Erratis, nescientes Seripturas. » (Matth., xxnr
2. « Scrutamini Scripturas : — et illæ sunt quæ testimonium perhibent de me. » (Joan., v, 39.)
Br LUC, XXIV, 27; 92.
vous serez arrivés aux dernières pages, retournez aux premières, sans vous lasser jamais de parcourir les mêmes chemins de lumière. Ne vous contentez pas de lire, approfondissez.
Cherchez à bien comprendre les sens divers du livre divin, à déterminer clairement le sens littéral, à découvrir le sens spirituel, caché sous le sens littéral, à dégager le sens prophétique
souvent enveloppé de saintes obscurités.
Vous rencontrerez assurément des difficul tés. Aidez-vous, pour les résoudre, de la lecture et de l’étude des commentateurs. Noël Alexandre, dans son Jnstitutio concionatorum, nous en à donné une longue liste dans laquelle je relèverai, pour les différents livres de l’Ancien Testament, les noms d’Origène, de saint Basile, saint Grégoire de Nysse, saint Chrysostome, Théodoret, saint Grégoire le Grand, saint Ambroise, saint Augustin, saint Jérôme, saint Bernard, saint Bonaventure, parmi les anciens; parmi les moins anciens, Estius, Cornélius à Lapide, Ménochius, Bellarmin, Maldonat, Bonfrère, Ferrand, Jansénius de Gand, Bossuet. Pour le Nouveau Testament : les
Pères et les auteurs que je viens de citer, saint
39 AVANT LA PRÉDICATION Cyrille, le vénérable Bède, la Chaîne d’or de saint Thomas et ses Commentaires sur les Epi-
tres de saint Paul.
c’est un long et pénible travail, me direzvous. Vous pourrez l’abréger heureusement en étudiant les ouvrages et les commentaires des auteurs modernes qui, en s'appuyant sur l’autorité des anciens, ont su mettre à profit dans Pexplication de la Bible les progrès de la science et de la critique. Défiez-vous cependant de cette critique à outrance, souvent empruntée aux ennemis de la révélation, dont les exigences et les excès nous feraient douter de l’autorité des Livres saints, si l’Église ne nous rappelait qu'ils sont divinement inspirés.
Lire et comprendre, ce n’est pas assez; 1l faut apprendre, c’est-à-dire retenir de mémoire, sinon tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, au moins les passages importants qui servent de point d'appui à la science théologique et qui, plus tard, donneront à votre enseignement une divine autorité. Apprendre par cœur les Saintes Lettres, c'était la pratique de nos pères et des orateurs éminents qui ont illustré la chaire chrétienne.
Ils savaient fondre dans leurs discours le texte
sacré dont ils étaient remplis, et donner ainsi à leur parole cette incomparable grandeur qui
faisait dire aux auditeurs du Maitre divin :
« Jamais personne n’a parlé comme cet hommelà. » Enfin, puisque vous devez prècher surtout Jésus-Christ, son nom, sa doctrine, sa loi,
sa grâce, ses promesses, appliquez-vous plus
particulièrement, par la lecture, la méditation, l'exercice de la mémoire, aux livres les plus pleins de Jésus-Christ et des hautes maximes qui ont préparé l’esprit humain aux enseigne-
ments si nobles, si purs et si saints de la mo-
rale et de la perfection évangéliques : tels que
les Psaumes, les Livres sapientiaux, les Pro-
phètes, les Évangiles, les Épitres de saint Paul et autres écrits des Apôtres. |
L'Écriture est la source première où vous devez aller chercher la vérité divine: mais rappelez-vous que tout ce que nous devons croire et enseigner n’est pas clairement déter-
miné dans les Livres saints. C'est par le canal
de la Tradition que les Apôtres et les premiers disciples ont écoulé toute la doctrine céleste
qu'ils étaient chargés de répandre dans le
monde. Les Pères et les Docteurs ne sont pas seulement les commentateurs de la parole écrite ; ils sont les échos du témoignage apostolique qui, par eux, s’est transmis d’une génération chrétienne à une autre génération. Il est donc important de connaître leurs épitres, leurs apologies, leurs traités, leurs catéchèses, leurs réfutations des hérésies. On y peut suivre le développement des vérités révélées qui ne sont indiquées que d’une manière obscure.
dans les Saintes Lettres, et par conséquent l’histoire des dogmes.
