FRANÇOIS HABERT I
Ainsi fut, par un plus fin.
Mise à fin Du subtil renard la ruse.
Qui ne veut estreÉdéçu
A son sçu, D'un tel engin taut qu'il use.
LOUISE LABE 1525-1560
Louise Labé est célèbre sous le nom de la Belle Cordière. — Son père était marchand cordier à Lyon.
Son éducation fut très brillante. Non seulement tous les arts d'agrément, musique danse et broderie, lui étaient familiers, mais encore elle écrivait facilement en italien et en espagnol. Elle savait aussi le latin.
A seize ans, elle assista en habits guerriers au siège de Perpignan (1542) et porta les armes sous le nom du capitaine Loys :
Qui m'eust vu lors en armes fiere aller, Porter la lance et bois faire voler, De devoir faire en l'estour furieux, Piquer, volter le cheval glorieux, Pour Bradamante ou la haute Marphise, Sœur de Roger, il m'eust, possible, prise.
« Louise Labé a chanté l'amour avec tant d'ardeur qu'elle a laissé croire qu'elle en avait eu, dit M. Géruzez, tous les emportements et toutes les
LOUISE LABE II*
faiblesses. Les accusateurs ne lui ont pas manqué ; mais elle a trouvé aussi des champions qui ont égalé sa vertu à son talent. »
Quoi qu'il en soit, la Belle Cordière a son rang parmi les poètes (i).
SONNET
Tant que mes yeux pourront larmes répandre Pour l'heur passé avec toi regretter, Et que, pouvant aux soupirs résister, Pourra ma voix un peu se faire entendre :
Tant que ma main pourra les cordre tendre Du mignard lut, pour tes grâces chanter; Tant que l'esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre;
Je ne souhaite encorepoint mourir :
Mais quand mes yeux je sentiray tarir, Ma voix cassée et ma main impuissante,
i . Le xvi6 siècle offre tout un groupe distingué de femmespoètes. Nous croyons intéressant de donner ici un sonnet de
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Et mon esprit, en ce mortel séjour,
Ne pouvant plus montrer signe d'amante,
Priray la mort noircir mon plus cler jour.
l'une d'elles, Catherine des Roches, qui semble imité de Théocrite ; toutefois, l'imitation n'a pas détruit l'originalité :