‹ Avant la conquête [microforme]Chapitre 13 sur 33 · HE · texte numérisé non relu

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meurtriers qui font couler tant de pleurs? Rassurezmoi vite, chéri, en m'envoyant de promptes nouvelles. Maintenant, j'ai la douce consolation de pouvoir ler recevoir, ces lettres qui me font tant de bien, et ma captivité est devenue peu de chose, puisque votre voix me parvient; mon tuteur est impuissant à voiler complète ment l’azur de mon ciel et je songe avec bonheur au jour qui doit nous réunir. |

“Félix, que d’ivresse dans cette vie à venir où plus

rien ne pourra nous séparer! Les heures toutes fleuries, en se succédant n’auront pas le pouvoir d’affaiblir la tendresse de nos sentiments, et notre amour sera toujours à son printemps. Parfois, je m’effraie d’un bonheur si complet, je me dis: L'homme peut-il ici-bas jouir d’une telle félicité? Mais n’ai-je pas, par plusieurs années de souffrances, un peu acheté cette joie ? “J’ai vu d’un seul Coup descendre dans la tombe les parents les plus affectueux ; le chagrin fût si terrible, la consolation ne peut-elle pas être immense? Dites-le moi, Félix, j’ai toujours besoin de vous entendre répéter qu’ensemble nous oublierons toutes les peines du passé.

“Ah! si vous pouviez, à cet instant, contempler avec moi ce ciel si pur, si serein qui couvre ma tête! Il ya dans la nature des bouffées odorantes qui montent du sol à ma fenêtre; les eaux du Saint-Laurent sont argentées des rayons de la lune sortant des nuages en un disque lumineux, Comme elles sont calmes res eau : profondes ? une barque légère les sillonne de SOL aviron. Où va-t-elle cette petite barque? se rapproche-t-elle de vous? Que je voudrais être emportée dans ce frêle esquif vers celui qui possède mon âme! Cette brise attiédie, qui passe en laissont dans l’air une odeur si suave, lui portera-t-+lle mes regrets? franchira-t-elle les vastes solitudes, les vallées et les montagnes qui nous séparent, pour murmurer à son oreille toutes les

mélodies qui montent dans mon cœur à la seule pensée de son retour? Si j'entendais soudain près de moi, le bruit désiré de vos Pas; combien cette nature serait mille fois plus belle! Comme il me tarde de vous revoir; combien le vide est immense en votre absence, qui semble avoir duré des siècles.”

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