LES PRÉCÉDÉES, GÉRARD
Pardon . messieurs... je vous dérange... vous étiez en afFaires.
le chevalier, se remettant.
Non... non,Gérard... lu ne pouvais venir plus à propos.
LE MARQUIS
Eh bien! et ton père, nos fermes, nos vassaux, nos troupeaux?..
GÉRARD
Monsieur le marquis, vous êtes bien bon. Mon père, malgré son grand âge, travaille encore beaucoup à la terre, et se porte à merveille ; vos fermes sont dans le meilleur état; M. le duc vient d'en renouveler le bail à mon père et à mon frère aîné; et quant à moi, il vient de m'arriver un bonheur... Dieu bénisse Mme la duchesse et toute sa famille.
LE CHEVALIER
Un bonheur, Gérard, et tu n'en as encore rien dit à ton frère de lait...
GÉRARD
Monsieur le chevalier, c'est que ce bonheur-là m'est ven u comme un coup de foudre... il s'agit pour moi d'un établissement.
LE CHEVALIER
C'est une bonne affaire ?
GERARD
Ah! c'est mieux que je ne méritais.
(i) Le marquis, Gérard , le chevalier.
Quelque bonne grosse fermière bien à son aise...
GÉRARD
Non', M. le marquis, une brave et cligne demoiselle, sans fortune; mais à laquelle je n'aurais jamais osé prétendre... et me voilà à Paris, où, comme je vous l'ai dit, je viens m'élablir avec la protection de Mme votre mère... Je loge là, derrière l'hôtel Surgy...
LE CHEVALIER
Je t'en fais compliment. Et comment cela est-il arrivé?
GÉRARD
Vous savez qu'il y a environ un mois, M110 Ernestine, votre sœur, vint habiter le château de Saint-Maurice... Elle avait avec elle une jeune demoiselle.