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JOURS DE BONHEUR

Hortense ne se trompait pas clans ses appréhensions et ses craintes étaient bien fondées : comme elle l’avait dit, M. de Carre n’était pas homme à abandonner ses projets, tous les moyens lui étaient bons pour parvenir à ses . fins.

Mais pourquoi avait-il tout à coup rendu la liberté à sa pupille ? Voici : Melle de Roberval avait une tante à qui revenait de droit toute sa fortune si la jeune fille mourait avant sa majorité, donc Madame de St-Luc vivante, M. de Carre ne pouvait hériter d’ Hortense, étant parent plus éloigné, c’est pourquoi il convoitait la main de la jeune fille et aucune souffrance ne lui eut été épargnée, si son tuteur n’avait appris la mort de Madame de Saint-Luc au moment où il voulait employer la force pour conclure son union avec sa pupille. Dès lors, il changea de tactique, il n’était plus nécessaire d’user de violence et inutile d’attirer tous les regards sur sa conduite. M. de Carre résolut de laisser le temps s’écouler afin que chacun n’eut l’œil à ses affaires et l’occasion venue, il ferait disparaître le colonel. M. de Raincourt mort, Hortense ne survivrait pas à sa perte, et la fortune lui reviendrait sans que personne n’eut à redire sur son compte. Tels étaient ses nouveaux desseins ; mais pour plus de sûreté il attendait, ayant résolu de faire périr le colonel dans un combat afin d’éloigner tout soupçon.

Le temps passa donc sans aucun incident fâcheux pour Hortense, peu à peu ses craintes se dissipèrent,

elle finit par croire que son tuteur avait renoncé à ses prétensions, l’espérance entra de nouveau dans son cœur et des jours heureux s’écoulèrent pour elle dans la société de son fiancé qu’elle rencontrait chez son amie Géraldine, ne pouvant le voir chez son tuteur. M. de Carre en lui rendant sa liberté lui avait formellement annoncée qu’il ne lui permettrait jamais de recevoir dans sa maison M. de Baincourt qu’il détestait souverainement.

L’amitié qui avait jusqu’alors uni Melle de Boberval et Melle Aurieourt se resserrait de plus en plus : on les voyait souvent se promener ensemble dans le jardin du docteur, se racontant leurs joies, leurs espérances, et ces conversations agréables étaient d’ordinaire interrompues par la présence plus agréable encore de Bobert et du colonel, alors pour ces jeunes gens les heures fuyaient bien douces.

Le docteur Aurieourt les regardait souvent tous quatre si beaux, si jeunes et si heureux et parfois ses yeux se mouillaient de larmes en se fixant sur sa fille. Depuis quelques temps il paraissait préoccupé, inquiet. Le bonheur rend égoïste. Géraldine au milieu de sa félicité ne s’était pas aperçue de la tristesse de son père.

Combien ses jours étaient remplis maintenant! la présence de Bobert lui faisait tout oublier.

Le soir, ils se promenaient ensemble dans la campagne; comme elle s’appuyait avec ivresse sur son bras, comme elle était heureuse de le sentir près d’elle, ton à elle. Souvent il lui parlait de sa mère.

— Géraldine, lui disait-il, comme elle vous aimerait si elle vous connaissait, combien ma mère serait heuheuse de vous nommer sa fille et vous serait reconnaissante pour tout ce que je vous dois. Je ne puis dire assez jusqu’à quel point son ame est sensible et sages ses conseils. Souvent dans des moments de découragement, que d’extravagances n’aurais- je pas faites sr

je n’eusse sans cesse entendu ses douces paroles résonner à mon oreille, malgré la distance q ' nous séparait elle était toujours présente à ma pensée, je songeais quelle douleur elle aurait éprouvée si, un seul instant, son fils fut devenu indigne d’elle, et je n’aurais voulu pour tout au monde augmenter ses chagrins. Tous les hommes ont leur ambition. Géraldine, telle a été et telle est encore la mienne.