Mais n'oubliez pas, je vous prie, que le souverain contrôle du sens de l’Écriture et des enseignements de la Tradition appartient à l’Église. En définitive, c’est elle qu'il faut écouter ; c’est par elle qu’on doit se laisser conduire. Son autorité s'impose divinement, et tout esprit chrétien doit être heureux qu'il en soit ainsi, puisqu'en écoutant son enseignement c’est Dieu qu’il écoute. Étudiez done ses conciles, sa législation, sa liturgie, les lettres et les décrets de ses chefs suprèmes, le grand et admirable Catéchisme dont elle a dirigé la composition et approuvé la publication pour
servir de règle à la parole des prédicateurs. Ne vous contentez pas de respecter ses définitions et ses commandements, mais faites-vous un devoir de suivre ses conseils et d’embrasser les opinions vers lesquelles penche son assentiment. Gardez-vous de cet esprit d’indépendance qui croit pouvoir ne pas sortir des termes d’une rigoureuse orthodoxie en faisant le partage des vérités que l’Église enseigne et en traitant légèrement celles qui n’ont pas encore été proposées, par une définition solennelle, à la croyance du monde chrétien. Sans doute, toutes les opinions de ceux qui enseignent dans l’Église ne sont pas la doctrine de l’Église, et nous avons le droit de les contrôler; mais 1l y a des vérités sur lesquelles l’autorité suprême a exprimé à plusieurs reprises, et si clairement, son sentiment qu'il est impossible de n’en pas tenir compte, sans blesser profon dément le sens chrétien; combien plus l’esprit apostolique! Ne serait-ce pas triste et honteux de vous entendre dire, comme certains catholiques, et même certains prêtres, trop amis de la liberté d’opiner, que l’Église est en retard sur le mouvement de la jeune
humanité, qu’elle s'attache trop obstinément à des théories surannées, et le reste ? J'espère
bien qu’il n’en sera pas ainsi et que, les yeux
toujours fixés sur la divine maitresse des
âmes, vous prendrez, pour règle de vos études et de vos travaux, cette devise : « Penser avec et comme l'Église : Sentire cum Ecclesia. »
Abreuvés aux sources de la vérité divine,
vous pourrez user sûrement et fructueuse- ment des procédés de la science sacrée pour féconder les dogmes, élucider les mystères et
faire ressortir la divine beauté des vérités de foi ; en un mot, vous pourrez faire de la théologie. Les maitres ne vous manqueront pas; écoutez religieusement leurs leçons. Ils n’ont pas la prétention de tout vous apprendre, mais bien de remplir, auprès de vos jeunes intelligences, l'office d’initiateurs. Ne vous
imaginez pas que vos études soient terminées
quand vous aurez épuisé la série des traités dont se composent les théologies rudimenaires ; vous ne faites que commencer.
: Si vous deviez suivre la carrière de l'enseignement théologique, je vous conseillerais
une étude comparative des œuvres de ceux qui
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se sont illustrés dans la science sacrée. Mais puisque vous vous destinez au ministère de la parole, attachez-vous, et pour toute votre vie, à quelque grand théologien. C'est le meilleur moyen de concentrer vos forces oratoires, et de faire converger les rayons d’une grande
lumière sur les sujets que vous aurez à traiter
dans la chaire chrétienne.
Entre tous les théologiens, il en est un qu'on peut appeler le prince de la science sacrée. Il a consacré à l’étude constante des vérités divines les admirables facultés dont Dieu l’avait doué : une vaste et fidèle mémoire, qui retenait pour toujours ce qu'il avait lu une fois, une extraordinaire puissance de réflexion, un esprit prompt à concevoir, fertile en profondes et sublimes pensées, un
amour du travail qui lui faisait souvent sacrifier le repos de ses nuits à la méditation des grands problèmes dont il poursuivait la solution. Il s’est abreuvé à toutes les sources et, à heure où, accablé par un labeur sans merci, il mourait d’épuisement sur des chefs-d’œuvre,
il pouvait dire avec le Sage : « Mon esprit est | me
» Aussi, PR.
Ja sagesse et la raison des chosesi, est-il devenu après sa mort une véritable sou- … veraineté. Les maîtres de l'esprit humain ont 4
immense crédit dont il a joul pendant sa Vie À
commenté sa doctrine, comme les Pères et les à Docteurs ont commenté les Saints Livres. Dans ; ; = le plus célèbre des conciles, sa Somme théolo- : gique a été ouverte sur un même trône, à côté de 2 la Bible. L Église, par la bouche des Souverains . Pontifes, a appelé sa doctrine sûre, véridique, | : éminente entre toutes, miraculeuse, divine ; « naguère le Pape Léon XII disait à l'univers catholique : « Le Docteur Angélique remplit 4 = terre de la splendeur de son enseignement. La. raison, portée sur ses ailes, ne peut guère mon- ter plus haut, et la foi peut à peine espérer de la raison des secours plus nombreux et plus | puissants que ceux qu ‘elle tient Thomas 1 | d'Aquin? » | La théologie de saint Thomas est aujour-. 1
1. «Lustravi universa animo meo, ut scirem et consi- S derarem et quærerem sapientiam et rationem. » (Boce®s “ Ven, 06.) | HITS
9, Encyclic. Æterni Patris. Li NRA
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d’hui en pleine reviviscence. Lisez et étudiez ses œuvres et aidez-vous dans cette étude des commentateurs les plus autorisés. Passez rapidement sur les questions subtiles qu'il est bon de connaître, et appliquez-vous de préférence à ce que j'appellerai les matières prédicables. Quand vous devrez traiter un sujet, cherchez : dans la Somme et dans les opuscules tout ce e ‘ qui s’y rapporte. Il y a telles questions et tels — articles qui peuvent fournir des plans féconds de stations et de sermons. Que dis-je? On rencontre souvent dans le corps d’un article ou dans une réponse aux objections des sentences profondes sur lesquelles un esprit réfléchi : peut édifier tout un discours. ESS Bref, si vous voulez devenir de bons prédicateurs, soyez de bons théologiens, vous y gagnerez non seulement l'élévation des pensées, la solidité des raisonnements, la sûreté de la doctrine, mais encore cette parfaite exac- titude de langage qui vous permettra, même dans les plus grands entraînements de l’éloquence, de ne jamais trahir la vérité, comme cela arrive malheureusement à plus d’un orateur sacré.
| qui était de ses amis, alla a moins se x pour se rendre compte Fe sa doctrine que pour 720
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