CHAPITRE VII
Etre muni de science sacrée, avoir étudié les modèles de l’éloquence chrétienne, savoir sur quoi l’on doit prècher, cela ne suffit pas pour être prédicateur; il faut encore avoir reçu de Dieu le don de la parole.
« Il y a, dit Louis de Grenade, des prédicateurs miraculeusement inspirés et assistés, d’autres heureusement nés pour l’éloquence. »
Les Apôtres, gens simples, sans lettres, sans science, et, disons-le, sans courage, furent subitement transformés par un prodige. Le divin Prédicateur leur avait parlé:
dans des discours populaires, dans de naïves et touchantes paraboles, 1l leur avait proposé les mystères du royaume de Dieu. Il n’avait rien omis de ce qu'il voulait faire croire; et
aux à
En
cependant le voile épais qui couvrait l’intelli-
gence de ses disciples n'était pas encore
tombé. |
À l’heure même où sa parole empruntait à la gravité des circonstances ef aux approches de la mort une plus grande autorité, ils se méprenaient sur sa doctrine et ses desseins.
La vérité était en eux; ils ne la voyaient pas; c'est pourquoi Jésus s'écrie : « Je m'en vais à
mon Père, et 1l vous enverra un autre consolateur, l'Esprit de vérité, qui vous enseignera
toute vérité 1. »
Conformément à cette promesse, au Jour sacré de la Pentecôte, le ciel s'ouvre, l'Esprit
descend, et tout à coup — admirez le prodige — les vérités patiemment déposées par Jésus-
Christ dans l'esprit des Apôtres, et jusqu'alors incomprises, leur apparaissent dans toute la magnificence de leur ordre et la netteté de leur dessin, comme dans les profondeurs d’une vallée ténébreuse, apparaissent et se dessinent les beautés de la nature sous les feux
1. « Mittet vobis alium Paraclitum, Spiritum veritatis, qui docebit vos omnem veritatem. » (Joan., xvi,