— - Elle est noble, reprit la jeune fille. Dieu exaucera vos vœux, vous reverrez votre mère. Que je suis heureuse d’être riche, c’est à présent que je puis apprécier la valeur de la fortune, sitôt après notre mariage nous voguerons vers la France, qui est le pays de vos désirs et des miens. Votre père ne pourra plus rien contre vous, vous êtes maintenant majeur, nous ferons tout pour retrouver votre sœur, et votre mère ne pleurera plus. Combien j’ai hâte de voir cette Alice qui autrefois faisait tous mes tourments. Je sens que je l’aimerai d’autant plus que j’ai eu des torts envers elle. Si mon père consentait à ce que nous nous mûrissions à présent, vos inquiétudes au sujet de votre famille se dissiperaient plus tôt. Je ne serai parfaitement heureuse que lorsqu’il n’y aura plus rien pour vous chagriner.

C’était dans de tels entretiens que pour eux s’écoulaient les heures.

Les deux fiancés avaient les mêmes goûts, les mêmes idées, les mêmes aspirations. Souvent lorsque l’un exprimait une pensée l’autre se réjouissait en reconnaissant qu’elle n’était que l’écho de la sienne. Le livre que préférait Kobert se trouvait toujours être le favori de Géraldine et le passage qui impressionnait le plus notre héroïne était encore le plus attachant pour le lieutenant.

Combien de Marville appréciait cette jeune fille timide qui, n’osant se faire connaître dans les réunions

mondaines, gardait pour ses intimes tout le charme de son esprit rehaussé par une brillante éducation. Dans son intérieur, la fille du médecin était si différente; là elle se départait de cette grande réserve dont elle ne pouvait se défaire à l’étranger; gaie, rieuse et franche elle émettait ses opinions si vives, si justes, ses réponses imprévues, ses saillies spirituelles qui rendaient les conversations de son salon si attrayantes; et l’on se rendait avec plaisir chez le docteur Auricourt, certain d’avance que l’on passerait une soirée charmante, en compagnie de ces hôtes de maison si parfaite. Pour Robert, qui faisait toujours partie de la société, il était plus sérieux que sa fiancée et sobre de paroles; mais il possédait cette grande qualité de ne jamais laisser les femmes indifférentes dans leur conversation, ce qui lui avait toujours attiré leurs bonnes grâces.

Le docteur murmurait parfois en voyant sa fille si confiante et heureuse :

■ — Rauvre enfant, pourrai- je, comme je l’avais toujours espéré, la laisser entourée du bien-être et du luxe qu’elle a connu jusqu’ici.

Des nouvelles arrivées dernièrement de France avaient jeté l’inquiétude dans l’esprit de M. Auricourt. Plusieurs compagnies industrielles, dans lesquelles il avait placé de# fortes sommes, étaient menacées de faillite. Il attendait avec impatience l’arrivée de chaque navire venant de la mère-patrie, devant lui apporter soit la nouvelle du succès, soit la confirmation de ses craintes et cette anxiété de chaque jour altérait sa santé.

Ce soir là, lorsque Géraldine alla comme d’habitude souhaiter le bonsoir à son père elle le trouva la tête appuyée dans ses mains plongé dans une méditation amère.

— Cher père, dit-elle, en entourant son cou de ses

deux bras, tu es triste, et moi ta fille ingrate, j’ai été heureuse ce soir.

— Sois heureuse, mon enfant, et je serai content, ce qui pourrait m’attrister serait de te voir perdre ta gaieté. Va maintenant te reposer et te bercer de songes joyeux, que j’ai eus comme toi à ton âgp.

Rassurée par ces paroles, la jeune fille embrassa son père et se retira pour continuer dans son sommeil les rêves de bonheur que l’on fait à vingt ans.

