Cf. Virgile, Ire Eglogue
Mesmes alors, que ta fleuste champestre, Par trop chanter, lasse sentiras estre.
Puis tost après, sur le prochain bosquet, T'esveillera la pye en son caquet :
T'esveillera aussy la colombelle, Pour rechanter encores de plus belle.
Ainsi soingneux de mon bien me parloit Le bon Jannot, et il ne m'en chaloit(i) : Car soucy lors n'avois en mon couraige D'aulcun bestail, ne d'aulcun paturaige.
1. Chaloir, importer, soucier ; du latin calere, être chaud, et, de là, désirer. Pascal dira : «Que nous en chaut-il ? » — Ce vieux verbe est très usité, encore aujourd'hui, dans les Côtes-du-Nord.
Fils ou neveu du poète Octavien de Saint-Gelais (1), Mellin reçut plus d'instruction que Marot, son maître et son ami. Il était docte en tous arts, sciences et belles-lettres.
Tout ce savoir n'aboutit qu'à une multitude de petites pièces à l'imitation de Marot qu'il affadissait ou de Pétrarque qu'il délayait. Moins encore ; il se plaisait à faire des huitains, des dizains, des douzains, sur quoi? sur une paire de gants, un miroir, un livre d'Heures, un psautier, une poudre de toilette, un luth, une belette apprivoisée. On attachait ces pièces aux pattes d'oiseaux qu'on faisait voler parmi les dames.
Saint-Gelais avait une facilité singulière aux impromptus. On raconte qu'un jour François Ier apostrophant ainsi son cheval :
Joli, gentil petit cheval,
Bon à monter, bon à descendre,
I . Marot a dit de l'évêque d'Angoulême : Octavian rend Cognac éternel.
Saint-Gelais ajouta sur-le-champ :
Sans que tu sois un Bucéphal, Tu portes plus grand qu'Alexandre.
Dans l'épigramme, il n'a pas dégénéré de Marot.
Né en 149 1. à Angouléme, Mellirï mourut en 1558. Les médecins qui l'entouraient à son lit de mort paraissaient indécis : «Je vais, dit-il en souriant, vous tirer de peine ; » puis, détournant la tête, il rendit l'âme.