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Cinquième concile de Latran

physique, d’injustes réquisitions pour saper la base même de nos dogmes, elle démontre l’inanité des arguments qu'on invoque contre les preuves authentiques et évidentes du fait de l'intervention visible et manifeste de Dieu dans la vie religieuse de l'humanité; si l’incrédulité, vaincue sur le terrain des faits, en appelle aux idées, et proteste contre la parole de Dieu au nom des absurdités qu’elle prétend découvrir dans les principes mêmes de la foi, la théologie, tout en refusant une démonstration directe de ces principes qu’elle ne doit à personne, met l’incrédulité au défi de trou-

ver le oui etle non dans les formules des mys-

tères, et de nous montrer une proposition de foi qui nie clairement et précisément ce qu’affirment les vérités naturelles, qu’elles soient secondaires, contingentes et dépendantes d’un ordre spécifiquemeut déterminé par Dieu, ou primitives, éternelles et nécessaires.

Non seulement la science sacrée corrige les sciences subalternes, elle les gouverne : c’està-dire, elle les fait monter jusqu'aux plus hauts principes et les dirige vers la fin suprême de

toute science. — Au philosophe qui arrive

ne De AYANT LA PRÉDICATION

|laborieusement à la connaissance de Dieu, de - :

sa providence et de ses perfections, qui ne voit

dans l’âme humaine qu’une substance simple,

: intelligente et libre, qui, instruit par la cadu- :

cité des biens terrestres, place le bonheur au delà de ce monde, la science sacrée montre comment Dieu vit dans l’intimité de son essence, commentilest Père; comment sans multiplier sa nature il engendre une personne, vivante : image parfaite de sa substance, son Fils éter- nel; comment du Père et du Fils procède Pamour vivant, un esprit qui achève les mystérieuses évolutions de la vie divine: elle

révèle la vie supérieure dont l’âme humaine

est inondée par la grâce qui l’unit à Dieu et

communique à ses facultés et à ses œuvres une dignité en quelque sorte infinie; elle ouvre

: le ciel, où le bonheur est dans l’essence divine, bueà longs traits par l’homme glorifié. — À l'historien qui contemple la succession des âges, des sociétés et des empires, et y décou- vre vaguement la conduite de Dieu sur les destinées de l'humanité, la science sacrée indique le point central des siècles, la plénitude des = temps, l’axe du monde historique, le Verbe

incarné ; c'est vers lui qu'il doit diriger ses regards, car C’est vers lui que convergent tous ; - les événements, c’est autour de lui qu'ils se meuvent; les âges sont remplis de sa divine “. présence. — Au physicien qui s’élance vers les cieux, descend dans les entrailles de la terre, . à qui le monde sidéral, l’homme, les animaux, les plantes, le cours des eaux, les admirables soulèvements de la mer, les couches du globe, les feux souterrains, les éléments, les forces,

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les mouvements de la gravitation et de la génération racontent la gloire de Dieu, la science sacrée fait admirer dans le mondesur- : ‘3 naturel les types éternels de tout être, de toute D. vie, de toute loi, de tout ordre, de toute barmonie; elle lui apprend que la nature entière a été lavée et purifiée dans le sang du Christ; | que la sublime architecture du corps humain, 5 détruite par la mort, sera restaurée, un Jour, | 4 par le souffle de Dieu ; que les mondes et les espaces glorifiés deviendront la patrie de Fhu- 4 manité arrachée aux horreurs de la tombe. Rs . Au politique qui, s’il n’a pas oublié que tout pouvoir vient de Dieu et doit imiter ici-bas sa b paternelle providence, prépare le bonheur des)

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peuples dans la paix, la paix dans une légis-

lation à la fois vigoureuse et bienfaisante, la science sacrée montre la main de l’Église qu'il lui faut prendre avec respect et confiance, car sans elle, sans sa haute direction sur les consciences humaines, il n’y a pas de salut pour les nations. — Enfin la science sacrée apprend à l’économiste qui voudrait faire de la terre un paradis, à ne pas s'arrêter aux froids calculs de la philanthropie, mais à demander ses ins-

pirations à la justice chrétienne et à la charité. — Aux sciences, aux arts et à l’industrie,

enfants de la science, la science sacrée crie sans cesse : Plus haut ! Plus haut que la beauté créée! Plus haut que les progrès terrestres ! Montez! montez! Jusqu'à Dieu, jusqu'au Christ, Jusqu'à ses Saints, idéal de la beauté ! jusqu'au salut du genre humain, jusqu’au ciel, terme de tous les progrès!