Le lendemain, Melle Auricourt demeura tout le jour auprès de son père; sa nature impressionnable lui reprochait de l’avoir négligé en ces derniers temps et elle voulait par mille attentions délicates se faire pardonner les torts qu’elle s’imaginait avoir envers lui. Le docteur comprenait parfaitement ce qui se passait dans le coeur de sa fille, l’attira à lui avec tendresse et lui dit :

— Chère enfant, je suis sûr que tu as cru que je t’en voulais d’aimer Robert comme tu le fais.

La jeune fille leva ses regards sur M. Auricourt surprise de voir qu’il avait deviné sa pensée.

— ^ ous ne croyez pas que je l’aime trop, n’est-ce pas, cher père, vous savez bien que, malgré ma négligence envers vous depuis quelque temps, l’amour que je porte à Robert ne pourra jamais diminuer mon affection pour vous. J’ai été si malheureuse lorsque je croyais n’être rien pour lui que le bonheur d’être aimée m’a rendue très étourdie. Il faut me le pardonner, cher père, je vous aime tant, aussi; mais depuis quelques semaines j’ai vécu comme dans un rêve, le bonheur m’étouffait.

Le docteur sourit, cet aveu le ramenait à ses vingt ans.

— Mon enfant chérie, je n’ai rien à te pardonner. Je trouve tout naturel que tu aimes Robert comme tu le fais et j’en suis très content. Ainsi tu serais heu-

reuse avec lui, même si tu n’avais aucune fortune, rien de ce luxe auquel tu as été habituée.

— Il m’est doux de savoir que vous êtes riche, mon père, parce qu’avec cet argent je pourrai lui procurer tout ce qu’il désire; mais, s’il fallait pour être à lui renoncer à tous les biens de la terre, je le ferais sans regrets et je me trouverais encore la plus heureuse femme du monde puisque je posséderais son amour.

Un éclair de joie passa dans le regard du docteur.

— Eh bien, mon enfant, aime-le toujours ainsi, il est digne de ton affection. Ma pauvre petite, tu as raison, il n’y a rien de réel ici bas que les sentiments du cœur, et avec une âme courageuse, telle que tu en possèdes une, tu pourras braver les caprices de la fortune si un jour venait où il me serait impossible de faire pour toi ce que j’ai toujours rêvé.

— Mon père, entre votre tendresse et la sienne, la vie me sera toujours douce, pour être parfaitement satisfaite je 11e demande rien de plus a Dieu. Si des revers de fortune vous atteignaient, Robert et moi sommes jeunes, nous sommes forts, avec notre courage, notre énergie nous parviendrions à vous entourer de tout le bien être possible.

.. Petite enthousiaste, dit-il en 1 embrassant, tu es

plus sage que moi de ne jamais douter de rien. Qu il est beau d’être jeune!

Ici, leur conversation fut interrompue par un coup de sonnette. On venait chercher le docteur pour un ouvrier qui s’était fracturé le bras. M. Auricourt se leva et se dirigea vers son bureau d’un pas plus alerte qu’avant son entretien avec sa fille et la tristesse qui assombrissait ses traits avait disparu pour faire place à un sentiment d’espérance.

Lorsqu’il eut quitté la maison, Géraldine sentit le besoin de respirer l’air frais de la campagne. Le temps était superbe elle fit seller son cheval et ayant re-

commandé au domestique de prévenir le docteur, à son retour, qu’elle serait absente quelques heures, elle lança sa monture au galop sans vouloir être accompagnée du valet.

Après avoir chevauché quelque temps, Melle Auricourt arrêta son cheval. Elle se trouvait au bas de la grande côte qui conduit à l’ Ancienne Lorette. Un splendide panorama se déroulait à sa vue.

Au fond du tableau s’élevait la chaine aux tons variés des Laurentides, dont les cimes bleuâtres se perdent dans 1 immensité du firmament, que les derniers rayons du soleil couchant semblait avoir changé en un ciel de feu; au pied des montagnes s’étendait une nappe de verdure éblouissante, que tranchait subitement, de ses eaux cristallines, un limpide ruisseau, où venaient se mirer les plantes croissant de. toutes parts, les grands peupliers et les saules pleureurs.

