‹ Avant - pendant - après la prédiction, conseils aux jeunes ecclésiastiquesChapitre 63 sur 145 · Memoriæ cuncta ista mandare studeat conciona · texte numérisé non relu

Memoriæ cuncta ista mandare studeat conciona

tor, ut fugiat tamen memoriæ ostentationem : nec ver-

bis ita illam adstringat, ut nisi occurrerint alia, sufficere non possit ad res ipsas congrue proprieque exprimendas quas excogitavit, digessit, exornavil. » se Concionatorum, 1v, n° 25.)

mez pas en pémibles et vains efforts pour retenir le mot à mot de vos discours. Dans la solitude, vous pourriez vous croire sûrs de vous-mêmes ; devant le public, le moindre accident suffirait pour vous trahir. Une phrase, un mot qui vous échapperait, vous mettrait en angoisse et pourrait déterminer la complète déroute de votre parole.

Donc, au lieu d'apprendre servilement, appliquez-vous à vous rendre tellement maitres de vos idées et de vos images, de vos tableaux, de leur ordre et de leur enchaïînement, que rien ne puisse vous troubler, ni rompre le fil de votre discours. La meilleure condition oratoire me paraît être celle du prédicateur qui possède le discours écrit, comme s'il le produisait spontanément. Nullement esclave des mots, parfaitement maître de l’idée, il peut sans hésitation remplacer par d’autres les expressions qui lui échappent, ramener habilement une preuve oubliée, obéir aux soudaines inspirations qui lui surviennent, et se livrer bravement aux impressions qu’éveillent en son âme la chaleur de sa parole ou Pattitude de lauditoire.

Les contempteurs du discours écrit ne manqueront pas de vous dire qu'on ne peut être véritablement orateur qu’en improvisant. Défiez-vous de ce jugement sommaire. Ce ne sont pas généralement les gens laborieux et soucieux de la perfection de la parole publique qui le prononcent, mais ceux qui n’aiment pas à se donner beaucoup de peine, qui comptent sur une certaine facilité de parole et s’imaginent qu'ils ont fait merveille quand ils ont rempli une heure de leur intarissable bavardage. Improvisateurs médiocres, chez lesquels on rencontre, de temps en temps, d’heureuses saillies, mais peu de fond, encore moins de correction dans la forme, et dont il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’analyser les discours. |

Un homme doué d’une imagination vive et d’une âme passionnée peut, dans le silence du cabinet, évoquer devant soi l'auditoire auquel

‘il doit s’adresser. Il le voit, il lui parle en

écrivant, 1l converse avec lui, il devine ses impressions et en profite pour échauffer son discours. J’ai connu des prédicateurs qui se

sentaient émus jusqu'aux larmes de cette conversation mystérieuse avec l’auditoire que leur âme ardente faisait poser devant elle.

Leur discours était écrit après qu'ils Pavaient parlé. Pourquoi ne seraient-ils pas de véritables orateurs ?

Ecrivez, mes amis, écrivez. La clarté, la précision, la suite ordonnée des idées, la cor: rection et l’élégance du langage seront le fruit de vos labeurs. Et puis vous aurez en réserve une provision d'œuvres consciencieuses que vous pourrez perfectionner, à mesure que se développeront vos facultés müries par l’âge et réglées par l'expérience. Un improvisateur, s'il n’a soin de rédiger et de corriger promptement les discours, où sa verve bien inspirée s’est épanchée en flots d’éloquence, n’a bientôt plus devant lui que des plans arides qu’il n’est pas sûr de pouvoir revivifier. Ses heureuses inspirations, ses grands et beaux mouvements sont des biens perdus ; ses imperfections et ses défauts lui restent pour compte. Un éerivain, au contraire, se retrouve tout entier dans son œuvre et n’a plus d’autre souci que de devenir meilleur et plus parfait.

Longuement exercés par la parole écrite, le 4 moment viendra où vous pourrez, sans diffi- # culté, vous livrer à l'improvisation. Des allocutions et des entretiens familiers, vous passerez

L. allègrement aux grands discours, pour lesquels des plans bien dressés et bien ordonnés vous suffiront, car votre mémoire richement ornée saura les remplir à merveille. Fe.

Concluons : Ne pouvant pas compter, dans le ministère de la parole, sur les inspirations et l’assistance extraordinaires que Dieu accorde à ses grands apôtres, vous devez cultiver les Fe dons naturels que vous avez reçus de lui pour a parler. Or, cette culture n'est-elle pas trop négligée dans les séminaires et les noviciats religieux? On s’y applique à l'étude de la science sacrée, mais On ne s'occupe pas assez d'acquérir et de perfectionner le moyen de la communiquer. [Il serait à désirer qu'on fit, dans la vie scolaire des jeunes cleres et des jeunes

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novices, une plus large part aux exercices de. la parole et que, sous la direction d’un maitre habile et expérimenté, 1ls fissent des allocu-

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tions, des entretiens, des discours publics soigneusement et sévèrement critiqués.

Eux-mêmes devraient s'exercer entre eux, ne serait-ce que dans leurs conversations, si souvent banales, vides et inutiles, quand elles ne sont pas nuisibles à la dignité et à la sainteté de leur état. S'ils avaient le bon esprit dy introduire, de temps en temps, des questions sérieuses et intéressantes, quelles lumières jailliraient de leurs amicales discussions, et comme on y apprendrait à parler! La conversation bien dirigée et bien conduite peut devenir le meilleur des exercices oratoires. La nature y est plus à l’aise, on y est pressé d’expliquer sa pensée, et l'esprit travaille avec ardeur à faire prévaloir ses convictions. C'est un véritable apprentissage d'improvisation, où le triomphe est assuré à ceux qui, dans le silence de l’étude, se seront habitués à donner à leurs idées la clarté, la précision, le relief qui conviennent à leur pleine manifestation.

Finissons par ces paroles de saint Augustin que j’adresse aux maîtres et aux élèves : « Le talent de la parole pouvant être mis en usage également d’un côté comme de lautre, et

Lo. ou | injustes, pourquoi les gens de bien ne ee pas à à Ré pour

Le l’usurper et le faire in pour lès intée :

:. Prêts de l'erreur et de RE pa -

< £. De Dar christiana, Il.

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