HORTENSE
— Oui, chère Hortense, dit à haute voix le colonel, je trouverai bien le moyen de te revoir et de déjouer les plans de ce brutal de Carre.
— C’est cela, s’écria de Marville en posant sa main sur l'épaule de son ami, je m’en doutais, il n’y a que Mademoiselle de Roberval qui puisse vous captiver au point de ne pas voir entrer chez vous vos meilleurs amis.
— Robert, c’est vous!
Et le colonel, se levant, pressa fortement la main de son ami.
— Ainsi, vous étiez là à m’épier, pour vous moquer de mi ensuite; car je sais qu’un amoureux paraît bien ridicule à celui qui ne l’est pas. ;
— Daus tous les cas, Félix, ce n’est pas moi qui vous blâmerai.
— C’est vrai, votre cœur est libre, toutefois, je vous sais incapable de vous railler des sentiments de votre ami. Mais assez sur ce sujet; parlons de vous, Robert. Vous ne pouvez concevoir combien je suis heureux de vous revoir. Comment vous portez-vous ? parfaitement rétabli, n’est-ce pas? un peu pâle cependant. Le docteur Auricourt est un fameux médecin de vous avoir ramené de si loin. Je vous avouerai que nous avons longtemps craint Pour vos jours. Lorsque je suis allé chez le médecin avant de partir pour le fort Georges, je ne croyais pas vous revoir jamais à Montréal. J’envoyais à tous les diables la main inconnue qui vous a
66 AVANT LA CONQUÊrE
€ Comment vous fûtes attaqué ? — C’est très simple, je passais sur le chemin Sainte-
. Lorsque je revins à moi, j’é- | tais dans une jolie chambre, un ange priait à mon che- | vêt.
— Tiens, bliais de pa
En effet j’oudoit pas vous
» ON ne va pas à la guerre : Demeurer trois moi
aire impression sur un cœur de vingt et un ans. AIlons, ne rougissez pas ainsi, avouez plutôt.
Vous que j’avoue ?
Pas de mystère à votre ami, racontez moi bie Vous en êtes rendu.
bien, puisq effet j'ai
à Su m'inspirer, Vous donner cette conviction? On m’a dit que Melle Auricourt n'avait épargné aucune fati. &ue pour vous.
— Oui, tant que je fus aux portes du tombeau, elle
ne me quitta pas un seul instant, c'était un devoir que Par grandeur d’âme elle
se croyait obligée de remplir, Mais du moment qu’elle eut Ja certitude que j'étais
vaine, je ne la Ses manières
armes d’un amour ignoré. Cette froideur dont vous parlez peut être causée par la certitude où elle est de votre parfaite indifférence à son égard ? Mademoiselle Auricourt ne se serait pas montrée tout distante si elle n’avait eu aucun intérêt pour
vous, la jeune fille serait demeurée la même.
— Non, Félix, Géraldine ne pouvait ignorer que je laimais, car tout en moi trahissait mes sentiments quand je l’apercevais ; tout, jusqu’à la tristesse que je ne pouvais cacher lorsqu'elle me quittait. Made-
i urt n’est pas une de ce
ui prennent plaisir à c
—— N'importe, mon ami, cela ne peut me convaincre. Suivez mes Conseils, ne prenez Pas le malheur tant à
sûr, l'avenir Prouvera que jai
physique attrayant ne sont comptées pour
’elle met au-dessus de tout cela
Colonel, dit-il, le général Vous demande. :
— Je pars, répondit de Raincourt, Prenant son cha- Peau et son épée,
Robert s’approcha,
— Pas un mot de notre conversation au général. — Non, je saurai garde
T votre secret. Attendez mon retour ici, j’ai encore tant de choses à vous demander,
— Eh bien! hâtez-vous de revenir.
colonel fit un geste affirmatif et
ors.
— Il est heureux, murmura
Malgré ce que venait de Jui rait convaincu de son malheur.
s’élança au de-
Robert, il est aimé.
dire son ami, il demeu-