D’un côté des plaines fertiles, dont la jeune moisson plie la tête aux approches du soir, comme pour saluer le crépuscule qui s’avance; de l’autre, une forêt ombreuse ou, de temps en temps un oiseau sauvage vient s’abattre en agitant l’air de ses ailes.

Notre héroïne ressentait un bonheur réel à contempler ce tableau. L’âme de cette enfant avait de si grandes pensées qu’elle s’harmonisait avec toute? les sublimités, et les beautés de la création impressionnaient au plus haut point cette nature poétique. Elle savourait avec délices le plaisir de se voir entourée de ces chefs-d’oeuvres incomparables, qui, dans un langage mystique, proclament la souveraine puissance de 1 Eternel. Entre 1 ame de la jeune fille et les charmes mystérieux de. la nature, il y avait cette affinité de sentiments qui lui faisait comprendre les mille symphonies se répétant dans l’air. Chaque arbre secoué Par le vent, chaque branche s’agitant dans l’espace, chaque fleur ouvrant sa corolle parlait à son imagi-

nation ; c’était un suave langage qu’elle écoutait avec ivresse; et le babil du ruisseau, s’enfuyant dans la prairie, avait à son oreille une note perlée, limpide et profonde. Tout, jusqu’au chant lointain d’une petite cloche sonnant l’angelus, séduisait et cnarmait, à cette heure, notre héroïne. Ses regards ravis se portaient sur le tapis d’émeraudes étendu devant elle, où la brise emportait par rafales les parfums odorants des fougères, des sapins, des blés et des violettes, qu’elle portait sur son aile. Toute cette végétation, dans sa riche croissance, semblait, en s’agitant, apporter son contingent musical au concert général s’élevant du sol au ciel, se répétant d’écho en écho, pour venir s’éteindre, en un souffle harmonieux, au-delà des montagnes, exhalant leur dernière symphonie dans les têtes superbes et touffues des chênes séculaires dont la cime s’élève jusqu’aux nues.

Longtemps, longtemps, Géraldine demeura ensevelie dans sa contemplation, enfin un bruit de pas près d’elle la fit tressaillir. Elle retourna la tête, un vif incarnat couvrit ses joues.

— Ah, Robert, dit-elle, vous étiez là, je m’en doutais, car j’étais si heureuse.

La figure du lieutenant s’illumina. Les paroles de la jeune fille lui faisaient éprouver la sensation d’une douce caresse, il porta à ses lèvres la main de sa fiancée.

— Je vous cherchais, ma bien aimée, tout ce jour m’a paru long, il y a quelquefois en votre absence, des heures qui ne veulent plus s’écouler, je n’ai trouvé personne à la maison et je me suis dirigé de ce côté. Comme vous êtes venue loin, Géraldine!

— C’est vrai, je suis bien éloignée; et vous, vous êtes à pied tandis que je suis à cheval. Vous devez être bien fatigué. Je vais descendre afin que vous puissiez vous reposer ici. Cet endroit est charmant, nous nous assiérons tous deux sur cette roche immense, d’où

nous dominerons le superbe panorama qui nous entoure. Robert, tout à l’heure, ici, vous manquiez seul au tableau, maintenant je ne désire plus rien pour me sentir la plus heureuse des femmes.

Et elle le regarda avec ce sourire si doux, si fin, et si pénétrant qu’elle possédait et qui le dominait tout entier.

Comme je vous aime, murmura-t-il en prenant place à ses côtés, croyez-vous que je puisse ressentir quelque fatigue, lorsqu’il s’agit de vous revoir.

