SUR LA MORT DE MARIE
Comme on void sur la branche, au mois de may, la rose En sa belle jeunesse, en sa première fleur, Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, Quand l'aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose,
La grâce dans sa fueille et l'Amour se repose, Embasmant les jardins et les arbres d'odeur ; Mais, batue ou de pluye ou d'excessive ardeur, Languissante, elle meurt, fueille à fueille desclose(i).
Ainsi, en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçoy mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de laict, ce pannier "plein de fleurs, A fin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses.