‹ Avant MalherbeChapitre 4 sur 132 · Tous · texte numérisé non relu

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4. Si énergiques que soient ces vers, je ne vais pas jusqu'à dire avec Michelet que Deschamps semble comprendre caracière titani jue et satani jue de la patrie de Byron. *> Histoire de France, t. IV, p. 322, en note.

Le même amour de la France lui inspirait des regrets touchants sur la mort du plus rude adversaire des Anglais, Bertrand du Guesclin :

Estoc d'oneur et arbre de vaillance.

Cuer de lyon, espris de hardement, La flour des preux et la gloire de France, Victorieux et hardi combattant, Sage en vos faicts et bien entreprenant,

Souverain homme de guerre, Vainqueur de gens et conquereur de terre, Le plus vaillant qui oncques fut en vie, Chascun pour vous doit noir vestir et querre(i) : Plourez, plourez, flour de chevalerie !

Est-ce un couplet de ballade qu'on vient de lire ou la strophe lyrique d'une ode envolée? Ce genre léger, la ballade, consacré à la galanterie par les troubadours, Deschamps, le premier, l'a détourné vers la haute poésie, et je comprends que le nom de Béranger, — du Béranger des Hirondelles, des Couplets sur Waterloo, du Chant du Cosaque, des Souvenirs du peuple, — soit venu sur les lèvres de Michelet, quand il a rencontré sur le chemin de l'histoire le noble Champenois.

Ce couplet n'est pas un accident dans l'œuvre du poète. La ballade qui a pour refrain : « Fay ce que doiz et aviengneque peut », et cette autre où l'honneur est mis à sa place : « Mielx vault honeur que honteuse richesce », présentent le même caractère de gravité et d'élévation.

Tel gracieux rondeau rappelle Thibaut de Champagne et annonce déjà Charles d'Orléans.

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