Les femmes sont fières que l’on éprouve des fatigues, des dangers pour elles; mais, Robert, c’est aussi leur devoir de les éloigner de ceux qu’elles chérissent, c est leur plus grand bonheur de leur épargner la moindre peine, de chasser de leurs fronts le plus petit nuage et il faut que leur tendresse sache toujours écarter d’eux les moindres soucis de la vie, ainsi nous allons nous reposer au pied de ce petit ruisseau, voyez comme les genêts qui le bordent et les nénuphars qui s’y baignent sont jolis.

— A oulez-vous que j en cueille quelques-uns pour vous.

— Oui, et je les presserai afin de les conserver en souvenir de ce beau soir.

H se pencha rapide, plongea sa main dans les ondes; mais lu retira soudain avec une légère, exclamation.

Qu avez-vous ? demanda-t-elle anxieuse.

La main du jeune homme était ensanglantée.

. — Ce n’e,st rien, répondit-il, un peu confus d’avoir laisser deviner la douleur que lui avait fait éprouver cette morsure. TTne écrevisse m’a pincé.

—Ah ! folle que j’étais de vous demander ces fleurs. Je n’y tiens plus. Laissez-moi étancher le sang qui coule de votre main.

Elle le ramena vers la pierre s’asseoir à ses côtés.

Comme je vous aime, Géraldine,

tandis que tremblante elle entourait la blessure de son mouchoir.

Comme vous voilà pâle, Géraldine, fit-il en l’attirant à lui, remettez-vous, ce n’est rien.

J’ai eu peur, Robert, ce malencontreux incident trouble la joie si intense que j’éprouvais tout à l’heure et je me sens inquiète comme s’il devait nous arriver quelque autre fâcheux événement.

\ ous êtes nerveuse, enfant, ne vous arrêtez pas à de semblables chimères.

-Je vous aime trop, Robert. Lorsque vous avez poussé cette exclamation de douleur, tout mon sang s’est porté vers mon cœur et, si vous ne m’eussiez rassurée de suite, je croîs que je me serais évanouie : Qu’il doit être immense le désespoir de la femme qui perd son fiancé, lorsqu’il existe entre eux cet échange de sentiments mutuels en quoi consiste le véritable bonheur ici-bas.

— Je vous crois, mon amie; mais j’aime beaucoup mieux penser que rien en ce jour ne nous sépare, que notre ciel est bien beau et que nous ne devons pas en voiler l’azur. Les mauvais jours sont passés pour nous, chérie, laissez-moi vous persuader que nous pouvons maintenant être heureux.

Ils demeurèrent longtemps assis sur cette pierre, sans penser à retourner à la maison. La nuit était venue brillante d’étoiles lumineuses, ils les contemplaient en silence, enivrés de, se sentir seuls dans ces vastes solitudes dont le calme poétique plaisait à leur imagination. Soudain le galop précipité d’un cheval vint rompre ce charme et, à la clarté vaporeuse de la lune ils reconnurent bientôt le palefrenier du docteur Auri court.

— On me cherche, dit Géraldine, en se levant.

Le domestique avait arrêté sa monture.

— Mademoiselle, Monsieur Auricourt m’envoie vers vous, il était inquiet de ne pas vous voir à la maison et je crois qu’il ne se sent pas bien ce soir.

La jeune fille pâlit.

— Mon Dieu. J’espère que ce n’est rien. Robert, vous allez monter le cheval de Jérôme, ainsi nous arriverons plus tôt.

M. de Marville aidait déjà la jeune fille à se mettre en selle. Le domestique était descendu de sa monture; profitant d’un moment où Géraldine tournait la tête, le lieutenant se pencha rapide vers le serviteur et murmura bien bas :

— Le docteur est-il mal ?

— Hélas ! je le crains, monsieur, liâtez-vous.

Robert était en selle.

— Venez, Géraldine, fit-il, cherchant à dominer ses craintes, dans quelques minutes nous pourrons rassurer votre père.

Tous deux partirent au galop, Jérôme poussa un soupir.

— Pourvu qu’ils arrivent à temps, murmura-t-il. Et il prit à pas rapide le chemin de la maison.

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