SAVANT
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où l’on s’occupait de la valeur des termes, de
la justesse des propositions et des procédés
légitimes de l’argumentation. La scolastique à
abusé, disent-ils, remercions les hommes de génie qui nous ont affranchis de sa méthode et de ses procédés. Quand il serait vrai que la scolastique a abusé, s’ensuit-1l que sa mé-
thode et ses procédés ne valent rien, et que
ses controverses n’aient été d'aucun secours pour la foi? « Un fou, dit quelque part le comte
de Maistre, peut se servir d’un cabestan pour
arracher les choux de son jardin : le cabestan cessera-t-il pour cela d’être une puissante machine? » Croyez-le bien, on n’aime pas la sco-
lastique parce qu’on redoute sa franchise et. ses impitoyables révélations. Elle à conservé et perfectionné l’art héraldique de l’intelli-
gence qui reproche aux propositions le vice de leur union, aux conclusions lillégitimité de
leur naissance. Elle a conservé et perfectionné
Je scalpel qui nous fait voir, sous la trompeuse harmonie des périodes, non la forte et pure substance de la vérité, mais le vide et la corruption du sophisme. Elle a conservé et perfectionné l'instrument de torture qui tour-
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mente l'erreur et lui arrache de pénibles aveux. En considération de ces services, vous aimerez la scolastique et vous vous servirez de sa méthode et de ses procédés à la manière du grand maître dont vous voulez être les fidèles disciples.
Après avoir appris de lui à raisonner justement et fortement, pour féconder et défendre les vérités saintes qui sont l’objet de la science sacrée, n'oubliez pas que la religion divine, dont vous voulez être les apôtres, n’est pas seulement un ensemble de principes révélés et de dogmes définis; c’est un fait aussi vieux que le monde. « Le commencement de toutes choses, dit saint Épiphane, est la sainte Église catholique!. » Les siècles anciens ont préparé son établissement définitif, et depuis l'apparition du Christ promis au monde, près du berceau de l'humanité, elle s’est développée au milieu des événements mul-
tiples qui forment la trame de l'histoire.
Ce fait divin, ce fait de tous les temps, vous
1. ‘Apyh révrov éoriv À xa0olkxh xal &yla ExxAnoia (Gont. Hæres., I, v.) |
péripéties, afin de pouvoir en démontrer et en défendre la vérité, d'autant que les e erreurs et” les mensonges historiques conspirent plus que
ee jamais contre lui. On ne vous demande pas
que vous deveniez des érudits, à la manière de ceux qui font de l'histoire l'objet unique
de leurs études, mais que vous vous mettiez
au courant des points controversés de l’his-
toire sacrée, des découvertes modernes qui
confirment les récits bibliques et évangéli-
ques, des documents historiques qui justifient l'Église des accusations portées contre elle par les sectes ennemies, ainsi que par les
tenants de l’incrédulité et de la libre-pensée.
Sans que vous ayez besoin de remuer la.
__ poussière des vieux parcheémins et des vieux
devez en connaitre les divers aspects et les
livres, ni de vous livrer à de lointains voyages
et à de longues recherches, profitez du travail des savants consciencieux qui, dans des revues intéressantes et de solides ouvrages, ont mis
au clair toutes les difficultés qui peuvent inté-
resser le fait divin, dont vous porterez aux
É one la bonne nouvelle dans vos prédica- — tions. Au moment où se lèvent partout
D lées de PT Li
contre la parole sacrée d’ardents ennemis, dit M. l'abbé Vigouroux, Dieu lui a suscité des témoins nouveaux et inattendus. On voulait la prendre en défaut, au moyen des annales
antiques, en creusant les entrailles de la terre,
et en invoquant contre elle la géologie, la paléontologie, la philologie: Dieu a fait parler les morts, et ils ont rendu hommage à la vérité. » « Nous avons contrôlé, au moyen des. documents authentiques des bords de l’Euphrate et du Tigre, ainsi que des monuments des bords du Nil, tous les détails que nous lisons dans nos Saints Livres, même les plus
minutieux, ceux qui ne sont donnés qu’en
passant, et, pour ainsi dire, sans que lPauteur
lui-même s’en soit aperçu, et toutes les fois que le contrôle a été possible, l’assyriologie et l’égyptologie nous ont répondu : La Bible a dit la vérité. Qu'on nous cite un seul historien de l'antiquité qui puisse sortir ainsi victorieux de l’interrogatoire rigoureux que lui fera subir la critique moderne! On a souvent essayé d’ébranler l’autorité des écrivains sacrés en se servant contre eux des historiens anciens. Or, nous l’avons vu, toutes les fois qu'ils sont en
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désaccord avec les vieux auteurs, ce sont les écrivains profanes qui se trompent, c’est la Bible qui à raison’. » Ce que M. labbé Vigouroux dit de la Bible, nous pouvons le dire de l'Évangile et de l’histoire de l'Église.
À l’étude de l’histoire, vous ajouterez l'étude des sciences naturelles. — « Nos pères ont compris l’utilité, pour le philosophe, de sonder attentivement les secrets de la nature et d’employer un long temps à l'étude assidue des choses physiques. C’est en effet ce qu'ils | firent. Saint Thomas, le bienheureux Albert le Grand, et d’autres princes de la scolastique, ne s’absorbèrent pas tellement dans la contemplation de la philosophie, qu’ils n’aient aussi apporté un grand soin à la connaissance des choses naturelles. Bien plus, dans cet ordre de connaissances, il est plus d’une de
leurs affirmations, plus d’un de leurs principes, que les maîtres actuels approuvent et dont
ils reconnaissent la justesse. En outre, à notre époque même, plusieurs illustres docteurs des sciences physiques attestent publique-