‹ Avant MalherbeChapitre 84 sur 132 · A CASSANDRE · texte numérisé non relu

A CASSANDRE

Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait desclose Sa robe de pourpre au soleil A point perdu ceste vespree (i) Les plis de sa robe pourprée Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las ! las ! ses beautez laissé cheoir ! O vrayment marastre nature, Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre aage fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez vostre jeunesse ; Comme à ceste fleur la vieillesse Fera ternir vostre beauté (i).

i. Soirée; du latin vespera.

2. Ici comme dans les Roses de Bonaventure des Périers, et ailleurs dans Ronsard lui-même, il est inutile de flétrir le caractère épicurien, la note amollissante, de cette poésie, imitée d'Ausone, d'Horace ou d'Anacréon.

SONNET

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