BAI
Qui mieux que toi, gentillime poète
(Heur que chacun grandimement souhaite),
Façonne un vers doucimement naïf:
• Ah ! nul de toi hardieusement en France N'a pour chassé l'indoctime ignorance, Docte, doctieur et doctime Baïf !
Bien qu'il fût le poète le plus fécond de son siècle, il n'a guère réussi que dans les traductions. « Au milieu du fatras laborieux qu'il entassait, dit Sainte-Beuve, on rencontre parfois de charmants hasards et dignes d'une muse plus choisie. »
Nous regardons la traduction des Roses, ce chef-d'œuvre d' Ausone, comme l'un de ces « charmants hasards ». Le lecteur aura du reste l'agrément de comparer Baïf et Bonaventure des Périers.