‹ Avant MalherbeChapitre 87 sur 132 · SONNET POUR HELENE · texte numérisé non relu

SONNET POUR HELENE

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, devisant et filant, Direz, chantant mes vers et vous esmerveillant : Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle, Desja sous le labeur à demy sommeillant, Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant, Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et, fantosme sans os,

Par les ombres myrteux ( i ) je prendray mon repos :

Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

1. L'ombrage des myrtes ; ombre était, en ce temps-là, des deux genres.

Regrettant mon amour et vostre fier desdain. Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain : Cueillez des aujourd'huy les roses de la vie (i)

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