Dussent-elles rester sourdes à ces appels, les sciences humaines n’en demeureront pas moins les servantes de la science sacrée. Elle saura prélever sur leurs travaux l'impôt dont elle a besoin pour affirmer son autorité et

Soutenir l'honneur de son gouvernement ; elle

les obligera à apporter aux pieds de Dieu

gloire et hommage. Platon, Aristote, Tacite, Suétone, Pline, Hippocrate, Galien, Ptolémée, tous les anciens, mais mieux encore les modernes, verseront au trésor théologique leurs plus précieux biens. Les règles du raisonnement, les intuitions de l'intelligence humaine, les dates, les monuments, les manuserits, les découvertes astronomiques, géologiques, physiques, anatomiques, physiologiques. les codes, les calculs économiques, serviront à la fécondation des principes théologiques, aux établissements du christianisme, à la confirmation des Livres saints, à l’élucidation des mystères, au développement de la casuistique, à lapplication de la charité dans les œuvres publiques. Après avoir travaillé pour leur propre compte, une foule de savants s’étonneront d'apprendre qu'ils ont préparé, comme d’humbles manœuvres, les matériaux du temple intellectuel que la science théologique construit au Dieu trois fois saint; que, en fin de compte, le christianisme n’est pas un simple système, mais un fait; que l’Écriture a raison, que ses récits se confirment à mesure que les systèmes

de la nature se fixent et que l’histoire s’illu-

tions humanitaires, il faut avoir égard aux misères natives, aux passions, aux vices, aux vertus et aux secours surhumains dont la

doctrine sainte définit, avec une merveilleuse É . précision, la nature, l’ordre et les effets. si 4

= De ces considérations sur la prédominance et le rôle de la théologie vis-à-vis des sciences

= ubaltérnes, vous conclurez, mes chérs amis, : ‘que l'isolement, près des sources de la science 4 sacrée, ne vous est pas permis, mais que vous 3 devez étendre vos études à toutes les connais- à : sances capables de féconder votre enseignement apostolique et de le rendre intéressant, utile et salutaire aux âmes que vous évangé- 4 liserez. ES Faites-vous d’abord, une bonne Fe

; & forte philosophie : € La philosophie, dit le 4

Souverain Pontife Léon XIE, dans une de ses à . plus belles Encycliques, est en quelque sorte QE) règle des autres sciences ?. ) Elle prépare : à.

* Encyclic. bn Patris : De colenda sancti Thom 34 philosophia. (4 aug. 1879.)

re D ENCE SA REE Tr SES SERVANTES

Pa foi, en A ohesent les vérités premières qui 4 disposent l’homme à se soumettre à l'autorité de Dieu révélateur. Elle aide la théologie dans l’élucidation des mystères et l’ordonnance des dogmes, et lui donne ainsi le caractère d'une vraie science. Enfin, elle lui fournit des armes = pour la défense des vérités divines dont elle a le dépôt. Ce que saint Augustin résume en.

ces quelques mots : Per eam fides sahiberrime gignitur, nutritur, defenditur, roboratur 1.

Tous les grands apologistes et défenseurs S de la foi ont été philosophes ; mais le prince |

En

des philosophes chrétiens, e’est celui qu'on a appelé l’Ange de l’École, saint Thomas d'Aquin. « Plein de respect, dit Cajetan, pour les doc- teurs anciens, il a en quelque sorte hérité de l'intelligence de tous. Il a recueilli leurs doc- frines, comme les membres dispersés d’un a même corps, il les a réunies et classées dans un ordre admirable et les a enrichies telle-

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ment, qu'on le considère lui-même, et à juste î titre, comme le défenseur spécial et os de l'Église.

1, De Trinit., XIV, 1. ME

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« D’un esprit ouvert et pénétrant, d’une mémoire facile et sûre, d’une intégrité parfaite de mœurs, n'ayant d'autre amour que celui de la vérité, très riche de science divine et humaine, justement comparé au soleil, 1l réchauffe la terre par le rayonnement de ses vertus et la remplit de la splendeur de sa doctrine. Il n’est aucune partie de la philosophie qu'il n’ait traitée avec autant de pénétration que de solidité : les lois du raisonnement, Dieu et les substances incorporelles, l’homme et les créatures sensibles, les actes humains et leurs principes font, tour à tour, l’objet des thèses qu'il soutient, dans lesquelles rien ne manque, n1 l’abondante moisson de recherches, n1 l’harmonieuse ordonnance des

. parties, ni une excellente manière de procéder,

ni la solidité des principes, ni la force des arguments, n1 la clarté du style ou la propriété de l’expression, n1 la profondeur et la souplesse avec lesquelles 1l résout les points les plus obscurs.

« Ajoutez à cela que l’angélique Docteur a considéré les conclusions philosophiques dans les raisons et les principes des choses. Or,

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l’étendue de ces prémisses et les vérités qu’elles contiennent en germe fournissent aux maitres des âges postérieurs une ample matière à des développements utiles, qui se produiront en temps opportun. En employant,

comme il le fait, ce même procédé philoso- :

phique dans la réfutation des erreurs, le grand Docteur est arrivé à ce double résultat de repousser, à lui seul, toutes les erreurs des temps antérieurs, et de fournir des armes invincibles pour dissiper celles qui ne manqueront pas de surgir dans l'avenir !. »

Tel est l'éloge que fait l’Église, par la bouche de son auguste Chef, de celui que vous devez prendre pour maitre de philosophie. Elevez-vous avec lui vers les hauteurs de la métaphysique, contemplez avec lui la cause des causes et les vérités éternelles, mais, surtout, lisez avec lui Le livre si intéressant de la nature humaine. Il vous dira de quels éléments elle se compose, quels sont leurs rapports, quelle la puissance créatrice de l’âme, quel le jeu de ses plus hautes facul-

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