois ils vont en troupe. Ils sont tous décrits de la même manière, le plus souvent avec certaines particularités individuelles. Leurs traits généraux et essentiels sont un ventre énorme, une bouche très petite, une faim insatiable et une soif inextinguible. Certains d’entre eux peuvent arriver à une sorte de divinisation et sont appelés Prêtamaharddhikas (ceux qui ont la grande puissance surnaturelle des Prêtas).
L’économie de la plupart des récits de cette décade est la suivante : Un disciple du Buddha, Maudgalyâyana ordinairement (1, 2, 3, k, 5), Nandaka (7) et Nâlada (9), chacun une fois va se promener chez les Prêtas, est témoin des souffrances d’un Prêta ou d’une Pretî, et lui en demande la cause. Le patient ou la patiente le renvoie à Bhagavat qui donne l’explication en racontant l’histoire du misérable.
Les femmes paraissent fournir un bon contingent à cette classe d’êtres ; il y en a six qui sont les héroïnes de nos textes : quatre maîtresses de maison (2, 3, 4, 9), une épouse de Çresthî, mère d’un Bhixu (0); une fille de Gresthi, devenue BhixuiUi (7); les hommes sont : un fils de brahmane (10); un marchand devenu Bhixu (8); un employé
Ann. g. — XIX
ANNALES DU MUSEE GUIMET
d'usine (1) ; un groupe de marchands (5). L'origine d’un groupe do Prêtas (10) n’est pas précisée.
Les actions punies sont ; le refus de donner l’aumône, accompagné d’injures (2, 5, 6); le refus de donner un peu d’eau à un Pratyékabuddha (3) ; l’acte de donner à un Pratyékabuddha de l’urine pour breuvage (1 ), des excréments pour nourriture (4) ; de blâmer les libéralités, de trouver à redire à tout, de se relâcher dans l’étude (7) ; d’avoir insulté par jalousie un Arhat qui recevait une hospitalité bienveillante (10) ; d’avoir fait avorter une femme par jalousie (9) ; pour plusieurs, les torts se compliquent de mensonge (0) ; de faux serments et d’imprécations contre soi-même (9), etc.
Le relèvement des Prêtas est indiqué pour quelques-uns seulement, par la l’enaissance chez les dieux Ti’ayastrimçat (5, 10); chez les Prétamaharddhikas (0, 7) ; par l’élévation au rang d’Arhat (10).
Le relèvement de deux héros de nos textes (2, 3), où il n’en est pas question, est indiqué dans les récits parallèles fournis par d’autres recueils.