‹ Avant MalherbeChapitre 15 sur 132 · Confie ; du latin commendare · texte numérisé non relu

Confie ; du latin commendare

BALLADE (i)

Tant me prie (2) très doulcement Cellui qui moult bien le scet faire, Tant a plaisant contenement, Tant a beau corpz et doulz viaire, Tant est courtois et débonnaire, Tant oy de luy de granz bien dire.

Qu'a peine le puis escondire.

Il me dist si courtoisement, En grant doutance de meffaire, Comment il m'aime loïaument Et de dire ne se peult taire, Que néant seroit du retraire ; Et puis si doulcement souspire Qu'a peine le puis escondire.

Si suis en trop grant pensement Que je feray de ceste affaire, Car son plaisant gouvernement, Veuille ou non, amours me fait plaire.

Et si ne se veuil mie attraire, Mais mon cueur vers lui si fort tire Que je ne le puis escondire.

1. Christine nous avertit quelque part qu'il faut tenir -es vers d'amour

à esbatement,

Sans y gloser mauvaisement.

Cette ballade n'est donc qu'un jeu d'esprit et de sentiment. M. Géruzez le croit aussi, en accordant qu'il est délicat et ingénieux. Le fin critique va même jusqu'à trouver pièce d'un sentiment plus vrai que celles qu'où admire le plus dans Charles d'Orléans.

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