‹ Avant MalherbeChapitre 129 sur 132 · L'HIVER DU SIEUR D'AUBICNE · texte numérisé non relu

L'HIVER DU SIEUR D'AUBICNE

Mes volages humeurs, plus stériles que belles. S'en vont ; et je leur dy : Vous sentez, irondelles, S'esloigner la chaleur et le froid arriver. Allez nicher ailleurs pour ne tascher, impures, Ma couche de babil et ma table d'ordures ;

Laissez dormir en paix la nuict de mon hiver. D'un seul poinct le soleil n'esloigne l'hémisphère ; Il jette moins d'ardeur, mais autant de lumière Je change sans regrets, lorsque je me repens Des frivoles amours et de leur artifice. J'ayme l'hiver qui vient purger mon cœur du vice. Comme de peste l'air, la terre de serpens.

Mon chef blanchit dessous les neiges entassées: Le soleil qui reluit les eschauffe, glac^ Mais ne les peut dissoudre au plus court de ces i Fondez, neiges; venez dessus mon cœur descendre, Qu'encores il ne puisse allumer de ma cendre Du brazier, comme il fit dçs flammes autrefois.

Voici moins de plaisirs, mais voici moins de peines. Le rossignol se taist, se taisent les sereines; Nous ne voyons cueillir ni les fruits ni les Heurs : L'espérance n'est plus bien souvent tromperez L'hiver jouît de tout. Bienheureuse vieillesse, La saison de l'usage, et non plus des labeurs !

FIN DU VOV

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