JEAN-ANTOINE DE BAIF
De son temps, Baïf fut un personnage. Bâtard légitimé d'un grand seigneur, Lazare de Baïf, ambassadeur de France à Venise, il étudia sous des maîtres illustres, et ne tarda pas à prendre rang parmi les poètes ses contemporains.
Dans la réforme générale, il a eu l'initiative de deux réformes partielles qui ont échoué, à savoir, l'introduction de la prosodie antique dans la poésie française et l'importation de comparatifs et de superlatifs latins. Cette dernière fantaisie lui attira ce sonnet ironique de du Bellay :
Bravime esprit, sur tous exccllentime, Qui méprisant de vanimes abois, As devancé d'une hautime voix Des savantieurs la troupe bruyantime,
De tes doux vers le style coulantime, Tant estimé par les doctieurs françoys, Justimement ordonne que tu soys Par ton savoir à tous révérendime.